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Le pouvoir fait tout pour imposer la carte Dermalog

Le pouvoir fait tout pour imposer la carte Dermalog








Suspectée d’être le fruit d’une vaste opération de corruption, la nouvelle carte d’identité fabriquée par la compagnie allemande Dermalog est de retour dans l’actualité en Haïti. La dernière décision controversée de la Banque de la République d’Haïti (BRH) d’autoriser la circulation des deux cartes d’identité en Haïti vient remettre les débats autour de cette situation au centre de l’actualité.

Pour la fabrication de cette carte, l’État haïtien avait signé un contrat avec la compagnie allemande Dermalog. Les irrégularités enregistrées dans le contrat et la confection de ces cartes avaient motivé la Commission éthique et anti-corruption à mener une enquête approfondie sur le dossier. Et c’est à ce moment que des dirigeants de l’Office d’identification nationale (ONI) ont été interrogés au Sénat, et le nom de la Premiere dame, Martine Moïse, qui n’a ni titre ni compétence pour engager l’État et négocier en son nom, a été citée comme cerveau principal de cette opération.

Le contrat a été signé pour un montant d’environ 27 millions de dollars. Et au moins deux millions de dollars ont été détournés. Ces révélations ont été faites suite à l’enquête menée par la Commission éthique et anticorruption du Sénat de la République. Ce fonds a été transféré via une banque intermédiaire de New –York, et transité par une autre banque en Afrique du Sud, si l’on en croit les déclarations du sénateur Youri Latortue. Le ministère des Finances avait refusé de participer à l’enquête. La Banque Nationale de crédit (BNC) avait quant à elle confirmé le transfert du fonds, mais non sa traçabilité.

Ce contrat a été passé sous l’influence de Martine Moïse entre l’État haïtien et la firme Dermalog dans les conditions les plus douteuses, sans respect des normes de passations de marché public, sans l’aval de la Commission nationale des marchés publics (CNMP) ni la signature de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). Plusieurs millions de dollars ont été transférés à la compagnie sans aucun rapport ni travail fourni. Et depuis l’éclatement de ce scandale, le pouvoir essaie toutes les stratégies pour empêcher que la justice se saisisse de ce dossier.

Dans moins d’un mois de l’éclatement du scandale, les travaux de production de carte d’identité ont été démarrés. Et depuis, plusieurs millions de cartes produites par Dermalog sont en circulation sur le territoire national, mais jusque-là inutile puisque cette carte n’a jamais été admise dans les institutions pour des transactions financières ou autres transactions de très grande importance. Ce qui était synonyme d’échec pour le pouvoir qui, face à cette situation inconfortable, a pris une décision d’autoriser la circulation et l’acceptation de cette nouvelle carte pour toute transaction sur le territoire national.

À présent, deux cartes d’identité sont en circulation dans le pays. L’ancienne carte contient des informations différentes de la nouvelle. Et toutes les démarches ou transactions ont toutes été effectuées dans le passé avec l’ancienne carte qui comporte un numéro d’identité nationale différente de celui de la nouvelle carte. Une situation pareille est inacceptable, selon le président de la Commission éthique et anti-corruption du Sénat qui dénonce déjà cette décision.

Selon le sénateur, la carte Dermalog ne correspond pas aux critères fixés par la loi. Pour cela, le sénateur, dans une correspondance adressée au président du Sénat, Carl Murat Cantave, demande à ce dernier de rappeler au conseil de la BRH l’obligation qui est faite de se conformer au décret loi du premier juin 2005 sur l’identité nationale. Pour rappel, le sénateur a indiqué que seule la première carte d’identification correspond aux critères fixés par la législation haïtienne, spécifiée dans le décret-loi de juin 2005. « Et tant que le décret-loi n’a pas été modifié, la BRH ne saurait valider une autre carte sur le territoire national », indique-t-il.

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