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« Une intervention militaire américaine en Haïti n’est pas envisageable », selon Raldy Charles et Buder Brillant

« Une intervention militaire américaine en Haïti n’est pas envisageable », selon Raldy Charles et Buder Brillant



Dans le cadre de l’opération « Promesse durable (Enduring Promise) » de la Marine des États-Unis, le navire-hôpital USNS Comfort est arrivé le 4 novembre 2019 dans la base de la Marine haïtienne située à Bizoton au niveau de la commune de Carrefour située à l’ouest du pays. Cette visite du navire de médecins militaires soulève des soupçons d’une intervention militaire américaine dans le pays vu le contexte sociopolitique actuel. Dans leur intervention à l’émission Viv Ayiti aux micros de Jeff René et de Schneidine Louis, ce mercredi 6 novembre 2019, deux spécialistes en relations internationales, Raldy Charles et Buder Brillant font le point sur cette inquiétude qui règne au sein de la population.

Pour la cinquième fois, les équipes médicales d’USNS Comfort viennent fournir une variété de services médicaux à des adultes et à des enfants en Haïti pour une période de 10 jours allant du 4 au 13 novembre 2019. Cependant, l’opinion publique croit fermement que ce n’est qu’une intervention américaine. Selon Raldy Charles, cette perception d’intervention s’intensifie avec la présence des éléments de la Garde côtière américaine du « USCGC Kathleen Moore » et du bateau de l’USCGC Margaret Norvell pour assurer la sécurité du navire. D’après lui, la présence de La Garde côtière américaine est évidente en raison du fait que le pays est en pleine crise. « Une attaque du navire à n’importe quel moment est probable », souligne-t-il. Pour Buder Brillant, l’accostage du navire-hôpital dans les eaux haïtiennes n’a rien à voir avec ce qu’on qualifie d’intervention militaire. Car selon lui, les critères pour parler d’intervention militaire ne sont pas réunis. Par exemple, on ne voit pas de déploiement de troupes américaines, ni la présence des moyens logistiques, à savoir les chars, les hélicoptères, les engins de guerre.

D’un autre côté, pour comprendre cette panique collective des Haïtiens, il faudrait remonter à l’occupation américaine (1915-1934) ayant laissé des goûts amers pour le pays, mais surtout à cette date butoir qu’est le 1er novembre 1919 marquant la mort de Charlemagne Péralte, l’un des héros de la lutte contre cette occupation, soit 100 ans après. Les Haïtiens craignent la répétition de l’histoire. Vu la situation d’instabilité politique du pays qui s’est aggravée durant ces deux dernières années.

Selon Brillant et Charles, une intervention militaire américaine en Haïti n’est pas envisageable. Ils s’expliquent pour dire que la tendance isolationniste du président américain Donald Trump, depuis sa montée au pouvoir, c’est-à-dire orienter la politique étrangère des États-Unis vers une intervention militaire minimale dans les affaires du monde, confirme la non-possibilité d’une invasion américaine. Ils continuent pour montrer qu’un déploiement des troupes américaines sur le sol haïtien ne s’inscrit pas dans la priorité des Américains en ce moment. Car d’importants dossiers brûlent à l’intérieur de leur pays. Il s’agit de la procédure de destitution de Donald Trump lancée par la Chambre des représentants et l’élection présidentielle pour novembre 2020.

Les spécialistes en relations internationales ne manquent pas d’attirer l’attention sur une opportunité qui s’ouvre au président de la République, Jovenel Moïse, suite à l’arrivée de ce navire-hôpital. Ils avancent que les éléments de la Garde américaine assurant la sécurité du navire envoient un message qu’une possible intervention militaire plane au-dessus d’Haïti. D’après eux, craignant cette intervention à proprement parler, les opposants au pouvoir pourraient entamer le processus de dialogue qu’il refuse depuis tantôt. Donc, Jovenel Moïse sera en mesure de refaire surface grâce à ce signe des Américains qui pourrait être qualifié de soutien.

Par ailleurs, Raldy Charles et Buder Brillant projettent une possibilité qui pourrait permettre de parler d’ingérence humanitaire en Haïti. Par le biais du droit international contemporain, les États étrangers ont la capacité de faire une ingérence humanitaire dans le pays. C’est le cas du coup d’envoi donné par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) pour la distribution de 2 000 tonnes de produits alimentaires (riz, pois vert et huile de cuisson) par le Programme alimentaire mondial. Selon eux, cette aide humanitaire soutiendrait de manière conjoncturelle le pays. Mais ce qui serait le mieux pour Haïti, c’est une coopération où des prêts sont accordés pour des investissements dans de nombreux domaines. D’où une définition claire de la politique étrangère d’Haïti axée sur ses intérêts.

Schneidine Louis




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