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Haïti sort temporairement du coma, mais demeure sous respiration artificielle

Haïti sort temporairement du coma, mais demeure sous respiration artificielle



La situation de totale paralysie qui a régné sur le pays, de longues semaines durant, a connu une certaine amélioration depuis trois jours. Les manifestations monstres et les barricades multiformes se font de moins en moins remarquer dans les différentes artères. Sceptiques, les gens reprennent timidement leurs activités. Les hommes politiques ont la tête ailleurs pour l’heure, cependant, les frustrations populaires et les revendications de toutes sortes sont loin d’être évacuées. La peur persiste, la rue ne garantit rien encore, sinon, le visage d’une bombe à retardement.

Le chef de l’État peut finalement dormir tranquillement après deux mois de vives tensions. Il n’a plus à craindre un mouvement de protestation à l’ampleur de la première marche des artistes ou de celle qui visait son domicile privé à Pélerin. Au cours de cette semaine, le pays connaît une accalmie. Un répit temporaire qui fait les délices de la population qui, cependant, reste toujours sceptique, vu l’ampleur de la crise. Anxieux, les gens vaquent à leurs occupations tout en ayant conscience de tous les risques qu’ils encourent.

Les protestations se font de moins en moins rares. Les manifestations de rues connaissent une baisse remarquable. Dans certaines zones, les barricades font place à la libre circulation. Le transport en commun, même au ralenti, reprend ses droits. Le commerce fonctionne timidement. Les banques commerciales et l’administration publique, toutes rouvrent à nouveau leurs portes en vue de desservir la population. Les agents de la PNH se font de plus en plus remarquer dans les rues. Sauf, l’école, d’entre toutes les activités interrompues spontanément en septembre dernier, n’a pas pu reprendre son cours.

De façon isolée, on peut recenser certaines manifestations, notamment dans les villes de province. Des barricades sont remarquées sur certaines artères. Des tirs sont même entendus dans certaines zones. Les risques demeurent inchangés et les nerfs sont encore à fleur de peau. La population, prisonnière de plus de deux ans de troubles politiques, continue de vivre la peur dans le ventre avec ses mêmes frustrations et ses interminables déceptions.

Même au niveau des acteurs politiques, les querelles diminuent. La division fait place au compromis. Appelant sans répit à l’occupation des rues, les farouches opposants au pouvoir en place, ont la tête ailleurs , tournée vers les mécanismes à mettre en place pour la transition ? Fort de ce doute, ils parviennent à une entente conjoncturelle et superficielle. Au lieu de la rue et des appels au « dechoukay », ils optent pour la diplomatie, le dialogue et l’entente. Conditions, selon eux, qui doivent être complémentaires à la mobilisation intensive et l’occupation des rues.

En effet, tout porte à croire que la signature de l’accord passé entre les acteurs de l’opposition le weekend écoulé ait une incidence sur ce répit constaté. Mais, en réalité, les hostilités semblent dépasser à la fois le pouvoir ainsi que l’opposition qui profite de la lutte populaire pour finir avec un régime qu’elle redoute. Le pouvoir cherche à se consolider.

L’opposition politique, de son côté, veut s’accaparer du pouvoir, malgré les dissensions internes. En vue d’y parvenir, elle prend à défaut l’incompétence et l’indifférence de l’équipe dirigeante pour amadouer la population qui, en réalité, ne s’engage tête baissée ni pour l’un ni pour l’autre. Elle exige seulement le changement de leur pénible situation. À cet effet, elle se démarque des velléités des deux extrêmes qui visent le conjoncturel. Elle, au contraire, à travers sa bataille, exige un changement structurel.

Daniel Sévère




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