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Les 5 raisons pour lesquelles la Fédération protestante d’Haïti aurait décliné l’invitation de Jovenel Moïse

Les 5 raisons pour lesquelles la Fédération protestante d’Haïti aurait décliné l’invitation de Jovenel Moïse








Dans le cadre du dernier dialogue en date lancé par le président de la République, Jovenel Moïse, pour sortir le pays de la crise, le pasteur Sylvain Exantus, président de la Fédération protestante d’Haïti (FPH), a reçu son invitation. Mais, il l’a déclinée. Le pasteur a énuméré environ 5 raisons pour lesquelles son institution aurait refusé de rencontrer le chef de l’État.

Intervenant au micro de la presse, le mardi 18 juin 2019, M. Sylvain a justifié son refus par le fait du manque de leadership du premier citoyen de la République. Le pasteur a expliqué que, pour développer un leadership sérieux, il faudrait développer trois grandes capacités : voir, comprendre et agir. Le leader doit être capable de faire un état des lieux. Après l’état des lieux, il faut s’assurer de comprendre la situation. Selon le leader protestant, partir de la compréhension de la situation, le vrai leader devrait se convaincre que quelque chose doit changer. De là, la personne en poste de leadership se doit de construire un plan pour transformer les choses.

Ces capacités sont liées à trois constantes : amour, confiance et évaluation. Selon le ministre d’église, le leadership ne va pas sans amour. « En tant que leader ou politicien, il faut aimer les gens qui sont sous vos auspices et leur donner une meilleure direction », a affirmé M. Exantus. « Le leader doit aussi inspirer de la confiance, car le leadership, c’est avant tout l’influence », a-t-il ajouté. Le leader doit aussi évaluer son travail, avant, pendant et après. Mais, le pasteur a déploré que les politiciens haïtiens, en particulier le chef de l’État, ont des lacunes en ce sens. Ce serait la raison pour laquelle les problèmes non résolus ne cessent de proliférer, débouchant ainsi sur des crises.

En deuxième lieu, Sylvain Exantus a estimé que le lieu choisi par Jovenel Moïse pour le dialogue n’était pas approprié. Celui-ci avait invité les acteurs politiques en sa résidence privée à Pèlerin 5, commune de Pétion-Ville. « Le lieu de la rencontre peut pousser plus d’un à penser n’importe quoi à votre égard », a-t-il précisé. En effet, plusieurs acteurs sociaux et politiques invités par le chef de l’État se sont demandé pourquoi il n’avait pas fait choix du Palais national, résidence officielle du président de la République. Mais, d’autres pensent que c’est pour éviter les pneus enflammés et les manifestants qui ne jurent que par sa démission.

En troisième lieu, le pasteur croit que M. Moïse aurait commis une grave erreur en invitant tous les acteurs ensemble. Il pense qu’il n’y aurait pas vraiment le temps pour faire un sérieux dialogue et de sortir avec quelque chose de sérieux. « Ce serait plus sensé, si des émissaires ont été sélectionnés pour rencontrer les différents groupes d’intérêts et des institutions pour obtenir effectivement la lecture de la conjoncture par chaque groupe, par chaque institution. Avec une foule d’invités, on n’obtiendrait aucun résultat sérieux. On ne retiendrait rien avec tout ce monde qui voudrait prendre la parole », a expliqué le leader de la FPH.

En quatrième lieu, M. Sylvain a estimé que le contexte n’encourageait pas une telle initiative. Il a évoqué une certaine peur de la perception populaire sur la participation au dialogue. « Il n’y a pas une disposition de la part de la population pour comprendre que, en temps de crise, le leader a besoin de s’exprimer. Peu importe la crise à laquelle un pays peut faire face, il faudrait des gens pour prendre la parole. Et lorsqu’ils parlent, ils doivent dire vrai. Si nous avons répondu à l’invitation du président de la République, nous aurions décrit fidèlement la situation, les revendications populaires, et les obligations des leaders pour soulager la misère du peuple », a indiqué l’homme d’Église.

En cinquième lieu, le responsable de la Fédération protestante d’Haïti a indiqué que l’intolérance des leaders haïtiens est trop débordante. Une attitude qui ne facilite pas le dialogue. « Ce sont des leaders au cou roide. Chacun se tient ferme sur sa position. L’Exécutif s’accroche à sa position. L’opposition ne lâche rien. Et le peuple souffre. Nous avons une lacune pour parler ensemble », s’est-il plaint. Il croit comme fer qu’il faut nécessairement dialoguer.

La Fédération protestante serait-elle pour la démission de Jovenel Moïse ? En tout cas, le pasteur Sylvain Exantus a narré que l’une des plus grandes responsabilités d’un chef d’État, c’est l’amélioration des conditions de vie des citoyens. « Si un chef d’État ne peut pas améliorer les conditions de vie de son peuple, il faut prendre une décision. Si le leader ne peut pas prendre une décision pour résoudre les problèmes en temps de crise, les crises vont le forcer à prendre une décision », a-t-il rappelé.

Josué Pierre Paul



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