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La conférence nationale ne fera pas de miracle

La conférence nationale ne fera pas de miracle








Comme c’est le cas à chaque période de confusion politique en Haïti, les propositions de sortie de crise se suivent, mais ne se ressemblent pas. La plupart des formules suggérées par des figures de la classe politique recommandent l’organisation d’une conférence nationale souveraine pour discuter des problèmes fondamentaux de la nation. Contrairement aux idées véhiculées sur la question, la conférence nationale ne doit pas être considérée comme une solution miracle à la crise, analyse le sociologue Fritz Dorvilier.

Le docteur en sociologie du développement rappelle qu’une conférence nationale est une vaste consultation populaire dans laquelle l’assemblée en question dispose de l’autorité de trancher sur un ensemble de sujets relatifs à l’organisation politique et sociale. Lors de sa participation à l’émission Point par Point sur Télé Pacific, il souligne que plusieurs pays du continent africain sont passés par cette expérience. Ce dispositif intervient surtout dans les moments de confusion ou de transition démocratique comme après la chute d’une dictature ou une guerre civile. Mais le bilan des conférences nationales tenues dans des pays de l’Afrique francophone notamment n’est pas si satisfaisant qu’on le croit. Ce sont « des montagnes qui ont accouché de petites souris », dit le sociologue.

« On n’arrive pas à créer l’harmonie dans une société par voie de décret. Il y a un ensemble de valeurs et de normes qui doivent être partagées et légitimées et il y a une direction qui doit contrôler l’application de ces normes administratives, judiciaires, socioculturelles, etc. », poursuit Dr Dorvilier. Il rejette ainsi la position de ceux qui justifient l’idée de la conférence nationale, d’un « chita tande », d’une coumbite, ou d’un congrès national en indiquant que les querelles sont trop vives entre Haïtiens. En dépit du fait que toute société fonctionne sur la base d’une harmonie relative, les conflits sont inévitables, croit le professeur d’université.

Quid des états généraux ?

Membre du comité mis en place par le président Jovenel Moïse pour réaliser les états généraux sectoriels de la nation, Fritz Dorvilier affirme que la situation actuelle du pays ne justifie pas la nécessité d’une conférence nationale. « Nous ne sommes pas sous une dictature. Certes, les élections ont été critiquables, mais elles ont été acceptées par les citoyens. Nous avons des dirigeants élus », indique-t-il. Cependant il admet qu’une conférence nationale peut servir de « base dialogique » pour mieux gérer les conflits entre les citoyens.

Les travaux en cours dans le cadre des états généraux sectoriels de la nation permettront aux dirigeants de connaitre l’état de la situation dans chacun des domaines de développement. Cette démarche est assez courante en Europe. Récemment en France, on organisait les états généraux de la santé et on pourrait bientôt plancher sur le domaine de la fiscalité. Il s’agit d’une enquête qui permettra aux autorités d’ajuster les politiques publiques et de mieux orienter leur application, dit le sociologue en précisant que cette démarche ne pourra, en aucun cas, bouleverser l’ordre politique.

Le président Jovenel Moïse a lancé le 28 mars 2018 les travaux du comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation. Ce groupe est à une phase avancée de ses travaux. Toutefois, suite aux vastes manifestations favorisées par les revendications citoyennes en faveur de la tenue d’un procès sur la gestion du fonds Petrocaribe, des voix s’élèvent pour réclamer l’organisation d’une conférence nationale par un Gouvernement de transition.

Kendi Zidor



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