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Edver Serisier

Edver Serisier



La ville des Cayes connait un calme apparent depuis deux semaines. Ce calme est dû à une certaine diminution des mouvements de protestation de rue. Cependant, la résurgence des cas d’enlèvement devient de plus en plus préoccupante.


Déjà un an depuis cet événement malheureux qui a causé la mort et des déplacements de nombreux individus ainsi que des destructions de maisons dans ce quartier populeux, qui est La Saline, situé au cœur de la capitale haïtienne. « Au moins, une trentaine d’individus ont été décédés de façon tragique dans cette opération de groupes armés faisant répression sur des riverains de la zone », d’après ce qu’affirment les organisations des droits humains du pays qui rapportent en même temps que des corps sans vie ont été laissés sur les immondices puis dévorés par des animaux en circulation dans le quartier. Un an après cet événement funeste, la justice du pays n’arrive pas encore à punir les vrais coupables et associés. Les victimes continuent de subir des exactions des groupes armés en prolifération dans le quartier, et dans le pays en général.

Transféré au cabinet d’instruction depuis le mois de janvier 2019, le dossier du « massacre de La Saline » a été confié au juge d’instruction Chavannes Étienne. Le parquet de Port-au-Prince a fait savoir le 23 avril 2019, que quatre-vingt-dix-huit personnes ont été indexées dans ce dossier, plus de quatre-vingts victimes ont été répertoriées et soixante-quatorze plaintes déposées. Cependant seulement seize personnes sont arrêtées et quatorze armes automatiques saisies jusqu’à date. Depuis lors, le dossier marche à pas de tortue dans le cabinet du juge d’instruction Chavannes Étienne qui a émis des interdictions de départ contre les deux épinglés de l’Exécutif, demis de leurs fonctions, il y a environ un mois.

En revanche, au mois d’août de cette année, Fednel Monchéry et Pierre Richard Duplan, respectivement ancien directeur général du MICT et ex-délégué départemental de l’Ouest, ont récusé le juge Étienne. Ils demandent la déportation du juge dans le dossier et son remplacement par un autre. Toutefois, ces deux personnalités indexées comme les auteurs intellectuels dudit « massacre » dans les rapports des organisations des droits humains n’épargnent pas la possibilité de comparaitre devant un autre juge dans le cadre de l’instruction de cette affaire.

Le Collectif des défenseurs des victimes de la Saline dénonce la passivité des autorités étatiques

« Les responsables politiques ont malheureusement démontré leur incapacité à adresser ces violations graves et massives des droits humains. L’État n’a apporté aucune assistance humanitaire aux victimes et n’a pas sécurisé la zone pour permettre la reprise normale des activités dans cette localité. Bien au contraire, il perd chaque jour davantage le contrôle du territoire, laissant les gangs armés semer la terreur », s’insurge le Collectif des défenseurs des victimes de la Saline un an après la perpétration de ces actes portant atteinte aux droits humains. Le Collectif estime que le cycle de violences se renforce et de nouveaux massacres sont opérés impliquant directement des personnalités proches du pouvoir, comme au Bel-Air le 6 novembre dernier, où plus de quinze personnes ont été assassinées.

Par ailleurs, le Collectif prend acte que le système judiciaire haïtien est lock. « Au-delà de la fermeture actuelle du tribunal, la récusation du juge d’instruction par les personnalités politiques visées par la procédure a concrètement bloqué le dossier, dans l’attente d’un positionnement hypothétique de la Cour de cassation » signale-t-il. Cependant, les démarches réalisées par le Collectif des défenseurs des victimes de La Saline auprès de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) ne semblent pas avoir été vaines, puisque suite aux audiences organisées en septembre 2019 à Washington, le directeur général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales Fednel Monchery et le délégué départemental de l’Ouest Richard Duplan ont été contraints de quitter leur poste le 26 septembre 2019.

En attendant que la CIDH se positionne clairement sur ce sujet brulant marqué à la fois par l’urgence et la gravité des violations évoquées pour forcer l’État haïtien à prendre ses responsabilités et à relancer les poursuites contre les coupables de ces actes insupportables, le Collectif souhaite que la lumière soit faite sur ce dossier. Il estime que la crise actuelle dans laquelle est plongé le pays ne peut être appréhendée sans tenir compte de ces massacres opérés au grand jour qui nient fondamentalement les droits de milliers de personnes et mettent en péril la nation tout entière.

Woovins St Phard




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