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L’éclatement de l’opposition plurielle

L’éclatement de l’opposition plurielle








Il ne fait plus de doute qu’au sein de l’opposition les violons ne s’accordent pas. Et c’est une évidence pour tout le monde. En effet, l’opposition est toujours incapable de présenter l’alternative post Jovenel Moïse et étale à grand jour sa panne de cohérence et de cohésion.

S’il y a une chose que ces leaders de l’opposition ne veulent pas entendre, c’est le mot division au sein de ce secteur. Cependant, aucun effort n’est fait pour recoudre ce tissu déchiré, il y a trop longtemps. Le constat est patent, quoique les leaders refusent de l’accepter, l’opposition s’oppose à elle-même. Pas de cohésion, pas de cohérence, des discours contradictoires, des accusations ça-et-là, voilà en effet à quoi résume cette opposition qui, dans les médias parait parler le même langage (le départ de Jovenel Moïse).

Auparavant, les chefs de file de cette opposition plurielle défendaient énergiquement la thèse de l’entente entre les partis qui la composent. Il a fallu la marche totalement décousue visant à dénoncer et exigé des excuses auprès du président américain, Donald Trump, pour avoir insulté la nation de « pays de merde » pour qu’ils fassent semblant d’être sur le point d’accepter finalement que la tempête soit à leur porte. Aujourd’hui encore, endossant la revendication de la table rase dont ils ignorent être une cible potentielle, l’opposition semble encore être en train de mener deux batailles : l’une, vraisemblablement contre l’équipe en place et, l’autre, beaucoup plus évident contre ses composantes. L’aile raide composée du secteur démocratique et populaire et de la plateforme Pitit Dessalin est à couteau tiré tandis que l’autre aile dite modérée semble se positionner dans la pénombre de ces deux géantes.

Après avoir incessamment refusé la main tendue de l’Exécutif les invitant au dialogue, les opposants au pouvoir ont annoncé qu’ils sont en train de concerter pour planifier la transition de salut public qui consommera la rupture avec ce système. Pas plus tard que la semaine dernière, le MOPOD a réaffirmé cette déclaration. « Il y aura accord là-dessus dès la publication de notre prochain calendrier », a fait savoir Jean-André Victor. Entretemps, les mots d’ordre de manifestations continuent à être lancés sans pour autant donner les résultats escomptés. Pour la première fois, le secteur démocratique et populaire a notifié clairement qu’il n’a pas invité la population à la manifestation du 7 mars dernier. Une position qui témoigne qu’il y a malaise au sein de ce secteur (l’opposition) qui dit vouloir défendre les mêmes intérêts.

Néanmoins, cette contradiction dévorant l’opposition dite radicale (le secteur démocratique et populaire et la plateforme Pitit Dessalin) semble plutôt arranger le pouvoir vu que cela contribue à donner un répit dans les séries de mobilisation qui ne cessent de paralyser le pays au déficit de la classe marginalisée. Alors qu’ils sont en concertation, le secrétaire général de Pitit Dessalin crie au scandale en qualifiant, comme l’a fait l’Exécutif récemment, ceux avec qui il notifie d’esclaves. « Esclaves à talents, esclaves de champ, esclaves domestiques », voilà donc les qualificatifs utilisés par l’ex-sénateur du Nord pour discréditer les membres du secteur démocratique et populaire pour avoir pris part à la rencontre diplomatique du premier weekend du mois de mars. Ce secteur fougueux dans la bataille se rétracte curieusement ces derniers jours. Peut-être pour planifier de nouvelles stratégies. Entretemps, les projecteurs sont braqués sur ce conflit ouvert entre Pitit Dessalin et le secteur démocratique.

Ce scénario qualifié par certains de « mauvais goût » rend beaucoup plus sceptique la population qui s’interroge sur l’avenir du pays. « Si ceux qui veulent le départ inconditionnel de l’équipe au pouvoir ne parviennent pas à s’entendre, comment vont-ils envisager une alternative pour combler le vide institutionnel que va inévitablement provoquer cette démission ? », se questionne des observateurs interrogés par le journal. Ce déficit de confiance qui affecte l’opposition peut lui couter gros dans un contexte où la lutte paraissait prendre une autre dimension. Proche du secteur démocratique, le combite des organisations syndicales et populaires a annoncé une série de manifestations intensives, dont celle du 7 mars, sur le pays. Le secteur démocratique de son côté appelle les autres structures à ne pas anticiper les étapes. En la même occasion, Pitit Dessalin s’attaque à l’ensemble de l’opposition. Avec un scénario pareil, ces individus donnent l’impression que c’est le pouvoir qui les intéresse.

Daniel Sévère



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