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Des mandats sont émis, et après?

Des mandats sont émis, et après?



Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’affaire Petrocaribe, Ramoncite Accimé, a déjà émis plusieurs mandats à l’endroit d’anciens ministres et Premiers ministres. Mais à quoi peut-on s’attendre réellement ?


Jean Max Bellerive, Laurent Lamothe, Wilson Laleau, Marie Carmelle Jean-Marie, Stephanie Balmir Villedrouin et Jacques Rousseau sont les véritables concernés par cette décision du juge. Ces personnalités ont rendez-vous avec Me Ramoncite Accimé à la fin du mois de juillet. Une année de cela, soit le mois de juin 2018, l’actuel commissaire du gouvernement auprès du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam Daméus, avait lui aussi émis des mandats à l’encontre d’anciens directeurs du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD). Il s’agissait alors de Michael Lecorps, Eusatache Saint-Lot et Patrick Noramé.

Ils étaient tous accusés de concussion, de passation illégale de marchés publics, d’enrichissements illicites, d’abus de fonction, de détournement de fonds publics et d’association de malfaiteurs. Patrick Noramé faisait alors l’objet d’un mandat international et d’une mesure d’interdiction de quitter le territoire émis par le parquet au sujet des dépenses élevées estimées à des millions de dollars US au sein du BMPAD. On se le rappelle, Eustache St-Lot, avait même été placé en garde à vue, le 27 mai 2016, au commissariat de Port-au-Prince, sur ordre du commissaire du gouvernement d’alors, Me Danton Léger.

Me Ocnam C. Daméus, qui se présentait comme le manager du dossier, avait non seulement invité des anciens directeurs généraux à venir s’expliquer sur certains dossiers flous, mais d’anciens ministres comme : Laurent Salvador Lamothe et Jean Max Bellerive ont été également invités au parquet. Certaines, parmi ces personnalités, avaient répondu à l’appel. Prétextant toute sorte de choses, d’autres n’ont jamais mis les pieds. Mais personnes, absolument personne n’avait les moyens nécessaires, ou n’avait pas eu la volonté de leur forcer la main afin de faire respecter les décisions de la justice dans le cadre de ce dossier.

On change de gouvernement durant tout ce temps, mais le dossier n’a jamais connu d’avancée. Des révocations ont eu lieu. Les interdictions de départ non tenues. La population a tout le temps assisté ces petrodilapidateurs qui circulent non seulement dans le pays, mais aussi au niveau de l’international, sans aucun souci, comme si c’était des personnalités qui n’ont aucun précédent avec la justice. Dès lors, tout le monde a eu conscience que les dirigeants n’ont aucune intention d’œuvrer à l’aboutissement du procès Petrocaribe.

Au cours de ces derniers jours, les avocats des plaignants avaient appelé le juge Ramoncite Accimé à se déporter du dossier. Pour cause, il n’y avait aucun mandat décerné à l’encontre de ces anciens officiels indexés dans le rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). Par ailleurs, les proches du chef de l’État avaient exprimé leur stupéfaction en raison du silence des manifestants et Petrochalengers sur les autres personnalités accusées d’implication dans la dilapidation du fonds Petrocaribe.

Aujourd’hui, la pression populaire pousse le juge à émettre certains mandats. Encore les mêmes personnalités sont ciblées. Les accusations portées contre elles dans tous les rapports produits sur la gestion des fonds Petrocaribe confirment leur participation dans cette vaste campagne de détournement, et de vol de fonds publics. Alors, quelle est la prochaine étape si on est certain que ce sont ces personnalités et bien d’autres encore qui ont dilapidé ces fonds alloués au développement des infrastructures dans le pays ? À quoi d’autre peut-on espérer après l’émission des mandats ? Si autrefois le pouvoir l’utilisait comme étant une stratégie de diversion pour casser la mobilisation, peut-on aujourd’hui avoir confiance que c’est le procès attendu par le peuple haïtien qui va enfin démarrer ?

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