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Le pouvoir s’obstine, la rue insiste

Le pouvoir s’obstine, la rue insiste



Seize mois depuis que Jovenel Moise fait face à une résistance populaire d’envergure. En dépit du fait que l’insurrection populaire fait boule de neige, il continue à s’obstiner. Pour la première fois dans l’intervalle, la population parvient à cumuler quatre semaines de mobilisations dans le pays. Une constance sans précédent dans l’histoire démocratique du pays.


Jovenel Moise est en train de perdre la confiance de la majorité des secteurs vitaux de la nation. Déjà en déficit de légitimité, le locataire du Palais national, en moins d’un an, a perdu le soutien de plusieurs de ses alliés importants venant grossir le rang de l’opposition qui jusqu’au mois de juillet 2019 n’a représenté aucun danger important pour son mandat. Obstiné à ne rien concéder et s’appuyant sur un support de l’international, il attire finalement sur lui la foudre populaire. Malgré tout cela, il ne compte pas abdiquer. Pas avant que cette insurrection populaire ait asphyxié ce pays.

Le mouvement anti Jovenel prend des proportions inquiétantes ces derniers jours. Si au niveau de la participation, la mobilisation prouve toute sa légitimité, il n’en est pas de même pour la tournure que prennent ces protestations. Dans certaines villes de province, un peu moins dans la capitale, les manifestants n’ont aucune gêne à manifester tout en étant munis d’armes à feu, d’armes blanches, machettes, pierres, bouteilles, entre autres. Ajoutées à cela, les exactions commises contre des entreprises privées, des domiciles privés, des institutions publiques, de violentes pressions exercées à l’endroit des vendeurs du commerce informel et des rançonnements à répétition.

En dépit de ces faits conjugués à l’impuissance de l’État, le chef de la nation clame encore sa légitimité en appelant au dialogue tous les acteurs, au mépris total de la conjoncture teintée de misères, de violences, de mauvaises gouvernances, entre autres. Acerbes, les opposants veulent en finir pour de bons avec le régime en organisant des manifestations de plus en plus violentes à travers le pays. Après quatre semaines perdues, la population semble trouver le rythme adéquat. Dans certaines grandes villes du pays, les manifestations connaissent dorénavant deux vacations. Et la population, de son côté, semble ignorer son quotidien pour mettre le cap définitivement sur le départ du chef de l’État. Et la population de son côté semble ignorer son quotidien pour mettre le cap définitivement sur le départ du chef de l’État. Quant aux futures journées de mobilisation, personne ne sait comment cela va se passer. Déjà, l’on commence à recenser, certains affrontements isolés entre groupes de manifestants.

Ayant vécu successivement des situations inhumaines inacceptables (cherté de la vie, rareté de carburant, hausse spontanée du prix des produits pétroliers, l’affaire Petrocaribe) au courant ces deux dernières années, la population a finalement décidé de faire corps à l’opposition politique incapable de charrier la revendication des masses et en profiter pour faire fructifier sa bataille. Ne jurant que par la démission du dauphin de Michel Joseph Martelly, la population entend rester dans les rues jusqu’à la satisfaction de sa volonté. Elle n’écarte pas non plus l’idée de demeurer vigilante même après le départ de Jovenel Moise du pouvoir.

Daniel Sévère




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