S'identifier Contact Avis
 
23.12° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
La véritable crise

La véritable crise








Dans un tweet, l’économiste Etzer Émile a attiré l’attention sur ce qui devrait être considéré, selon lui, comme la véritable crise en Haïti ces derniers temps. Pour l’économiste, la vraie crise est loin d’être ce qu’on est en train d’observer sur le terrain actuellement, mais de préférence ce suicide collectif que nous avons tous choisi.

De manière consciente ou inconsciente, les Haïtiens ont choisi la route du suicide collectif, d’après l’économiste qui refuse de considérer la bataille entre le pouvoir et l’opposition comme la véritable crise que traverse le pays. Chaque jour, des entreprises ferment leurs portes. « Des milliers de personnes perdent leur emploi, sans oublier ceux et celles qui quittent le pays. Le taux d’intérêt des banques commerciales continuent de grimper. Et des millions de personnes plongent davantage dans la famine ». C’est en effet l’explication fournie par l’économiste pour défendre son hypothèse.

Il est vrai que le spécialiste n’a pas pris du temps pour donner des chiffres, mais le constat reste tout de même réel ; ce que la population haïtienne est en train de vivre ces derniers temps est plus coriace qu’une simple lutte de pouvoir entre l’opposition et l’équipe qui dirige le pays actuellement. Il y a de cela quelques semaines, plusieurs propriétaires d’entreprises avaient annoncé une suspension des activités jusqu’à un retour au calme dans le pays. D’autres entreprises sont fermées sans toutefois l’annoncer. Ce qui explique que des milliers de personnes travaillant au sein de ces entreprises sont maintenant au chômage.

Mais ce n’est pas tout. La réalité est encore plus complexe quand on sait que des planteurs et petits commerçants qui vivent de façon journalière sont maintenant obligés, depuis plus d’un mois, de stopper leur activité. Un mois depuis que le pays est fermé, et c’est aussi un mois depuis que les paysans sont en train d’enregistrer d’énormes pertes dans leurs activités commerciales. Déjà, ils fonctionnaient sans aucune garantie de la part de l’État haïtien, leurs petites entreprises agricoles ne sont pas assurées, ils n’ont pas les matériels nécessaires pouvant servir à conserver les produits. Les paysans sont forcés de stopper leur activité.

En conséquence, déficit et augmentation du taux de précarité dans les zones où les individus vivent au moyen de l’agriculture. Le pays entier est sous la menace d’une crise alimentaire, mais le département de l’Artibonite, bastion de la production du riz, l’est encore plus en raison d’une diminution considérable des activités agricoles dans la zone. D’autant plus que plusieurs localités au niveau de ce département fonctionnent selon les lois imposées par les gangs armés. Cette situation risque de perdurer. La démission de Jovenel Moise, réclamée par la majorité de la population haïtienne, est loin d’être la solution idéale.

Déjà en crise depuis la récente décision des États-Unis de placer Haïti au niveau 4 de la carte touristique mondiale, les entrepreneurs du secteur touristique sont plongés dans le désespoir. Le nombre de visites a diminué de manière considérable dans les hôtels en Haïti. Au niveau de la côte Sud, la situation est encore plus alarmante avec l’augmentation de l’insécurité dans la 3e circonscription de Port-au-Prince. Les chiffres présentés par l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Ronald G. Décembre, en juin dernier, en disent long sur le fait que la véritable crise qui menace Haïti est plus économique que politique.

L’inflation est à présent à plus de 19 %, aggravée par une décote de la gourde de l’ordre de 24, 3 % sur l’exercice. On a aujourd’hui besoin au moins 94 gourdes pour un dollar américain. Les investissements réalisés à partir du Trésor public, à cause des troubles politiques, ont baissé de 61,5 %, sans oublier que l’État a des créances qu’il a du mal à rembourser. La douane du pays ne fonctionne pas. La DGI ne collecte pas d’impôts en ce moment, en raison de la crise sociopolitique. Par conséquent, dans l’état actuel des choses, le pays fait face à un risque de volatilité monétaire et d’inflation accélérée, voire d’hyperinflation due à l’incapacité croissante du gouvernement de faire bouger l’économie et de générer les recettes pour faire face à ses dépenses.

Evens REGIS



Articles connexes


Afficher plus [5958]