S'identifier Contact Avis
 
28.33° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
« Opération trois M », nouvelle stratégie de lutte du MOPOD

« Opération trois M », nouvelle stratégie de lutte du MOPOD








Pour marquer le 7 février 2019, l’opposition politique, convaincue de l’échec du locataire du Palais national, appelle tant à la mobilisation générale qu’à la démission du chef de l’État. Le Mouvement populaire dessalinien (MOPOD) a annoncé sa toute dernière stratégie de lutte baptisée : « Opération trois M »

Coincé par la crise sociopolitique en phase d’accentuation, le président a, contre un discours bilan, proposé « l’état d’urgence économique » à travers onze mesures clés. Entretemps, l’opposition, à l’affût du moindre faux pas de l’Exécutif, se prépare à manifester pour continuer d’exiger le départ du chef de l’État qui, selon eux, est incapable d’adresser les réponses convenables à la situation de la population dont la vie se complique au quotidien.

L’opposition ne bronche pas. La tête du chef de l’Exécutif constitue leur principale revendication. Certes, elle en veut beaucoup plus, mais ce n’est qu’après avoir obtenu le départ de Jovenel Moïse. Même quand au sein de l’opposition les protagonistes ne parlent pas le même langage, ils se sont mis d’accord sur au moins trois points : le changement de régime, la conférence nationale et le procès Petrocaribe. Partisan de l’entente nationale et de la concertation comme moyen de juguler la crise, le mouvement populaire dessalinien (MOPOD) semble radicaliser sa position. Cette fois, il réclame la démission du chef de l’État et, dans la mesure du possible, n’est pas opposé à soutenir un gouvernement autoproclamé comme venait le faire le président de la nation dans le cas du Venezuela.

Selon le coordonnateur général du MOPOD, Jean André Victor, le pays est à bout de souffle. La crise s’accentue et le Gouvernement est en panne de solutions adéquates. Dans cette veine, l’agronome annonce la nouvelle stratégie de bataille de sa structure baptisée « opération trois M », à savoir : « mete men, motivasyon ak manifestasyon. À travers cette stratégie, le Mopod invite l’opposition, aussi divergente qu’elle soit, à mutualiser les ressources afin de renverser ce système pris à la gorge par les circonstances qu’il a lui-même générées ».

Le premier M consiste en un message de ralliement à l’opposition pour leur dire que le moment est arrivé pour révoquer le système. « Faisons un dépassement de soi, convergeons les ressources afin de faire progresser la bataille contre le pouvoir », exhorte Jean André Victor informant la mise en oeuvre du parlement populaire, une simulation pour montrer à la population la faiblesse du pouvoir législatif et stimuler du coup les parlementaires au travail. « Si nous voulons que le procès Petrocaribe puisse avoir lieu, pressons les parlementaires à voter le nouveau Code pénal en souffrance en vue de doter la justice haïtienne de l’outil légal nécessaire à la tenue du procès », ajoute-t-il.

Face au constat du bilan mitigé du Parlement qui, de l’avis du leader du parti libéral haïtien, « n’a pas pu accomplir la tâche qui lui était assignée », procéder au vote du nouveau Code pénal. Le MOPOD a défini sa deuxième étape. Le Parlement populaire et le Tribunal d’opinion composent la phase : “motivasyon”. Les secteurs intéressés par la démarche sont invités à concourir au succès de ces deux initiatives qui visent l’implication de la société civile dans la lutte contre la corruption et la sensibilisation de la population. Ces deux courants permettront selon les mopodistes la mise en place d’une autre dynamique sociale qui facilitera l’établissement du troisième « M ».

La structure de l’opposition entend poursuivre avec les manifestations pacifiques présentées comme moyen de pression des masses. Qualifiant de parjure, l’action de M. Jovenel Moise qui a reconnu le président autoproclamé du Vénézuéla, le MOPOD croit qu’il a du même coup déchiré la Constitution du pays et a failli à sa mission de la faire appliquer et la défendre. « Cet acte a causé la perte de toute sa légitimité et nous autorise à réclamer sa démission immédiate », a conclu monsieur Victor.

L’organisation invite la population à gagner les rues pour exprimer son ras-le-bol de la situation actuelle. Le départ du président Jovenel Moïse est exigé. Le MOPOD opte pour l’établissement d’un gouvernement de salut public avec pour mission de réaliser le procès Petrocaribe et la conférence nationale souveraine

Outre le parlement populaire, l’une des pierres favorisant la motivation populaire, l’agronome Victor annonce aussi le tribunal populaire dans l’objectif de sensibiliser l’opinion publique et fait en sorte que le procès se réalise au plus vite. Ce qui consiste en outre, le second M.

Le dernier M est celui de la manifestation. D’après le chef de file de cette structure politique, la population doit fouler pour de bon le macadam, car, fait-il savoir, le MOPOD a confiance qu’à travers la manifestation de rue, beaucoup de choses peuvent changer. Toutefois, il plaide pour des manifestations pacifiques. Plus loin, Jean André Victor se dit ne pas opposer à ce que, en cas de refus du président de démissionner, qu’on est un gouvernement de salut public en même temps que Jovenel Moïse soit encore en fonction. « Il l’a encouragé au Venezuela malgré les barrières constitutionnelles et, pourquoi ne pas l’accepter ici en Haïti », a-t-il précisé banalisant du coup le rapport de la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA) et les mesures prises par l’Exécutif pour pallier cette crise économique. De telles mesures qualifiées de plaisanteries et de diversions. Dans la foulée, le Mopod plaide en faveur d’une lutte mieux structurée tout en annonçant que pour l’heure, la structure est en concertation afin de renforcer la lutte pour faire échec à cette administration.

Daniel Sévère et Stevens François



Articles connexes


Afficher plus [5549]