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Gonaïves : le marché est délocalisé à carrefour Bassin

Gonaïves : le marché est délocalisé à carrefour Bassin



Le mouvement antigouvernemental, dans la cité de l’Indépendance depuis plusieurs mois, ne manque pas de modifier le comportement de la population. Là où certains essaient de s’adapter à la situation, d’autres, au contraire, tentent par tous les moyens de la contourner. Ainsi, le nouveau marché de carrefour Bassin (Gattreau 20) est né à vitesse éclair. Nouveau marché, nouveau risque comme c’est toujours le cas en pareille circonstance. Ce marché de secours, non conventionnel, s’établit peu à peu dans la rue et pourra s’agrandir davantage à mesure que la situation reste tendue au Centre-ville.


Depuis quelques années, les trottoirs dans certaines zones dans la ville des Gonaïves s’éloignent de plus en plus de leur vocation originelle. Celui de servir tremplin pour le passage des piétons. De Bigot au Centre-ville, ils servent à étaler toutes sortes de marchandises importées (vêtements, matériels électroniques, ménagers et mécaniques) et locales (des fruits et d’autres produits comestibles et cosmétiques). Une pratique qui oblige la plupart du temps les piétons à marcher au milieu de la route réservée aux véhicules. Des points de vente avec lesquels la plupart des gens finissent par s’adapter sans poser de question. Mais, le petit marché qui se développe sur le trottoir occupant une bonne partie de la route nationale à carrefour Bassin, de par son volume et sa propension à s’agrandir, représente un réel danger pour tout le monde.

Plusieurs marchands et acheteurs ont donné leurs avis au journal. Renault Jean Noël (vendeur de chaussures), qui est le premier à s’installer dans la zone, nous raconte qu’il est là depuis les évènements de 2004 quand il a laissé le marché Topa sous la pression des coups de feu. « Pas pour longtemps, j’étais le seul marchand qui était installé ici ». C’est au cours de ces événements que ces gens arrivent en grand nombre. Je leur ai toujours dit que le trottoir ne doit pas être occupé avec des marchandises et voilà que maintenant la situation dégénère. Ils avancent même dans la rue. Parfois, les voitures arrivent, mais ne peuvent stationner. La seule solution se trouve dans le fait que la situation se calme et que la Mairie arrive à prendre des décisions pour les déplacer vers le marché communal », explique-t-il.

« Je vends ici depuis vendredi, des gens tiraient aux alentours du commissariat. C’est pourquoi je viens ici. Puisqu’on n’a pas d’autres endroits où aller, on reste là. Si la vente est bonne, on est content, dans le cas contraire, on se résigne. Malgré tout, on se sent plus en sécurité ici. Car, au Centre-ville, ils nous lancent des pierres et des tessons de bouteilles », a expliqué Resemane, une marchande de produits potagers.

« J’habite dans la zone, avant je vendais à côté de la BNC. Par rapport à la situation, je viens ici pour étaler mes marchandises. Je vais rester définitivement ici, je n’ai aucune raison de retourner au Centre-ville. Nous sommes prêts à déplacer, à condition que les autorités nous offrent un marché dans la zone. Beaucoup de gens s’installent dans la rue. Ils sont obligés de le faire parce que : d’un côté les produits se décomposent et de l’autre ils ont des prêts bancaires à rembourser. Ils sont obligés de venir ici pour se débrouiller », a fait savoir Cétoute Garine, une autre marchande.

« Le marché, bien qu’il n’a pas encore tout ce dont on a besoin, est une bonne chose. On peut à n’importe moment venir faire ses courses sans prendre le risque d’aller au Centre-ville », a martelé une acheteuse.

Ce nouveau marché, en dépit du fait qu’il soit une forme de résistance et de survie, présente un réel danger que les autorités doivent par tous les moyens éviter.

Lesly Succès




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