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Des commissions présidentielles pour faire quoi exactement ?

Des commissions présidentielles pour faire quoi exactement ?








Depuis son arrivée au pouvoir, le président Jovenel Moïse a fait de la formation et l’installation des commissions présidentielles sa spécialité, dans l’idée, croit-il, de s’attaquer aux grands maux de la société haïtienne. En seulement deux ans de mandat, le chef de l’État a déjà procédé à l’installation d’un nombre incalculable de commissions.

La création de commissions est une mode très courue sur la présidence de Jovenel Moïse. Presque pour chaque secteur, on retrouve une commission. Très souvent, ces commissions sont constituées d’une quantité pléthorique de membres. Ce lundi 11 mars, une énième commission a été installée. Aux frais du trésor public, bien entendu. Pourtant, l’état d’urgence économique a été déclaré sur tout le territoire national. D’autant plus que les dirigeants actuels ne cessent de prôner la réduction du train de vie de l’État par la diminution du budget de l’Exécutif. Des personnalités estiment que la création des commissions par-ci et par-là participe d’une stratégie de récompenser les proches du pouvoir qui n’ont pas eu de postes beaucoup plus importantes au sein de l’administration publique.

Il suffit d’un coup d’oeil sur la situation sanitaire du pays pour comprendre que la commission présidentielle sur la réforme du système de santé ne sert à rien. Composée de plus d’une dizaine de membres, cette commission qui a été installée en juin 2017 n’a jamais présenté un plan détaillé d’un quelconque projet de réforme du système sanitaire en Haïti. Entretemps, par faute de matériels et de traitement adéquat, les principaux hôpitaux publics sont éternellement en grève, notamment l’Hôpital universitaire la paix (HUP), Hôpital universitaire Justinien (HUJ) et l’Hôpital de l’université d’État d’Haïti.

On assiste à maintes reprises à des mouvements de protestations de la part des médecins résidents, internes ainsi que les infirmières qui réclament tous les jours de meilleures attentions au travailleur de santé. Hormis cette situation, les jeunes universitaires et jeunes diplômés du pays sont sans emploi et réclament leur intégration dans la fonction publique. Un mouvement baptisé « enveloppe jaune » a même pris naissance de manière à rappeler aux dirigeants que les jeunes du pays ont besoin de travailler. Alors qu’il existe une Commission innovation et insertion professionnelle des jeunes composée de plus d’une vingtaine de personnalités.

Quelle est la mission de cette commission ? Quel travail a déjà effectué cette commission au profit des jeunes en Haïti, la catégorie la plus marginalisée de la société ? Parallèlement, il existe une commission présidentielle pour le suivi et l’efficacité des politiques publiques. Cette commission installée en décembre 2018 devrait soumettre un rapport détaillé au président de la République tous les trois mois sur le suivi et l’efficacité des politiques publiques mises en oeuvre pour la concrétisation des promesses de campagne. Aucun rapport n’a été fourni depuis son installation. Mais dire que c’est une commission qui ne sert à rien ne serait en aucun cas un péché. Pour parler d’une commission de suivi et d’efficacité des politiques publiques, il faudrait qu’il y ait un gouvernement qui pense à adopter des politiques publiques efficaces pour le pays. À moins que le crédit « atè plat », subvention de riz importé, etc. Sont considérés comme des politiques publiques par le pouvoir en place.

Dans un contexte où des bandits armés ont la main mise sur le pays, cette commission aura-t-elle la capacité de répondre à cette mission combien difficile ? La dernière commission en date du président de la République est celle de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR). Dans un contexte où des bandits armés ont la main mise sur le pays, cette commission aura-t-elle la capacité de répondre à cette mission combien difficile ? En attendant le lancement du processus de désarmement du pouvoir en place, ce sont les bandits qui commencent à désarmer des agents de la PNH au niveau de la Grand-Anse.

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