S'identifier Contact Avis
 
23° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sports rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Flambée de l’insécurité : le CARDH interpelle les trois pouvoirs de l’État

Flambée de l’insécurité : le CARDH interpelle les trois pouvoirs de l’État








Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a déploré la montée vertigineuse de l’insécurité dans le pays au cours des deux derniers mois. Face à cette situation d’insécurité qui a causé la mort de plus de deux cents personnes dans la zone métropolitaine, le CARDH demande aux trois pouvoirs de l’État haïtien d’assumer leurs responsabilités.

D’octobre à novembre 2018, plusieurs centaines de meurtres ont été enregistrées dans la zone métropolitaine, selon un rapport du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), publié le 4 décembre 2018. Ce sont les quartiers les plus vulnérables qui sont les plus affectés par ce phénomène horrible, révèle le rapport. Même si aucun chiffre officiel n’est encore disponible, les organisations de droits humains ont fait des révélations alarmantes.

D’après le CARDH, à la Saline particulièrement, on compte près de cent (100) morts lors du massacre des 12 et 13 novembre 2018 et une recrudescence des actes de viol. Le rapport fait allusion aux données de la commission nationale justice et Paix qui a enregistré deux cent trente-deux (232) morts dans la zone métropolitaine, dont deux-cent-quatre (204) par balles. La commune de Port-au-Prince à elle seule a eu cent-vingt-six (126), dont quatre-vingt-neuf (89) pour le mois de novembre. La Saline et ses environs ont eu soixante-deux (62). En outre, le CARDH a également fait mention du rapport du réseau national de défense des droits humains (RNDDH), « Les événements survenus à La Saline : de la lutte hégémonique entre gangs armés au massacre d’État », qui a dénombré cinquante-neuf (59) assassinats, deux (2) disparitions.

La Police nationale ciblée

Face au nombre élevé et répété de décès des policiers durant ces deux derniers mois, le CARDH estime que la Police nationale d’Haïti (PNH) est aujourd’hui la cible de ces actes de banditisme. En douze jours, cinq (5) policiers sont tués, dont quatre (4) dans des conditions déshumanisantes (sans compter les policiers blessés par balle et victimes d’autres formes d’agressions), souligne l’organisation. « Juron Durosier, agent II de la 22e promotion, affecté au Corps d’intervention pour le maintien de l’ordre (CIMO), tué par balle, puis carbonisé le 19 novembre au boulevard Jean-Jacques Dessalines ; Johnny Jocelyn Charles, agent II de la 22e promotion, cantonné au commissariat des Irois, lapidé, puis carbonisé à Savanne Ouest, première section de Miragôane ; DieuJuste Jean Pierre, inspecteur de police, affecté au commissariat du Fort National, abattu dans la matinée du mercredi 28 novembre 2018 à Martissant. Plymouth Robert, Commissaire de police affecté à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPNH), abattu avec cruauté (coup de hache à la tête) à Tabarre 52 », sont des cas de décès des policiers notés par le centre.

L’organisation croit que cet acte de barbarie perpétré dans la nuit du 1er décembre est de trop. « Il est inacceptable que les policiers soient systématiquement abattus et tués dans ces conditions », déplore le rapport. Le CARDH se montre préoccuper par les attaques ciblant directement les policiers un peu partout dans le pays. Le centre déclare qu’il ne constate aucune disposition structurelle et convaincante adoptée, sinon la rhétorique des réunions, des conférences de presse. « Cet état de choses doit interpeller l’ensemble de la société. Elle doit se réveiller et dire Non : Non à l’insécurité, Non à la Violence, Non à la Barbarie ! », prône l’organisation.

Dans ces conditions de travail difficile qu’évoluent les policiers, le CARDH s’interroge sur le rendement des forces de l’ordre : comment peuvent-ils « protéger » et « servir » la population s’ils n’ont pas un minimum de protection ? Comment leur exiger une efficacité, alors que les gangs armés sont des protégés des autorités, notamment des pouvoirs législatif et exécutif ?

Les autorités doivent assumer leurs responsabilités

Dans une correspondance, en date du 22 novembre 2018, envoyée aux représentants des trois pouvoirs de l’État, le CARDH a demandé au président de la République, Jovenel Moïse, de faire la lumière sur la participation présumée du délégué départemental de l’Ouest, M. Joseph Pierre Richard Duplan, dans le massacre à La Saline et sur les actes de répression du Palais national contre la population, lors de la manifestation du 18 novembre 2018. Et, les agents de l’USGPN ont été déployés dans les rues avec des armes lourdes (M-60), à l’insu de la direction générale de la PNH.

Le CARDH a sollicité au président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), Jean-Henry Céant, un éclaircissement sur l’implication éventuelle des différentes entités de la PNH dans la montée de l’insécurité. L’organisation demande au directeur de la PNH et à l’Inspection générale d’établir la responsabilité de ceux qui auraient déployé les agents de l’USGPN le 18 novembre, sans l’autorisation de l’entité hiérarchique compétente.

Le centre souhaite que le président du Sénat dévoile le nom du parlementaire impliqué dans le climat de terreur qui s’est installé au village de Dieu et de demander aux instances compétentes d’agir en conséquence.

Le CARDH demande aux autorités judiciaires et policières de rendre justice à ces policiers victimes ainsi qu’à leur famille.

Woovins St Phard



Articles connexes


Afficher plus [4719]