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Un coup d’État parlementaire, selon le groupe minoritaire

Un coup d’État parlementaire, selon le groupe minoritaire








La Chambre des députés vient de renvoyer le gouvernement de Jean-Henry Céant. La séance fatidique a été tenue en l’absence de ce dernier qui a quand même eu le temps d’informer le bureau de la Chambre basse qu’il devait, au même moment, répondre à une interpellation du Sénat de la République. Un vote que le groupe minoritaire à la Chambre basse qualifie de coup d’État parlementaire.

Six mois après son investiture comme chef de gouvernement pour remplacer Jack Guy Lafontant, le Premier ministre haïtien Jean-Henry Céant est renvoyé par la Chambre des députés par un vote de censure le lundi 18 mars 2019. Une séance plutôt particulière vu que le PM avait notifié son absence au président du bureau pour indisponibilité, car, il devait prendre part, dans la même tranche d’heure prévue, à une autre séance d’interpellation du Sénat de la République. Ignorant cette correspondance, les députés ont sanctionné M. Céant avec un vote de non-confiance.

Céant est censuré, cependant la séance restera comme une tache désagréable dans l’histoire haïtienne, selon les députés du groupe minoritaire qui qualifie cette séance de coup d’État parlementaire. Ce n’est pas à la forme que s’attaque le député de la troisième circonscription de Port-au-Prince, Printemps Bélizaire, dans une entrevue accordée au journal. Il a voulu plutôt dénoncer une sorte de complot orchestré par le Parlement à travers le président de la Chambre basse, Garry Bodeau, et l’Exécutif de Jovenel Moise contre la population. « Les véritables gagnants de cette séance historique sont les parlementaires pour avoir pris part au complot et le chef de l’État, Jovenel Moise », a-t-il déduit arguant que c’est à la population de prendre en main ses responsabilités.

La déception de ces députés du groupe minoritaire OPL et alliés est énorme, car, précisent-ils, via leur document de position de principe soumis au président de la Chambre basse, Garry Bodeau nage dans l’illégalité. Ce dernier obstiné à poursuivre ses intérêts mesquins, viole simultanément les articles 36, 44 et 48 du règlement intérieur de la Chambre des députés, font-ils savoir. « Notre position vise deux choses : dénoncer la séance ainsi que la tenue de la conférence des présidents réalisée en catimini. Il n’a jamais eu, depuis l’ouverture de l’année législative, de séance plénière organisée pour compléter les commissions permanentes alors qu’il s’avise à réaliser une conférence des présidents », se plaint Printemps Bélizaire qui soutient que ce vote n’aura d’autre issue que de plonger un peu plus le pays dans la crise qui tend à devenir structurelle.

« Qu’est-ce qu’il a fait de notre correspondance exigeant la mise en accusation du président ? Et notre motion d’interpellation visant le ministre de la Justice qui a ordonné la libération des sept mercenaires ? Qu’est-ce qu’il fait des commissions permanentes toujours incomplètes ? », se questionne-t-il soulignant que le groupe met le vice-président de l’Assemblée nationale face à l’histoire. Toutes ces interrogations susmentionnées, précise-t-il, constituent, entre autres, les réserves du groupe minoritaire exprimées à travers sa position de principe en vue de dénoncer la séance. « Pourquoi n’a-t-il pas fait le suivi de ces correspondances ? Cela prouve encore une fois que tout ce qui s’est passé aujourd’hui ne vise que l’intérêt d’une minorité ambitieux de la pérennisation du pouvoir », a-t-il ajouté.

Plus loin, le député appelle à l’intensification de la mobilisation pour sortir le pays de ce marasme politique. Ce énième faux pas prouve qu’avec Jovenel Moïse on ne peut rien réaliser au bénéfice de la population. Il est temps que la communauté internationale, le secteur des affaires, la société civile fassent le constat que le chef de l’État est un accroc au développement du pays. Au lieu d’envisager le déblocage du pays avec le PM, le mieux à faire, juge-t-il, s’est de lui pousser à la porte », plaide Printemps Bélizaire soulignant que la présence ou l’absence de Jean- Henry Céant lui importe peu. En ce qui nous concerne, du côté de l’opposition, nous réitérons notre appel à la mobilisation populaire en vue de l’instauration d’un nouveau système de gouvernance au bénéfice de toute la nation.

Daniel Sévère



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