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Quelles sont les forces qui bloquent Jovenel Moïse ?

Quelles sont les forces qui bloquent Jovenel Moïse ?








Le mercredi 12 juin 2019, dans son discours prononcé à l’occasion du 24e anniversaire de la Police nationale d’Haïti, le président de la République Jovenel Moïse a précisé que ce sont des forces, marquées par le système, qui l’empêcheraient de matérialiser ses promesses et de contribuer efficacement à l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Sans citer de nom, le chef de l’État n’a pas mâché ses mots pour les mettre au grand jour et de citer, de manière succincte, les maux qu’elles auraient causés à la population.

Le courant 24 sur 24 sur tout le territoire national serait l’un des projets qui irriteraient les forces qui, selon le président, ont commandité l’assassinat du fondateur de la nation, Jean Jacques Dessalines. Cet été, le pays aurait pu bénéficier de l’électricité 24 sur 24 si les forces du système n’avaient pas remué ciel et terre pour le bloquer. Dans cette veine, le commun du mortel pourrait surnommer ces forces « forces des ténèbres ». Car elles s’amouracheraient de l’obscurité et chercheraient à maintenir la population loin de la modernité. Serait-ce la raison pour laquelle, depuis près de deux ans, la distribution du courant électrique s’est considérablement amoindrie ? Serait-ce la raison pour laquelle des villes, ayant eu une tradition de courant 24 sur 24, se plaignent du black-out 24 sur 24 ?

Les forces dénoncées par le président Moïse seraient aussi de farouches ennemis du projet de maillage routier et de l’eau potable. Selon le chef de l’État, elles se sont opposées à tout projet de construction de route et d’adduction d’eau potable qu’il aurait proposé à la République. Cependant, selon une étude publiée par la Banque mondiale, dans le rapport intitulé « Regarder au-delà de la provision par le gouvernement des services en eau et assainissement – Les choix et pratiques des plus vulnérables en Haïti », paru en janvier dernier, 57 % de la région métropolitaine de Port-au-Prince aurait recours au secteur privé pour s’approvisionner en eau potable.

M Moïse a aussi indiqué que les forces qui le bloqueraient dans ses démarches pour améliorer les conditions de vie de la population auraient aussi un faible pour la corruption. Selon le chef de l’Exécutif, depuis le jour où il a ouvertement présenté la corruption comme l’un des plus grands maux de l’État, ces forces se sont arrangées pour insérer le nom du président dans des rapports sur la corruption, cherchant à le discréditer. De quels rapports parlerait-il ? Le président ferait-il référence aux rapports du Sénat de la République et de la Cour supérieure des comptes sur le dossier Petrocaribe ?

Toutefois, le fondateur de l’entreprise Agritrans se dit conscient de la complexité de la situation. Selon lui, les forces de blocage utilisent les médias et les réseaux sociaux pour vilipender son programme stratégique intitulé Caravane du changement. Des moyens qu’elles auraient utilisés, le président a cité : l’instabilité, la déstabilisation, le « dechoukaj » et la lutte contre le pouvoir. M Moïse a indiqué que le système utilise toujours ces techniques pour se reproduire à chaque fois qu’il est mis en question. Et par conséquent, les riches s’enrichissent davantage à travers des transitions favorisant des subventions, des privilèges et la contrebande.

Le président dit avoir compris le problème du pays et le fonctionnement des forces de blocage. Mais que va-t-il faire pour vaincre ces forces qui seraient, à son avis, contre la population ? Peut-être, s’il avait fait une nouvelle promesse, les forces de blocage, dont il a reconnu la coriacité et la puissance dans son discours, l’auraient engloutie encore une fois. Qui sait ?

Pour certains, le président de la République aurait raison. Car, selon eux, il existerait effectivement des forces anti-changement dans le pays. Pour d’autres, il n’a fait que démontrer sa faiblesse et son incapacité comme chef de l’État en présence des autorités de la Police nationale, la population dans sa globalité. Pour des politiques, le chef de l’État serait en train de chercher de préférence un bouc émissaire. Cependant, dans les rues, comme sur les réseaux sociaux, des citoyens crient « Kot kòb PetroKaribe a ? » et exigent un changement de système avec le départ du premier citoyen de la République ?

Il est temps de passer de la parole aux actes. Qu’est-ce que le président va faire pour freiner ces forces ? Où est-ce qu’elles vont finir par freiner le président pendant tout son mandat ? Car, dans la lutte opposant le président au système, c’est l’insécurité qui plane sur la vie des citoyens sans tenir compte de leur origine sociale, les entreprises qui sont menacées et l’économie dans son ensemble qui s’écroule. Quelle issue ?

En tout cas, entre blocages et promesses non tenues, Jovenel Moïse a donné la garantie qu’il ne cèdera pas à leurs attaques.

Josué Pierre-Paul



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