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Rareté de carburant : conséquences d’une gestion médiocre

Rareté de carburant : conséquences d’une gestion médiocre








La rareté de carburant a provoqué une nouvelle journée de tension en Haïti. Des casses et un mort ont été enregistrés. La crise continue de s’aggraver, et le gouvernement n’a toujours pas trouvé la formule qu’il faut pour sortir le pays de ce labyrinthe.

Consultants avec licence, maîtrise et/ou PHD dans presque tous les domaines (économie, sciences politiques, administration publique, etc.) c’est ce qui ne manque pas au sein de l’administration de Jovenel Moise. Pourtant, le pays sombre dans une crise aiguë depuis l’arrivée de Jovenel Moise, après les élections contestées de 2015. Et ces diplômés des grandes écoles du Canada, de la France, des États-Unis, fiers et très arrogants, n’ont pas pu trouver la formule pour sortir le pays de ce marasme.

Ce problème de carburant existe depuis 2016 et s’est aggravé avec l’arrivée de Jovenel Moise au pouvoir. Après plus de deux ans de règne, le chef de l’État et son équipe n’ont pas pu trouver une solution à la crise. C’est si triste qu’un État choisisse délibérément de laisser un problème atteindre ce niveau. Ce qui montre très clairement que cette administration n’y peut rien à cette crise ou n’a aucune velléité de prendre des décisions en fonction des intérêts de la population. Pourtant, ces dirigeants manquent de courage pour l’admettre et refusent et décider en conséquence.

Il est inconcevable qu’un pays soit si médiocrement dirigé. Défendant uniquement leurs intérêts, les institutions internationales, les grandes puissances dites amis d’Haïti sont conscientes de la mauvaise gouvernance. Que ce soit au niveau de l’Exécutif, du Judiciaire, encore moins du Législatif, personne, parmi ces dirigeants, n’est digne d’être distingué ou honoré pour la bonne gouvernance du pays. Mais puisqu’ils représentent et défendent les intérêts de l’international et d’une classe bourgeoise insouciante, le pays va bien.

Inutile s’artader sur le cas de l’actuel président de la République. Il tarde à donner des preuves, à travers ses décisions, des compétences et du courage nécessaires pour diriger un pays. Jusqu’à maintenant, il se contente de plaire à son clan politique au détriment d’une population en agonie. Face à la situation qui se détériore, il garde son calme et ne crache même pas un mot (vag pi mal pase chamo). Entre-temps, des scènes de boxes, de catchs, et d’arts martiaux sont enregistrées tous les jours dans les stations d’essence depuis plus d’un mois.

Entre l’insécurité soutenue par des autorités, la pauvreté extrême, la famine généralisée, le menu est salé pour Haïti. De nos jours, près de trois millions de personnes en Haïti sont menacés de pénurie d’aliments et 571 mille autres sont en situation d’urgence alimentaire, selon le dernier rapport du Conseil national pour la sécurité alimentaire (CNSA) sur la classification de la phase de sécurité alimentaire (IPC). Mais cela n’a aucune signification pour ces inconscients du pouvoir qui veulent augmenter les recettes fiscales en augmentant le prix de l’essence.

Toute augmentation des prix de l’essence aura des conséquences directes sur la vie de la population. D’une manière générale, les prix de tous les produits grimperont s’il y a ajustement au niveau des prix de l’essence. Or, l’inflation a déjà atteint la barre de 18 % en juillet 2019. « L’État n’a pas les moyens », c’est le refrain de la chanson. Mais pourquoi pas des efforts pour réduire la contrebande au niveau des frontières ? Pourquoi ne pas supprimer les avantages et franchises accordés aux commerçants proches du pouvoir ou à ceux cachés derrière un paravent de consul honoraire.

Face à une réalité pareille, le peuple sans défense n’a d’autres choix que d’assiéger les rues pour faire passer leur revendication. Toutes les conditions sont réunies pour un véritable soulèvement populaire. Mais pour le pouvoir en place, notamment le Premier ministre démissionnaire, Jean Michel Lapin, ce sont des démarches politiciennes qui visent uniquement à manipuler la population à des fins autres que celles indiquées. Par cette intervention, le pouvoir en place prouve la limite de son sens moral, minimise la dimension de la crise, et l’ampleur qu’elle peut prendre dans les prochains jours.

Evens REGIS



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