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Activement recherché, Ti Je est désigné comme l’auteur de l’exécution d’un agent de la PNH

Activement recherché, Ti Je est désigné comme l’auteur de l’exécution d’un agent de la PNH








L’officier Grégory Antoine, plus connu sous le nom de « Ti Greg », aurait été abattu par des bandits du gang de Ti Je dans le secteur de Saeh du quartier de Carrefour Feuilles. Ce forfait a été commis dans l’après-midi du 9 janvier 2019. Une situation de tension a régné dans la zone dans la soirée et des tirs nourris d’armes automatiques ont été entendus. Le lendemain, dans la matinée, diverses artères de la localité étaient bloquées par des citadins pour exiger la restitution de la dépouille de la victime.

Dans la matinée du 6 janvier 2019, diverses unités de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont investi Savane Pistache dans l’objectif de mettre Ti Je sous les verrous. Les trois corps en décomposition trouvés dans une fosse commune, l’arrestation de trois membres de la Bande de Ti Je et l’apposition de scellés sur la demeure de ce dernier composent, entre autres, le bilan de cette opération. Malgré la détermination de la PNH à mettre fin à ses agitations, quatre jours après l’intervention musclée, le dénommé Ti Je fait encore parler de lui. Il a été identifié par la clameur publique comme l’auteur de l’exécution d’un agent de la force de maintien d’ordre.

Très connu dans le quartier de Carrefour Feuilles, Grégory Antoine a trouvé la mort dans la localité de Saeh. Le responsable de la sécurité du délégué départemental de l’Ouest est passé de vie à trépas selon les témoignages du motocycliste qui le transportait. Les proches et alliés n’ont pas pu récupérer le cadavre de l’agent identifié par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) comme chef de file de « Baz Pilat » et l’un des auteurs du massacre du 13 novembre 2018 à La Saline. Notons que l’Inspection générale de la PNH (IGPNH) avait recommandé le renvoi de cet agent pour détention d’armes illégales.

Les réactions ne se sont pas fait attendre

Les tirs nourris des armes automatiques se sont substitués au silence habituel des soirées du périmètre de ce quartier de la Deuxième circonscription de Port-au-Prince. En représailles, les autres membres de « Baz Pilat » ont, par leurs salves, terrorisé une population déjà sous le choc. Les tirs nourris entendus en tous lieux du quartier ont causé une panique totale. Ceux, qui ont eu la possibilité de rentrer chez eux, ont passé une mauvaise nuit à cause des tirs entendus tard dans la nuit.

Le soleil s’est levé, le matin du 10 janvier, sur un décor fait de barricades et de pneus enflammés érigés à divers points du quartier. Des individus ont paralysé la circulation pour exiger la restitution de la dépouille de celui qu’ils chérissaient au point d’avoir projeté de fouler le macadam pour contester la mention de son nom dans les rapports sur le massacre de La Saline des organisations de défense des droits humains, le RNDDH et la Fondation Je Klere. Ils entendaient par cette action laver l’honneur de « Ti Greg » accusé à tort d’avoir contribué à la mise à mort de plus de soixante-dix personnes.

Mi-ange, mi-démon !

Les autorités policières n’ont jamais une occasion pour solliciter la collaboration de la population dans le combat du banditisme. Pour arriver à mettre la main sur certains individus recherchés, la PNH va parfois jusqu’à offrir des sommes en récompense. Récemment, la Direction générale a offert deux millions de gourdes comme récompense pour toute personne aidant à l’arrestation d’Arnel, le chef de gang ayant élu domicile à Village de Dieu, la localité située à l’entrée sud de la capitale haïtienne. Deux mois plus tard, Arnel est toujours en liberté.

Ceux qui sont appelés chefs de gang dans les médias sont appelés « papa » dans leurs communautés. Ces derniers n’ont pas attendu la loi sur la paternité responsable pour s’acquitter de leurs obligations envers les habitants du territoire qu’ils contrôlent. Ils assurent la sécurité contre les voleurs et violeurs de l’extérieur et vont jusqu’à nourrir la population et payer les frais de scolarité des enfants. Ils prennent soin de la collectivité avec l’argent collecté à l’extérieur au moyen de vol ; de rançonnement des entreprises et de toute activité commerciale, dont les marchés, et stations d’embarquement des véhicules assurant le transport en commun et de toutes autres formes d’activités illicites. L’aide internationale passe par ces « vaillants » fils de la communauté. Ils arrivent à « mettre de la nourriture dans les assiettes » dans la localité.

Le comportement des unités de la PNH, lors des interventions dans ces zones réputées de non-droit, ne joue pas en faveur du renforcement de la coopération des riverains. Quand elle réalise des opérations, la PNH a tendance à procéder à l’arrestation de toute personne trouvée dans la zone. Comme quoi, le seul fait de vivre dans un certain quartier est une preuve de culpabilité. Tous ces faits contribuent au renforcement de la considération de la population pour leur « protecteur » même des forces de l’ordre et mettent des bâtons dans les roues de la machinerie travaillant à mettre fin au banditisme. La police semble dépassée, la population ne sait plus à quel saint se vouer et les bandits prennent des gallons même dans les espaces publics comme certains médias. Sombre réalité.

Stevens Jean François



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