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Petrocaribe : l’État haïtien fait durer le suspense

Petrocaribe : l’État haïtien fait durer le suspense








En vue de se porter partie civile dans le cadre du dossier Petrocaribe, la Direction générale des impôts (DGI) annonce pour bientôt la déposition officielle d’une plainte au nom de l’État haïtien. Selon le directeur général de l’institution, Miradin Morlan, la DGI avance à grands pas dans le processus tout en soutenant que, dans ce dossier, l’État n’a pas d’état d’âme.

L’Exécutif l’avait annoncé, ce, en dépit du scepticisme des différents secteurs de la vie nationale, notamment les petrochallengers, la classe politique, la société civile, entre autres, se livrent corps et âme dans la bataille pour obtenir des explications sur la manière dont le fonds Petrocaribe a été administré. À l’occasion de la 66e conférence de presse du ministère de la Culture et de la Communication (MCC), le directeur général de la DGI l’a confirmé. À ce stade, plus de doute sur la volonté de l’État de se porter partie civile dans ce dossier, à en croire, Miradin Morlan, qui annonce que des avancées considérables sont déjà enregistrées dans ce processus visant la déposition de cette plainte.

« La DGI est la représentante de l’État dans ce dossier. Par conséquent, c’est à elle de porter plainte au nom de l’État », a informé le DG, arguant que la DGI a déjà réalisé deux réunions à cet effet. « Le processus va bon train. Notre cabinet travaille énergiquement dans ce sens, ce qui va nous permettre de porter plainte bientôt », a-t-il ajouté, soutenant que l’État représenté par la DGI n’a pas d’état d’âme en ce qui concerne ce dossier.

À ce propos, Miradin Morlan voulait rassurer plus d’un de la volonté de l’État de faire avancer l’affaire sans vouloir protéger personne. D’ailleurs, les déterminés revendicateurs n’en démordent pas. Selon eux, l’Exécutif tel qu’il est actuellement constitué ne peut réaliser ce procès tant souhaité. Si l’on se rappelle de la position des politiques opposés au pouvoir, si l’on tient aussi compte des récentes déclarations des petrochallengers qui revenaient à la charge, ce procès n’est possible que lorsque le président de la République, Jovenel Moïse, ne sera plus en poste. Car, précisent-ils, malgré les différents engagements pris par le chef de la nation dans le sens désiré par les protestataires, Jovenel Moïse n’a ni la volonté ni les moyens de mettre à la disposition de la justice des personnalités indexées proche du pouvoir « Tèt Kale » dont il est un héritier.

S’il est vrai que l’Exécutif, en dépit des critiques majeurs dont il est l’objet, tente, ne serait-ce que par des engagements jusqu’ici non formel, de tenir le coup, cela ne suffit pas cependant à éliminer le doute qui persiste chez les membres de la population notamment au niveau de certains cadres de la société civile. Dans une interview accordée à une station de la capitale, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Stanley Gaston, dit être pessimiste en ce qui a trait à l’aboutissement de ce dossier. D’après l’homme de loi, les signaux envoyés ne sont pas rassurants, il s’agit, précise-t-il, des actions démagogiques pour faire passer le temps. Aux dires du bâtonnier, le dossier Petrocaribe représente un pourcentage très mince dans le gâteau de la corruption qui temps au quotidien à s’institutionnaliser dans le pays.

« Le dossier du Petrocaribe représente aux moins 10 % de la corruption dans le pays. Cette bataille enclenchée à son encontre devrait, selon l’avocat, être un moteur vers l’éradication de ce fléau, néfaste pour l’avenir et le développement de la nation », a fait remarquer Me Gaston qui dit penser que cette lutte telle qu’elle est abordée peut aller sur une durée de quinze à vingt ans.

Toutefois, il est à rappeler que suite à la déclaration du chef de l’État haïtien soutenant qu’il ne souhaite pas que ce dossier soit un mécanisme de persécution politique à l’encontre de certains adversaires, l’Exécutif s’est montré beaucoup plus flexible ces derniers temps. Depuis la démission du gouvernement de Jack Guy Lafontant suivi de l’investiture du PM actuel, Jean Henry Céant, tous les propos des hauts responsables de l’Exécutif portent à croire que l’administration actuelle veut tout faire pour que ce dossier aboutisse, à la fois saisi par la justice haïtienne et en même temps à l’étude devant la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA). Cette dernière, saisie au début de l’année dernière par le Sénat, reçoit déjà pas moins de deux visites du Premier ministre Céant en gage de la volonté gouvernementale de fournir à la CSC/CA tout le nécessaire pour que le travail soit accompli sciemment et promptement. Pour l’heure, elle est à quelques jours de soumettre son rapport, et dans l’intervalle, la DGI annonce son intention pour bientôt. Quel suspens fait persister l’État central en ce début d’année ?

Daniel Sévère



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