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Comprendre la mort pour mieux vivre sa vie : une approche scientifique et philosophique

Comprendre la mort pour mieux vivre sa vie : une approche scientifique et philosophique



Deuxième partie : l’expérience de mort provisoire


« Pour réfuter la loi selon laquelle tous les corbeaux sont noirs, il suffit de trouver un corbeau blanc »
Dr William James

Rappel du premier article de la série

Nous avons montré précédemment que la mort est définie par la science médicale comme l’arrêt du fonctionnement cérébral. Autrement dit, quand le cœur n’arrive plus à pomper le sang vers le cerveau et que ce dernier affiche un électroencéphalogramme (tracé électrique) plat, l’individu est bel et bien mort. C’est ce qui se passe notamment dans les cas de crise cardiaque. Selon les spécialistes de la réanimation cardio-pulmonaire, le cerveau s’arrête quelques secondes après un arrêt ou crise cardiaque. Or, les manœuvres de ressuscitation (massage cardiaque, défibrillation..) surviennent, dans le meilleur des cas, trois à cinq minutes plus tard. Donc, tous ceux qui, après une crise cardiaque, récupèrent spontanément ou par une manœuvre médicale quelconque sont des ressuscités, c’est-à-dire des revenants de la mort. Ils ont effectué un bref séjour dans l’au-delà. Toutefois, on peut tout aussi bien décéder pour d’autres causes, dans un milieu hospitalier ou non. On peut revenir, et rapporter ultérieurement ce qui s’est passé. Nous avons l’obligation d’écouter le témoignage précieux de ces voyageurs de la mort tout comme nous devons apprendre des Chinois qui, les premiers ont affronté avec succès la Covid-19. Ces « expérienceurs », racontent à peu de chose près, la même histoire. Ils auraient tous vécu une « expérience de mort provisoire », pour répéter le Dr Jean-Jacques Charbonier, anesthésiste et réanimateur qui préfère cette expression à celles d’« expérience de mort imminente » (EMI), ou d’ « expérience aux frontières de la mort » (EFM). En anglais, l’on dit : « Near Death Experience » ou NDE.

L’expérience de mort provisoire

Voilà un individu hospitalisé en service de réanimation et dont les médecins viennent juste de proclamer le décès. Sa respiration s’est arrêtée. Son cœur a cessé de battre. L’électrocardiogramme affiche un tracé plat. De même que l’électroencéphalogramme qui mesure l’activité électrique du cerveau. Il est donc bel et bien mort selon le credo de la science. Sa pensée et sa conscience, conformément à la théorie matérialiste, ont été annihilées. L’individu n’existe donc plus et ne devrait pas pouvoir penser. N’était-ce une question de temps ou de technologie, il aurait pu être à la morgue, comme cela se passe dans les pays pauvres, sous-équipés comme Haïti. Et pourtant, Roldy entend le médecin décréter sa mort. Il perçoit au préalable, un bruit désagréable et se sent projeté à travers un tunnel obscur, avant de se retrouver soudain hors de son corps physique. Il est maintenant au plafond et observe ce corps inerte, allongé sur une table dans une grande salle éclairée, et sur lequel médecins et infirmières s’acharnent. Bouche-à-bouche, massage cardiaque, puis défibrillateur… Qui est cet homme inconscient? Mais, il porte sa bague de mariage! Et ce bracelet au poignet gauche ? C’est le sien. C’est Ginou, sa femme, qui le lui a offert récemment à l’occasion de son anniversaire de naissance. Mais, ce nez, cette bouche; c’est son nez, c’est sa bouche. Mais, c’est lui, Roldy! Qu’est-ce qui lui arrive? Il s’approche de ceux qui s’affairent sur son autre lui-même pour leur demander d’arrêter, pour essayer d’obtenir une explication. Bizarre! Son bras passe à travers eux, à travers les appareils. Il essaie de leur parler. Mais, ils ne se rendent même pas compte de sa présence. Maintenant, il se rappelle ou, plutôt, il « revoit »… Ce terrible accident de la circulation. Sa tête heurtant violemment le pare-brise. Le sang qui lui coule du nez. L’ambulance. Mais, Ginou doit être encore dans la salle d’attente de l’hôpital. Il essaie de sortir de la chambre de réanimation. Sa main traverse la poignée de la porte. Il essaie prudemment une jambe qui franchit la structure en bois, puis le tronc. Le voilà directement dans la salle d’attente. On dirait qu’il suffit de penser à un endroit pour s’y trouver, de vouloir une information pour y avoir accès, immédiatement! La jolie Ginou est là, les cheveux tressés arrivant à hauteur du cou, la mine soucieuse. Elle porte la belle robe mauve, légèrement courte, celle qu’il préfère ou qu’il préférait. Relativité du temps. Il va au-devant d’elle pour l’étreindre. À peine un pas les sépare. Elle ne la voit pas. Elle le traverse comme un écran de fumée et continue son chemin. C’est donc cela, la mort? Ne plus pouvoir communiquer avec son entourage! Il pense fortement à elle. Elle se retourne brusquement et s’arrête, comme indécise…

Au même moment, il aperçoit un point lumineux situé à une certaine distance et qui se rapproche. C’est drôle! Il se sent fortement attiré par ce point. Il se dirige vers lui. Maintenant, ce point s’élargit et devient Lumière. Un être de lumière ? Il est dans cette Lumière vivante, chaleureuse, non éblouissante, remplie d’un amour infini. Est-ce le Christ? Est-ce Bouddha ou Krishna? Est-ce Mahomet ? Est-ce Ogou ? L’essentiel, il se sent bien et voudrait demeurer là ! En un éclair, il revit sa vie, ou du moins les périodes les plus importantes. Il se revoit à dix ans, à l’école, chez les Frères de l’instruction chrétienne, en train de frapper un petit camarade. Ce dernier roule sur le gazon et crie. Mais, lui, demeure insensible et le frappe sous les applaudissements des autres. Il a honte et n’ose pas regarder cette Lumière, qui pourtant ne le juge pas. C’est lui qui se juge lui-même. Ses bonnes actions, il en revoit quelques-unes, comme à trente ans, lorsqu’il a payé une année d’études scolaires pour ce garçon dont le père venait d’être assassiné. C’est comme s’il repassait le film panoramique de sa vie en étant acteur, spectateur et juge tout à la fois. Les actes positifs le rendent heureux, alors que les négatifs l’attristent profondément.

Il voit à présent, d’anciens proches décédés depuis plusieurs années et qui sont venus l’accueillir. Ensuite apparait une sorte de rivière laquelle symbolise une frontière. Il sent, il sait qu’en traversant cette dernière, il rejoindra définitivement cette Lumière-Amour. Il veut le faire. Il se sent si bien, pourtant, dans cette lumière. Mais, il revoit l’image de Ginou, inquiète à l’hôpital, seule, inconsolable, sans progéniture, sans support moral. Il revoit les visages des pauvres petits de cette organisation qu’ils ont créée tous deux pour venir en aide aux enfants orphelins d’Haïti. Il doit faire marche arrière. Il a encore à faire avant de partir.

« Il est revenu! Il est revenu! On a réussi. » Les tracés électrocardiographiques et électro-encéphalographiques réapparaissent sur l’écran.

Roldy réintègre rapidement son corps physique, ressent alors des douleurs atroces à la tempe gauche, au thorax et aux membres inférieurs. Il perçoit quatre visages penchés sur lui.

-Il est revenu » disent en chœur, les quatre.

-Pourquoi m’avez-vous ramené ? bégaya-t-il… J’étais si bien.

- Il délire, dit un médecin.

Le personnel de santé est heureux d’avoir ressuscité son patient. Les miracles de la science, de la médecine!

Roldy venait de vivre une expérience de mort provisoire (EMP). Il essaie de se la remémorer. Mais, les mots lui manquent pour traduire cet ineffable qui révolutionnera totalement sa vie.. Désormais, il n’aura plus peur de la mort et sait avec certitude qu’elle n’est point la fin dernière. Il s’intéressera beaucoup moins aux choses matérielles et accordera priorité à ses relations avec autrui, à l’amour, la spiritualité, la connaissance. Il sait désormais que la vie de chacun d’entre nous sur terre est comptée, que nous devons en profiter pleinement, utilement, et que seul l’instant présent nous appartient. Cette métamorphose est constante chez tous ceux qui ont vécu une expérience de mort imminente (EMI).

Qui suis-je ? Qui sommes-nous ?

L’Expérience aux Frontières de la Mort (EFM) redonne tout son sens à la vieille maxime gravée au frontispice du temple de Delphes et reprise à son compte par Socrate, le père de la philosophie occidentale : « Connais-toi, toi-même, et tu connaitras l’univers et les dieux ». Qui sommes-nous ? Que sommes-nous ? Un corps physique (cerveau y compris ) qui disparait à la mort ? Ou, au contraire, un Esprit, une Âme ou une Conscience (le terme importe peu) impérissable, immatérielle qui emprunterait provisoirement sur terre, un véhicule, une enveloppe de chair ?

La première réponse relève du paradigme matérialiste lequel constitue, jusqu’à date, le fondement de la science. La seconde constitue l’assise du paradigme spiritualiste qui soutient le contraire.

Les neurosciences, en dépit des dernières évidences, présument, conformément au matérialisme, que c’est le cerveau qui produit la conscience. Pourtant, depuis plus de cinquante ans, un certain nombre de neuroscientifiques soutiennent un avis contraire. Selon ces derniers, qui s’appuient aujourd’hui sur l’étude en laboratoire des états modifiés de conscience et sur les données publiées des expériences de mort imminente (EMI), le cerveau ne serait que le récepteur d’une Conscience universelle laquelle continuerait d’exister et de se manifester après la mort physique. Il jouerait le rôle d’un poste de télévision qui recevrait les ondes hertziennes, permettant ainsi l’apparition de l’image sur l’écran. La destruction du téléviseur entraine la disparition des images, mais pas celle de ces ondes, encore moins de l’émetteur. Ce serait la raison pour laquelle les individus cliniquement morts avec cerveau non fonctionnel (électroencéphalogramme plat) continuent de « voir », même à distance, et voient même leurs facultés de perception décuplées. Ils ont souvent accès, durant leur décès provisoire, à des informations futures, lesquelles se vérifieront ultérieurement dans leur vie.

Nous terminerons ce deuxième article sur la mort en signalant qu’un groupe de scientifiques chercheurs de haut niveau, suite à un sommet international tenu à Canyon Reach, aux États-Unis, du 7 au 9 février 2014, ont signé un « Manifeste pour une science post-matérialiste ». S’appuyant sur la physique quantique et les dernières recherches sur la conscience, ce manifeste remet en question le postulat que la matière serait la seule réalité, idée reposant sur une physique classique du XIXe siècle, celle de Newton, aujourd’hui dépassée. Ce groupe est composé entre autres, de Mario Beauregard, chercheur canadien en neurobiologie et agrégé du département de psychologie à l’Université de Montréal et du Dr Gary Schwartz diplômé de l’Université de Harvard enseignant à celle d’Arizona et auteur de plusieurs travaux de recherche sur la conscience, la santé et la persistance de la conscience après la mort.. La science moderne est-elle de retrouver cette connaissance ancienne de nos ancêtres et que nous aurions égarée au fil du temps ?

Citons Albert Einstein pour conclure : « L’homme devrait chercher ce qui est, non ce qu’il pense être.. » À suivre…

Dr Erold Joseph
eroldjoseph2002@yahoo.fr et eroldjoseph2002@gmail.com

19 avril 2020




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