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L’opposition et le dilemme du quota de 30 % de femmes

L’opposition et le dilemme du quota de 30 % de femmes



Les 6 et 7 juillet 2018, des femmes et des hommes ont gagné la rue pour exprimer leur mécontentement à la décision du Gouvernement haïtien d’aggraver leur misère en augmentant le prix du carburant. Ce soulèvement a provoqué des protestations en boucle, non seulement contre la décision gouvernementale, mais surtout contre le président de la République. Les petrochallengers, hommes et femmes, exigent le procès Petrocaribe. Dans toutes les manifestations contre la corruption et antigouvernementales, lorsque les opposants traversent des kilomètres et se heurtent aux dispositifs de sécurité des forces de l’ordre, la présence des femmes est remarquée, même dans les nuées provoquées par les grenades lacrymogènes. Mais quand il s’agit de les mettre dans une commission ou à un poste de décision, des citoyens déplorent que même l’opposition ait du mal à prendre position.


« Pourquoi les femmes sont-elles absentes aux conférences de presse de l’aile dure de l’opposition haïtienne ? », se questionnent des citoyens, ainsi que des membres de la Fondation Katapausis, institution haïtienne accordant une grande importance aux jeunes, principalement à l’avancement des femmes. Ce sont toujours les hommes qui sont fièrement assis, qui « portent les revendications du peuple », qui parlent au nom de la « population ». Où sont les femmes ? Pourquoi sont-elles si rares, tandis qu’elles représentent la grande majorité de la population ? L’Opposition serait-elle une affaire masculine ? Aux yeux de certains penseurs voulant garder l’anonymat, des politiques agissent comme s’il n’existe pas vraiment de femme dans l’opposition. Même les épouses des opposants ne les accompagnent pas dans la lutte. Voudraient-ils donner raison aux phallocrates qui croient que les femmes ne sont pas assez instruites pour faire de la politique ou assez naïves pour être dans des postes de décision ?

Les luttes contre le régime en place ont conduit à la création de la fameuse commission de passation de pouvoir. C’est une structure établie par l’opposition radicale, au début du dernier trimestre de 2019, dans le but de « planifier le départ du président Jovenel Moïse et d’assurer la mise en place pour le gouvernement de transition ». Elle est composée de neuf membres : Me Gervais Charles, Himmler Rébu, Hugues Célestin, Antoine Augustin, Michel Legros, Gary Victor, le père Michel Frantz Grandoit, Antoinette Duclair, Claire Lydie Parent. Les sept premiers sont des hommes. Les deux femmes ont été choisies plus tard à la suite de nombreuses critiques amères contre ces partis de l’opposition. Dans cette veine, les femmes représentent moins de 23 % des membres de la commission, tandis que le quota constitutionnel est fixé à 30 %.

Dans les termes de référence de ladite commission, les membres devraient établir une liste de trois noms de juges de la Cour de cassation. Selon les membres de l’opposition radicale, l’un de ces juges sera choisi et installé au Palais national comme président provisoire de la République. Ce président sera accompagné d’un Premier ministre issu de l’opposition plurielle, a révélé le sénateur Ricard Pierre au micro de la presse. Les trois noms révélés à la population, aux journalistes en particulier, sont : René Sylvestre, Joseph Mécène Jean Louis et Ivikel Dabrésil. Encore trois hommes. 100 % masculin. Cependant, hormis ces trois, les membres de la Cour de cassation sont les suivants : Me Jean-Claude Théogène, Vice-président, Me Barthélemy Anténor, Me Sténio Bellevue, Me Jean Joseph Lebrun, Me Jules Cantave, Me Franzi Philémon, Me Louis Pressoir Jean-Pierr, Me Wendelle Coq Thélot, Me Kesnel Michel Thémezi. Les femmes représentent 10 % des juges de cette Cour. Cependant, Me Wendelle Coq Thélot, l’unique femme de la Cour, est présentée par divers citoyens, comme une personne honnête. Si le président de la République, Jovenel Moïse, a permis à cette importance instance judiciaire de se doter de 10 % de femme, l’opposition radicale a raté l’occasion de respecter le quota constitutionnel de 30 %. En ce sens, au cas où le chef de l’État démissionnerait, il n’y a aucune chance pour qu’une femme puisse prendre les rênes du pouvoir, même par intérim. Aurait-on peur de répéter l’histoire de la juge Ertha Pascal-Trouillot ?

En tout cas, il faut souligner que, dans toutes les luttes politiques en Haïti, il est remarqué une velléité chez les politiques d’écarter la gent féminine. Une situation déplorée par bien des organisations sociales, surtout la Fondation Katapausis dirigée actuellement par plus de 80 % de femmes. Oubliées ou trahies par des politiques, les femmes représentent plus de 52 % de la population haïtienne et demeurent un pilier dans l’économie nationale. En ce sens, tout mouvement en faveur de tous les citoyens haïtiens ou de la majorité ne devrait en aucun cas exclure les femmes, sauf au cas où le mouvement ne serait pas mixte.

Josué Pierre-Paul




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