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« Laissez passer la tempête » : la stratégie payante de Jovenel Moise

« Laissez passer la tempête » : la stratégie payante de Jovenel Moise








Il ne fait aucun doute que le président de la République souffre d’un déficit énorme de crédibilité et de légitimité. Cependant, aux assauts récurrents de l’opposition, il parvient à toujours tenir bon en se rétractant au moment de la fureur populaire afin de surgir à nouveau au moment où les hostilités s’affaiblissent.

Pour ses deux premières années passées à la tête de l’Exécutif, le chef de la nation a eu le temps de connaitre le goût de la mobilisation populaire. Taxé à tort et à travers, de corrompu, d’irresponsable ou d’inculpé, le poulain du PHTK est, à plusieurs reprises, sorti victorieux de ses bras de fer avec ses opposants en adoptant une stratégie de résilience laissant passer la tempête avec ses flots de rage pour rattraper la gouverne de la barque par la suite.

De juillet 2018 à date, Haïti a connu pas moins de cinq mouvements de protestations majeures qui auraient pu emporter le premier citoyen de la nation. S’il est vrai qu’ils ont mis fin aux deux premiers gouvernements de Jovenel Moise, ils n’ont pas pu, pour autant, ébranler le locataire du Palais national, qui jusqu’ici tient bon.

Précisément, les cabinets ministériels en sont les principales victimes des manifestations populaires. Pour sortir sa tête de l’eau, le chef de la nation s’est déjà, à deux reprises, vu dans l’obligation de recommencer des pourparlers en vue de constituer une autre équipe gouvernementale. Aussi vrai qu’il n’a pas eu la chance de liquider son gouvernement après les événements du 9 juin, qui n’a pas eu la chance de rentrer en fonction, il s’apprête déjà à entamer des pourparlers afin de monter une autre équipe au remplacement de celui de Jean Michel Lapin tué dans l’œuf.

Rebelle, irresponsable et immoral pour l’opposition, Jovenel Moise est un stratège par excellence, d’après des proches du pouvoir qui saluent sa résistance. Au regard de l’ampleur des manifestations à travers tout le territoire, tous, même temporairement, ont cru que l’homme d’affaires a frôlé le départ prématuré. Mais à travers sa stratégie de « laissez passer la tempête », il parvient à constamment reculer l’échéance. Une attitude qui déplait à l’opposition qui, vraisemblablement, doute de sa capacité de pousser vers la sortie le président de la République.

Les charges retenues contre Jovenel Moise sont nombreuses et scandaleuses. Les opposants quoique divisés se multiplient davantage. Cependant, hormis sa stratégie estimée payante, le chef de l’État obtient la totale protection de la communauté internationale.

Notons dans la foulée qu’en dehors du refus systématique de l’opposition radicale de dialoguer avec le numéro un de la nation, le chef de l’Exécutif a eu le privilège de discuter avec certains des partis de l’aile modérée de l’opposition. Peut-être un fait faisant croire à l’Exécutif qu’il peut jouer avec ses capacités afin de continuer à résister et défier l’opposition politique, semblerait-il, n’est pas à la baguette des mobilisations populaires.

Daniel Sévère



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