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Le président du Sénat fait une radiographie des échecs de la classe politique et suggère un sursaut patriotique

Le président du Sénat fait une radiographie des échecs de la classe politique et suggère un sursaut patriotique








Dans un message d’adresse à la nation publié le mardi 8 octobre, le président du Sénat, Carl Murat Cantave, relève l’échec patent de toutes les autorités du pays. Malgré tout, il recommande vivement au président Jovenel Moise de prendre les dispositions pour entamer tout de suite et sans dilatoire le dialogue dans lequel il a incessamment engagé la communauté nationale et internationale.

« Les acteurs doivent déposer leurs armes pour s’asseoir, discuter, négocier et s’entendre sur la direction à donner au pays pour les 25 années à venir à travers un pacte formel de cohabitation basé exclusivement sur les intérêts du pays et de la collectivité haïtienne », indique le président du Sénat en affirmant que, aujourd’hui, nous n’allons pas par quatre chemins, le dialogue constitue l’unique et la seule planche de salut pour la résolution des maux du pays. Ainsi, dans ce message adressé à la nation de plus d’une vingtaine de minutes, publié le mardi 8 octobre, Carl Murat Cantave recommande vivement au chef de l’État de prendre les dispositions pour entamer tout de suite et sans dilatoire le dialogue dans lequel il a incessamment engagé la communauté nationale et internationale depuis plus de six mois avec les pré requis qui s’imposent aujourd’hui, vu le pourrissement de la crise. Il demande au président Jovenel Moise, aux parlementaires, aux juges de la Cour de cassation, aux membres de la Cour des comptes et tous ceux qui ont le monopole de mettre leurs mandats sur la table de négociation. « Il faut un compromis », précise-t-il.

Selon Carl Murat Cantave, il y a quelque part quelque chose qui fonctionne mal, forcément il y a quelque part un malaise où l’on ne doit pas continuer à se bander les yeux. « Le malaise social, politique et économique est proéminent. Il fait des vagues répétées, il produit des flambées récurrentes, il déstabilise toutes les composantes de l’État haïtien dans leur productivité et dans leur rendement. Il faut s’arrêter un tantinet pour aplanir les aspérités qui y sont liées », a fait remarquer l’élu de l’Artibonite. Pour lui, le pays, assis aujourd’hui sur un baril de poudre (à canon), est au bord de l’explosion.

L’échec patent de la classe politique, avoué par Dr Cantave

Au cours de son discours, Dr Cantave a utilisé, dans un premier temps, des formules de liturgie chrétienne pour traduire l’échec de sa génération. « Nous avons tous péché, nous avons péché en pensée, en parole, par action et par omission. Que celui qui n’a jamais péché contre ce peuple jette la première pierre sur son voisin en le regardant fixement dans les yeux », a susurré le deuxième personnage de la République. Il s’en prend à ceux qui veulent passer pour des saints afin de manœuvrer le peuple. « N’utilisons pas l’amnésie naïve du peuple haïtien pour nous dédouaner des torts que nous lui avons tous fait. Remarquons de préférence que tous les grands pécheurs d’hier se sont transformés en donneurs de leçon et en accusateurs aujourd’hui et le cycle recommencera à chaque fois et c’est le peuple qui en paiera le pot cassé », s’insurge-t-il contre les acteurs de sa génération.

Si bon nombre d’entre eux, hier encore, étaient aux commandes, bon nombre d’entre eux aussi, hier encore, avaient le pilotage du navire, plusieurs d’entre eux ont encore aujourd’hui la conduite de la nacelle, selon le président du Sénat. Sans langue de bois, Carl Murat Cantave a qualifié d’incompétents, de nuls, d’hypocrites, d’égoïstes, de coursiers, les acteurs politiques. En dépit de tout, il a fait savoir qu’ils ont chacun leur presse érigée en tribunal pour les blanchir.

« Fòk li gen yon bagay ki fèt », lache Dr Cantave

Suivant l’élu de l’Artibonite, le peuple a faim, il n’a plus besoin de vaines paroles ; il s’attend à ce qu’on lui tende la main ; le peuple est épuisé, le peuple est essoufflé, il a la nécessité d’un bon lit d’hôpital pour se reposer. Il n’a point besoin d’être manipulé par des politiciens qui, dans ce camp ou dans l’autre, le mobilisent à des fins personnelles.

Face à l’évidence de la gravité de la situation actuelle de la population, le président du Sénat croit que le peuple a le droit de manifester, d’exprimer ses frustrations. Toutefois, il met en garde contre les actes de violence qui peuvent déboucher à une guerre civile, selon lui.

La situation est grave. Carl Murat Cantave appelle ses collègues sénateurs à apporter un peu d’oxygène à la population haïtienne. « Si étant serviteurs proclamés du peuple nous nous érigeons en ses bourreaux, si étant mandataires du peuple nous faisons défection face à notre devoir de l’accompagner, si étant codépositaires de la souveraineté nationale nous nous faisons complices de sa souffrance, si étant gardiens de ses intérêts on s’en fait les ravisseurs, alors, il sera juste que le peuple se rebelle et nous décoiffe de son onction ; il sera juste que le peuple se ravise par rapport au mandat, à nous, confier, il sera compréhensible qu’il s’insurge et nous dépossède de notre divinité en nous bannissant à jamais de ce lieu sacré qu’est le Sénat », souligne le président du grand Corps.

Woovins St Phard



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