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Pourquoi le dialogue avec Jovenel Moïse parait-il si impossible ?

Pourquoi le dialogue avec Jovenel Moïse parait-il si impossible ?








Le président de la République, Jovenel Moïse, veut encore dialoguer pour sortir le pays de la crise. Le Mouvement patriotique de l’opposition démocratique (MOPOD) a estimé, le lundi 17 juin 2019, que le président de la République, Jovenel Moïse, est en train de perdre son temps en lançant, pour une énième fois, un appel au dialogue avec les forces vives de la nation. Selon les partis réunis dans ce mouvement, aucun dialogue n’est possible avec le chef de l’État.

L’une des raisons pour lesquelles les principaux partis de l’opposition haïtienne font fi des invitations au dialogue du chef de l’État serait, selon des membres du MOPOD, le fait que celui-ci prend plaisir à tromper les acteurs ayant répondu positivement au récent appel au dialogue du président. Selon les membres du mouvement, intervenant au micro de la presse, le 17 juin 2019, le premier citoyen de la République n’a respecté aucune des promesses faites aux acteurs.

Ces opposants estiment que le président se trompe en invitant des acteurs politiques et sociaux en sa résidence privée, croyant toutefois qu’aucun homme sérieux, soucieux de l’avenir de la République, ne va prendre part à un quelconque dialogue avec M. Moïse. « Il est malséant d’inviter des gens en sa résidence privée pour des affaires de l’État, quand nous savons que le Palais national est fait pour ça », ont-ils précisé.

René Monplaisir, coordonnateur du secteur populaire haïtien était attendu par le président de la République, Jovenel Moïse, comme tous les autres invités à ce nouvel appel au dialogue, pour prendre connaissance de la compréhension des acteurs sur la crise actuelle. M. Monplaisir affirme avoir reçu une invitation, mais l’a déclinée.

André Michel, farouche opposant à l’administration Moïse, n’a de cesse déclaré, à qui veut l’entendre, qu’aucun dialogue n’est possible avec l’actuel président de la République. La principale raison qu’il a avancée, c’est l’implication de M. Moïse dans la dilapidation du fonds Petrocaribe. Intervenant au micro de la presse, l’homme de loi croit fermement que le regroupement du secteur démocratique et populaire, dont il est le porte-parole, ne va pas s’asseoir avec un « voleur ». Le nom de Jovenel Moïse, selon lui, aurait été mentionné plus de 60 fois dans le dernier rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif sur le dossier Petrocaribe. Selon M. Michel, le président doit démissionner et se mettre à la disposition de la justice.

Il faut souligner, l’année 2019 a débuté avec l’appel au dialogue du président de la République. En décembre 2018, le nom de Jean Gabriel Fortuné, maire des Cayes, circulait comme la personne choisie pour mener le dialogue avec les partis de l’opposition afin de sortir le pays de cette crise. Un peu plus tard, au lendemain de la chute du Premier ministre, Jack Guy Lafontant, Jovenel Moïse a fait choix de Jean-Henry Céant en remplacement encore dans cette logique de dialogue qui, de l’avis de plus d’un est infaisable, voire impossible. En avril dernier, le président a pu rencontrer plusieurs acteurs politiques dans le cadre de ce dialogue. Mais la grande majorité des formations politiques invitées ont fait fi de l’invitation.

Toutes les démarches présidentielles pour dialoguer avec l’opposition dite radicale sont soldées par un échec flagrant. Et, après chaque tentative de dialogue, la crise s’est renforcée et les manifestations se sont multipliées. À force d’entendre le président de la République, principalement dans son discours à l’occasion du 24e anniversaire de la Police nationale, d’aucuns croient que ces échecs sont dus à la présence active des forces anti-changement. Ces forces auraient forgé un système qui veut maintenir la grande majorité de la population dans la crasse. Cependant, force est de constater que ce sont les membres de cette population qui gagne, depuis plus d’une semaine, les rues exigeant la démission du président, l’organisation du procès Petrocaribe et la fin du système entre autres. Se sont-ils laissés tous manipulés par ces forces ?

Cependant, dans les propositions de sortie de crise des différents acteurs, tout passe par le dialogue national, la conférence nationale souveraine. Dans cette veine, l’opposition croirait que le dialogue est le seul moyen de sortir le pays effectivement de la crise. Mais, l’opposition, à l’issue du président Jovenel Moise, semble être prête à dialoguer avec tout autre Haïtien.

Josué Pierre-Paul



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