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L’urgence économique ternit le bilan des deux années du mandat de Jovenel Moïse

L’urgence économique ternit le bilan des deux années du mandat de Jovenel Moïse








7 février ramène seulement deux ans de Jovenel Moïse au pouvoir, et déjà les indicateurs sont au rouge. À l’heure du bilan des deux ans au pouvoir du chef d’État haïtien, l’urgence économique s’est imposée.

Dans son programme politique, Jovenel Moïse avait opté pour l’agriculture comme point de départ de la relance économique. Il avait exposé sa vision d’une agriculture bioécologique comme moteur de l’économie haïtienne, créatrice d’emplois et génératrice de richesses pour une population dont plus de 50 % sont rurales. Sa vision était surtout axée sur l’éducation pour tous, l’accès à la santé, la réforme de l’énergie, l’État de droit, la création d’emplois durables, la protection de l’environnement et le développement d’Haïti comme destination touristique en y ajoutant l’éco-tourisme et l’agro-tourisme.

Lorsqu’il était candidat, il avait promis uniquement de construire des barrages d’irrigation, créer 10 zones d’agro-production dédiées à l’exportation, créer des zones de transformation des produits agricoles, d’’installer 570 serres dans les sections communales, de rendre le pays autosuffisant en matière de production d’oeufs dans 18 mois, assurer l’autosuffisance alimentaire, de créer beaucoup d’emplois dans le secteur agricole, de remettre Haïti sur la carte mondiale des pays exportateurs, de sécuriser les sections communales par la création d’une unité de Police rurale, de calmer la tension haïtiano-dominicaine via le développement de zones agroindustrielles afin de donner du travail aux paysans.

Dans le secteur touristique, il avait promis de promouvoir le tourisme de la découverte (historique et culturel), construire un téléphérique reliant Labadie à la Cicadelle Laferrière, construire des villages de retraite (parc et centre d’attraction, centre commercial, centre hospitalier), promouvoir l’éco-tourisme, faciliter la construction d’hôtels, créer des emplois dans le secteur touristique, faciliter la rentrée des devises au pays via le secteur touristique.

Pour l’axe programmatique « construction et infrastructures », M. Moise avait promis de construire de logements d’habitation et de bâtiments tertiaires dédiés aux activités de bureau, régler le problème foncier, proposer un plan d’aménagement du territoire d’occupation du sol, créer une autorité nationale de la construction réunissant les organismes d’État (CIAT, ONACA, UCLBP, EPPLS, direction du domaine de la DGI, etc.) intervenant dans les domaines de l’aménagement du territoire, de la construction et de gestion de bâtiments publics, régulation du problème foncier, d’instituer une Conférence ministérielle sur la sécurité juridique des titres de propriété (MEF, tous les trois mois).

Il était également prévu d’affecter un notaire par commune (attaché au territoire), de libérer le secteur du marché de logements en octroyant des incitatifs fiscaux aux développeurs immobiliers, de promouvoir le crédit-bail, d’élaborer et de faire voter une loi sur les compagnies de construction exigeant que les compagnies de construction étrangères sous-traitent au moins 30 % de leurs activités à des compagnies haïtiennes, ce qui créera des emplois et permettra le transfert de technologies, de mettre en place un plan social d’accès aux services d’ingénierie et d’architecture pour aider les classes populaires à avoir de belles maisons, en plaçant des ingénieurs et des architectes dans les mairies, de donner accès aux logements à la classe moyenne à travers la viabilisation des terrains de certaines zones d’habitation en faisant des travaux de voirie et en amortissement le coût de construction sur 25 ans, revaloriser les actifs informels en matière du foncier et de logement, d’ouvrir l’exploitation des mines de ciment du pays, notamment celle de Morne Lapierre des Gonaïves afin de faire baisser les coûts de construction, résoudre les différends haïtiano-dominicains via l’industrie de la construction, et ce en leur donnant du travail dans les compagnies de construction oeuvrant en Haïti.

Par ailleurs, le président actuel avait également promis de réformer en profondeur l’administration publique afin d’augmenter son rendement à environ 40 % (modernisation, déconcentration et décentralisation), faire de l’État un catalyseur des investissements et du développement économique, promouvoir le Business process outsourcing (BPO) ou externalisation en Haïti des services de firmes internationales, mettre en place un dispositif fiscal pro-business (pas d’augmentation de taxes durant le mandat), mettre en place une ligne Internet dédiée à haut débit (fibre optique) afin de faciliter l’externalisation des services de firmes internationales en Haïti, parvenir à l’autonomie économique et financière.

Les promesses ont été nombreuses. C’était un programme renfermant de points forts comme des points faibles. Jovenel Moïse a été élu sur la base de ces promesses. Mais on n’a pas la certitude qu’il dirige en fonction de ce programme qu’il avait présenté lors des élections. Après deux ans de son quinquennat, où en est-on dans l’accomplissement de ces promesses ? Il est vrai qu’il reste encore trois ans de son mandat, mais la situation économique du pays, ces derniers moments, laisse à désirer. Si on se propose de faire une lecture des actions de l’administration en place, on verra que la majorité des institutions chargées de contrôler les dépenses de l’État ont été vassalisées. Le directeur de l’UCREF a été renvoyé. Beaucoup de dépenses non justifiées ont eu lieu durant ces deux ans, dont les 100 millions de gourdes pour la sécurité du président de la République dans un contexte de grande précarité sans que des documents qui en expliquent la portée n’aient jamais été mis à la disposition de la population.

La caravane du changement, stratégie de l’équipe en place pour faire atterrir le programme a été un échec. La situation de l’économie s’est détériorée. L’inflation passe à son plus haut niveau. Par manque de production, la gourde est devenue de plus en plus vulnérable face au dollar américain. Le taux est actuellement à 84 gourdes pour 1 dollar américain. Plusieurs entreprises du pays commencent à fermer leurs portes. Pas d’amélioration, le taux de chômage chez les jeunes n’a pas diminué. Le problème de la faim au niveau des quartiers populaires notamment est une situation à gérer en urgence. Pourtant, les dirigeants font toujours preuve d’incompréhension de la situation. Et cette expérience de mauvaise gouvernance durant ces deux années a conduit le pays droit vers l’urgence économique.

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