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L’aide alimentaire des Américains va désamorcer la crise", selon le professeur Bleck Desroses

L’aide alimentaire des Américains va désamorcer la crise", selon le professeur Bleck Desroses



Cette crise sociopolitique, occasionnant la paralysie de toutes les activités dans le pays durant ces deux derniers mois, a engendré ce que certains observateurs qualifient de crise humanitaire. Lors de son passage à l’émission « Viv Ayiti » aux micros de Jeff René et de Schneidine Louis, le Professeur Bleck Desroses explique l’intervention américaine en termes d’aide humanitaire pour répondre à cette situation déplorable du pays. « Désormais, Haïti ne peut sortir de cette impasse sans l’aide des pays alliés principalement l’un de ses voisins les plus proches et les plus puissants à savoir les États-Unis ».


Au cours du mois dernier, le ministre des Affaires étrangères Edmond Bocchit s’était adressé à son homologue américain, Mike Pompeo pour solliciter une aide alimentaire d’urgence et un soutien logistique pour sa distribution. D’après le professeur d’université, cette demande du gouvernement haïtien est justifiée vu ce contexte politique et humanitaire dans lequel le pays est plongé. 35 % de la population, soit plus de 3 millions d’Haïtiens sont aujourd’hui en situation de catastrophe alimentaire, suivant ses chiffres.



Par rapport au coup d’envoi donné par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) pour la distribution de 2 000 tonnes de rations alimentaires (riz, pois vert et huile de cuisson) par le Programme alimentaire mondial, Bleck Desroses sous-entend que cette aide revêt d’une dimension politique. La stratégie de « lockdown » utilisée par les membres de l’opposition pour asphyxier le pouvoir en place afin de le renverser sera caduque. Il s’explique pour dire qu’il faudrait un déblocage total des rues pour faciliter la distribution de cette aide dans tous les coins du pays, à savoir les milieux ruraux ainsi que les zones défavorisées. Ce qui va permettre au président de la République Jovenel Moïse, à certains égards, de désamorcer cette crise mettant à genoux le pays dans tous ses compartiments. Une situation défavorable à l’opposition et favorable au pouvoir en place.



S’appuyant sur la théorie réaliste qui stipule que les intérêts sont au cœur des relations internationales, le professeur d’histoire et de géopolitique attire l’attention sur le fait qu’il n’existe pas de cadeaux dans les relations internationales. « Tout se fait sur la base donnant-donnant même quand il prend la forme d’aide humanitaire », lance-t-il. Selon lui, Haïti est un pion assez important pour les États-Unis à cause de sa position géographique. L’île d’Haïti étant située au centre de la Caraïbe, donc, avoir un contrôle de cette île serait d’une importance géostratégique pour le géant américain. Avec la fameuse doctrine de James Monroe en 1823 « L’Amérique aux Américains ».

La République d’Haïti est l’un des pays de la zone ne contestant pas la position hégémonique américaine. D’ailleurs, le professeur continue pour expliquer que la preuve est grande avec le vote d’Haïti à l’Organisation des États américains (OEA), d’une résolution qui ne reconnait pas le second mandat du président Nicolas Maduro à la tête de la République bolivarienne. « Jovenel Moïse rentre dans le réseau des chefs d’État soutenant la politique américaine dans la zone », souligne Desroses.

Dans le but de consolider leur relation, les États-Unis ne sauraient intervenir en faveur d’un allié pareil en cette période de crise. Le communicateur social continue pour dire que la première puissance économique mondiale craint énormément qu’un changement de gouvernement en Haïti puisse engendrer un nouveau paradigme dans la politique étrangère haïtienne. D’où, un soutien inaliénable au pouvoir en place. Ce qui justifie les raisonnements du géographe français Alain Musset dans son livre « Amérique centrale et les Antilles : une approche géographique » autour des raisons de l’intervention des Américains dans la région. En premier lieu, pour renverser un gouvernement hostile à leur politique étrangère et en second lieu pour protéger un gouvernement client.

Schneidine Louis




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