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Une véritable confusion gouvernementale

Une véritable confusion gouvernementale








Les épisodes gouvernementaux ayant suivi la démission de Jean Henri Céant en mars 2019 sont révélateurs, voire importants pour ceux qui cherchent à comprendre la réalité politique haïtienne. Ils ouvrent les yeux des membres des communautés nationales et internationales sur le remue-ménage provoqué par le mode d’organisation et de gestion publique adopté par les autorités. Une situation devant interpeller l’État dans son ensemble en vue de l’adoption des dispositions urgentes pour normaliser la vie sociopolitique, et éviter la répétition des crises au niveau de l’appareil de l’État.

Nommé Premier ministre ad intérim en remplacement de Jean Henry Céant pour expédier les affaires courantes, devenu plus tard Premier ministre nommé, Jean Michel Lapin nage à présent entre l'illégalité et l'inconstitutionnalité. D’abord, il a été choisi par le président de la République Jovenel Moïse, pour assurer la transition entre le notaire Céant et le Premier ministre qu’il devrait choisir officiellement pour remplacer l’homme politique. Paradoxalement, quelques semaines plus tard, il est devenu « Premier ministre nommé », car il a été encore choisi par le chef de l’État comme chef de gouvernement devant trouver les bénédictions des deux chambres du Parlement haïtien. Il assurait la transition entre un ancien chef de gouvernement et lui-même. Incroyable, mais vrai.

Encore, qu’il soit désigné par le président de la République, Jean Michel Lapin n’a été qu’un Premier ministre nommé. Serait-ce une autre façon de dire : Premier ministre de nom ? Dans cette optique, pour avoir droit sur l’administration publique officiellement, M Lapin devrait trouver sa ratification au niveau des deux chambres du Parlement. Une séance de ratification aux vues de tous, qui a été perturbée par des sénateurs se déclarant contre l’administration de Jovenel Moïse. Le vote de l’énoncé de sa politique générale a été boycotté à maintes reprises.

Le 22 juillet 2019, Jean Michel Lapin a remis sa démission au chef de l’État comme Premier ministre. Ce qui fait qu’il n’est plus Premier ministre provisoire ni Premier ministre nommé. Il est devenu Premier ministre démissionnaire, chargé d’assurer la gestion des affaires courantes de la République jusqu’à la ratification d’un autre Premier ministre par le Parlement. Avec tous ces titres de Premier ministre, M Lapin n’a pas su rétablir l’ordre et la paix publics ni agir sur la galopante inflation ni sur la pénurie de l’essence qui ne fait qu’intensifier davantage cette confusion critique que connait le pays. Il devrait céder sa place à son ancien subordonné, Fritz William Michel qui a déjà trouvé sa ratification à la chambre des députés le mardi 3 septembre 2019. Il attend maintenant le verdict des sénateurs sur son énoncé de politique générale pour avoir accès à la Primature.

Plus d’un a pu comprendre la nécessité d’amender la Constitution de la République en vue d’éviter de pareilles confusions dans un pays qui en ce moment, a plus besoin d’un leadership efficace pour le sortir du marasme généralisé. En octobre 2007, le président d’alors, feu René Préval, s’est attaqué à la Constitution, la présentant comme une source d'instabilité. Il a démontré que bien articles surannés auraient dû être amendées dans la Constitution. Et, en terme d’amendement, le Parlement a accouché cette Constitution en vertu de laquelle Jean Michel Lapin a pu remplir la fonction de Premier ministre en moins de trois mois, sans l’intervention d’aucune autorité officielle : Premier ministre provisoire, Premier ministre nommé, Premier ministre démissionnaire.

Des années plus tard, des députés de la 50e législature ont travaillé sur des propositions d’amendement de la Constitution. Jerry Tardieu a expliqué que le nouvel amendement pourrait résoudre ces problèmes de confusion dans la loi mère. Le parlementaire a indiqué que la nouvelle Constitution amendée éliminerait le poste de Premier ministre pour le remplacer par celui de vice-président. De cette manière, un chef de l’Exécutif n’aurait plus besoin de faire tous ces périples au Bicentenaire. Cependant, selon les dernières déclarations du député Jerry Tardieu à la presse, il est clair que les parlementaires font fi de ces propositions et des recommandations de la commission qui travaillait sur ce dossier.

Néanmoins, cette confusion constitutionnelle et gouvernementale a de graves répercussions sur la vie sociale des Haïtiens en Haïti et à l’étranger. Entre l'illégalité et l'inconstitutionnalité, le pays dispose de deux Premiers ministres où aucun d'entre eux n'est légitime à engager l'État.

Josué Pierre-Paul



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