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La Saline: la fuite ou la mort

La Saline: la fuite ou la mort









À quelques mètres du Parlement haïtien, des gangs armés sèment impunément la mort dans un spectacle aussi épouvantable que révoltant. La Saline est, depuis environ trois semaines, le théâtre d’affrontement entre des bandits qui luttent pour le contrôle du territoire. Déjà, des dizaines de pertes en vie humaine. Le quartier est en train de se vider de ses habitants.

Le boulevard la Saline et ses zones environnantes, dont la ruelle Desmangles, sont concernés par cette situation. D’après les informations des habitants de La Saline, le sous-commissariat de la zone serait sous le contrôle des bandits armés. Des personnes très connues ont été tuées, dont une tenancière d’une gargote populaire marchande, des jeunes de la zone ainsi que des passants.

Plusieurs familles sont plongées dans le deuil à cause des cadavres de leur proche qui s’amoncellent dans la zone Chabon et d’autres en décomposition près du Wharf de Jérémie. D’autres personnes qui sont sans nouvelle de leurs proches éprouvent actuellement de grandes inquiétudes.

Selon plusieurs témoignages, cette situation est causée par le conflit opposant les gangs de la Saline et de cité Soleil. Une situation qui paralyse les activités au marché Kwabosal, aussi bien celles des institutions environnantes, notamment le Parlement. Sac au dos, les riverains commencent à quitter la zone. « Nous sommes obligés de partir. On ne sait pas où l’on va, mais on doit partir. La situation est insoutenable et nous craignons pour nos vies et pour celles des membres de nos familles », déclare une jeune fille.

D’un autre côté, une dame raconte sa peine d’avoir trouvé le cadavre de son neveu étendu près de la mer : « Il était orphelin de père et de mère. Je l’ai élevé. Je l’ai éduqué. Aujourd’hui, les bandits me donnent son cadavre en guise de récompense. » Questionnée sur sa situation de vie, elle explique que vivre en Haïti est une malédiction. Cette femme qui croit qu’un visa immigrant aurait changé sa vie, en ce sens elle critique sa famille qui l’a abandonné en Haïti, un pays sans espoir.

Questionné sur la protection éventuelle de la Police une riveraine a déclaré que même les policiers ne sont pas à l’abri : « Ils devraient eux-mêmes sauver leur peau. Jetez un coup d’oeil près du commissariat de Saint Joseph, vous verrez des cadavres. Ce fait témoigne de l’impuissance de cette institution », déplore-t-elle.

Jusqu’à présent, les autorités policières sont restées muettes et l’Exécutif est impassible face à la détérioration de cette situation pour le moins angoissante. Contacté par le journal, le porte-parole de la PNH, Michel-Ange Louis- Jeune, demeure quant à lui injoignable. Nos messages sont restés sans réponse en dépit de l’importance que revêt cette situation.

Le directeur de Défenseurs Plus, Antonal Mortimé, a dénoncé ce qu’il appelle une « inaction des autorités policières » face aux troubles que sèment les bandits de la Saline qui lynchent les membres de la population pour les jeter dans les ordures. Selon lui, cette situation qui a duré plus de trois semaines est une atteinte grave aux principes élémentaires des droits humains.

Jessika Laloi



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