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Les défis que connait Haïti ne justifient plus une présence du maintien de la paix de l’ONU

Les défis que connait Haïti ne justifient plus une présence du maintien de la paix de l’ONU



Dans un entretien accordé à ONU Info, le chef des opérations de paix des Nations Unies fait le bilan de 15 ans de présence du maintien de la paix en Haïti où l’ONU a reconfiguré sa présence sous la forme d’une mission politique spéciale.

En Haïti, les Nations Unies ont refermé la page de 15 ans de présence du maintien de la paix. Le 16 octobre 2019, la Mission des Nations Unies d’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) a cédé sa place au Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Cette mission politique spéciale de l’ONU sera dirigée par l’Américaine Helen La Lime et dispose d’un mandat initial d’un an. Le BINUH sera chargé notamment de conseiller le gouvernement haïtien sur les moyens de promouvoir et de renforcer la stabilité et la bonne gouvernance - y compris l’Etat de droit.

Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, revient sur la transition entre opération de paix et mission politique en Haïti, sur le bilan de quinze ans de présence de maintien de la paix dans le pays.

Quel bilan tirez-vous de la présence du maintien de la paix de l’ONU en Haïti ces 15 dernières années ?

L’ONU ferme cette phase de maintien de la paix, mais l’ONU ne quitte pas Haïti. Il y a encore, comme on le voit aujourd’hui, beaucoup de défis à relever dans ce pays.

Mais il ne faut pas oublier la situation dans laquelle Haïti se trouvait en 2004 avec des violences à grande échelle et une très grande désorganisation.

Aujourd’hui, dans le domaine de la formation de la police, il y a eu des résultats importants puisqu’il y a une Police nationale haïtienne qui réussit à remplir ses fonctions de maintien de l’ordre, même s’il y a encore quelques progrès qui sont nécessaires. Il y a eu également des progrès qui ont été faits s’agissant de la protection des droits de l’homme et du renforcement des institutions judiciaires, là encore avec beaucoup à faire.

J’ai un exemple qui est pertinent. Nous avons travaillé sur ce problème de surpopulation carcérale avec une proportion de personnes détenues sans jugement qui a pu baisser même si elle reste encore très importante.

Donc il y a des résultats, mais clairement la poursuite d’un effort intégré est nécessaire et c’est la raison pour laquelle les Nations Unies vont rester sous une autre forme avec ce Bureau intégré (BINUH) et aussi la présence des agences qui continueront le travail humanitaire et de développement.

Au regard de la situation politique difficile que traverse actuellement Haïti, était-ce le bon moment pour la MINUJUSTH de se retirer ?

Les défis qui existent toujours en Haïti ne sont pas des défis qui justifient aujourd’hui une présence de type maintien de la paix comme cela avait été le cas avec la MINUSTAH (première opération de maintien de la paix en Haïti entre 2004 et 2017) avec des unités militaires et de police en grand nombre.

Haïti a une police nationale dont les effectifs sont passés d’environ 2.000 policiers en 2004 à 15.000 aujourd’hui. Cette police a les moyens de faire son travail. Il faut l’aider. Il faut la renforcer.

Mais aujourd’hui, le travail qui doit être poursuivi est à la fois celui du soutien au règlement des questions politiques, le renforcement continu des capacités de l’Etat et aussi un travail de fond sur les problèmes de développement et humanitaire que connaît Haïti.

On a beaucoup parlé des problèmes du choléra et de l’exploitation et des abus sexuels en lien avec le maintien de la paix en Haïti. Comment évaluez-vous la manière dont l’ONU a traité ces problèmes ?

Il est vrai que cela constitue l’aspect négatif qu’il ne faut pas cacher de la présence de ces opérations en Haïti.

Même si sur les abus sexuels, il faut souligner que c’était le fait d’une toute petite minorité de soldats, de policiers ou de civils. Mais cela nécessite évidemment une action très résolue et dans ce contexte il y a eu des initiatives très fortes du Secrétaire général pour lutter contre les abus sexuels non seulement dans le maintien de la paix mais aussi de manière générale dans le système des Nations Unies.

Aujourd’hui en Haïti, comme dans d’autres pays où il y a une présence des Nations Unies, il y a à la fois la présence d’un défenseur des victimes qui est là pour défendre les victimes et aussi un engagement de la part des Nations Unies à continuer à travailler pour non seulement aider les victimes mais également travailler sur les cas de paternité. Bien sûr, la présence reconfigurée des Nations Unies dans ce pays devra aussi se soumettre à l’application d’une politique de tolérance zéro.

En ce qui concerne le choléra, beaucoup a été fait pour aider Haïti à atténuer, peu à peu, l’impact et faire reculer l’épidémie et des efforts ont également été faits pour porter assistance aux communautés affectées.

Ce sont des efforts qui vont se poursuivre, je l’ai dit au Conseil de sécurité, après le départ de la MINUJUSTH.

Alors que la MINUJUSTH fait place aujourd’hui au BINUH, quel est votre message au peuple et aux acteurs politiques haïtiens ?

Je crois que le bon message c’est de dire d’abord aux Haïtiens, eux-mêmes, de trouver ensemble par un dialogue pacifique et apaisé les voies pour remédier aux problèmes qui caractérisent Haïti.

Mon deuxième message, c’est que la communauté internationale, et certainement les Nations Unies, restent aux côtés d’Haïti. Il y aura la même détermination pour aider ce pays à la fois sur le plan des problèmes politiques mais également pour renforcer les capacités de l’Etat pour aider Haïti dans la voie du développement et aussi pour aider la population haïtienne à faire face aux graves difficultés humanitaires qu’elle connait aujourd’hui.

Je crois qu’il faut aussi appeler la communauté internationale, tous les partenaires d’Haïti, à poursuivre et à renforcer leur aide parce que c’est vraiment un travail collectif que nous devons faire pour aider Haïti.




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