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Des plaignants entament une grève de la faim

Des plaignants entament une grève de la faim








Ce mercredi 9 janvier 2019, douze parmi les plaignants dans l’affaire Petrocaribe ont entamé une grève de la faim au Palais de justice de Port-au-Prince. Estimant que le dossier n’a pas été traité avec célérité, près d’un an après la déposition de leurs plaintes, ces douze citoyens ont démarré ce mouvement de protestation pour exiger l’arrestation des dilapidateurs des 3.8 milliards de dollars. Devant la dégradation de la situation socio-économique du pays, ils ont débuté cette forme de protestation pour demander au juge Ramoncite Accimé en charge du dossier d’assumer ses responsabilités.

Johnson Colin, Johnny Joseph, Eddy Africa Dorsainvil, Adolphe Junior, Lucner Saintilair, Alicine Reginald, Jean François Reteni, Lantino Saintilaire, Jean Maxo Joseph, Widner Saint-Jean et Roody Metellus occupent l’entrée principale du Palais de justice depuis la matinée du 9 janvier 2019. Majoritairement étendus à même le pavé, ils ont élu domicile dans l’allée menant à l’entrée principale du Palais de justice. Avec d’autres personnes, ces douze citoyens ont entamé une action en justice pour exiger à la justice de sévir contre les dilapidateurs des fonds Petrocaribe.

Rétrospective dans l’affaire Petrocaribe

Grâce à l’accord Petrocaribe à partir d’octobre 2007, le monopole de l’achat des produits pétroliers fut attribué à l’État haïtien. Le secteur privé a perdu le droit d’acheter, de stocker et de vendre les produits pétroliers. En plus de pouvoir faire l’acquisition de gazoline, diesel, kérosène, mazout et asphalte du Venezuela, l’État haïtien a bénéficié de facilités de paiement. Le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) a servi d’intermédiaire entre le fournisseur vénézuélien et les compagnies pétrolières locales. À la faveur des facilités de paiement, l’État haïtien n’avait pas à payer la totalité de la facture de produits pétroliers acquis. Le pourcentage restant pouvait être payé sur 25 ans avec deux ans de grâce et un taux d’intérêt de 1 %.

Des décaissements ont été effectués, des fonds accumulés à travers treize résolutions pris par quatre présidents et six gouvernements couvrant la période allant de septembre 2008 à septembre 2016. Après deux rapports de la commission éthique et anticorruption du Sénat de la République, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a été investie de la mission de faire l’audit de l’utilisation des fonds Petrocaribe. Parallèlement, des citoyens ont décidé d’instruire une affaire en justice en vue d’obtenir l’arrestation des principaux dilapidateurs de ce capital destiné au développement de la République. Le Cabinet d’instruction s’est déclaré compétent pour traiter le dossier le 22 février 2018 et le juge Ramoncite Accimé a été chargé de mener l’instruction. Près d’un an plus tard, plus d’une dizaine de plaignants ont été entendus par le juge instructeur. Cette avancée est insignifiante aux yeux d’un groupe de plaignants qui ont amorcé une grève de la faim aux locaux du Palais de justice.
L’heure est à l’action !

La grève de la faim débutée le mercredi 9 janvier 2019 est la nouvelle étape franchie par les plaignants. Les douze grévistes exigent l’arrestation des dilapidateurs des fonds. Me André Michel n’est pas allé de main morte pour exprimer la lassitude des plaignants.

« Près d’un an après le dépôt des plaintes, aucune décision de justice n’a été prise à l’encontre de ces voleurs. Connus de tous, ces escamoteurs se pavanent tandis que le peuple continue de croupir dans la misère, l’insalubrité règne à Port-au-Prince à cause de l’incapacité à collecter les résidus, l’éducation et la santé sont inaccessibles. Face à cette situation, les plaignants ont initié cette grève de la faim pour exiger au juge Ramoncite d’assumer ses responsabilités, car l’heure est à l’action », nous confie l’avocat de la partie plaignante.

Le coordonnateur général du Réseau national des plaignants Petrocaribe, Maurice Noel, annonce que le mouvement se poursuivra jusqu’à l’arrestation de ceux qui au lieu de pourvoir le pays en infrastructures routières, campus universitaire et autres ont préféré détourner les fonds. « Aujourd’hui, nous annonçons la fin du système de corruption ! » proclame M. Noel.

Les plaignants et leur avocat n’ont pas raté l’occasion de rappeler les liens du chef de l’État avec ceux qui ont dilapidé les fonds. À leurs yeux, le chef de l’État est l’obstacle au procès et la cause des tergiversations du juge en charge de l’affaire. Cette grève initiée arrivera-t-elle à mettre fin à lenteur constatée dans le traitement du dossier ? Combien de temps pourront tenir les grévistes ? On ne perd rien pour attendre le dénouement de cette nouvelle étape franchie dans le mouvement revendicatif.

Stevens Jean François



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