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Jovenel Moïse fait peu de cas à la démarche de la Passerelle

Jovenel Moïse fait peu de cas à la démarche de la Passerelle



Suite à une série de rencontres, la structure Passerelle a pu réunir, le week-end écoulé, la majorité des partis politiques de l’opposition autour d’une même table. Après deux journées de discussions, une entente a été trouvée concernant la direction à prendre en vue du remplacement de Jovenel Moïse. Il ne reste que la publication du rapport final de travail pour passer à autre chose. Pourtant, Jovenel Moïse fait comme s’il n’était pas au courant, faisant peu de cas de la démarche. Le chef de l’État poursuit ses rencontres en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.


Le travail de la Passerelle est presque achevé, d’après les assurances données par son porte-parole, Lemète Zephyr. Les propositions divergentes des différents secteurs de l’opposition politique ont trouvé finalement un terrain d’entente. Ils attendent tout simplement le rapport final de travail de la Passerelle afin de poursuivre la lutte contre le pouvoir en place. Ils se sont tous engagés sur la voie menant vers la Cour de cassation pour le choix d’un président provisoire. Ils s’entendent aussi sur le fait de choisir un Premier ministre pour former un gouvernement parmi les personnalités les plus crédibles du pays, et aussi donner une feuille de route à ce gouvernement.

Se basant sur cette démarche, on aurait conclu peut-être que les jours du président sont comptés. La Passerelle regroupe la majeure partie de la classe économique et de la société civile qui se sont déjà mises d’accord sur cette démarche visant à remplacer le chef de l’État afin de trouver une issue à cette crise. Les structures politiques signataires de l’entente regroupent non seulement les partis modérés qui, autrefois, étaient partisans d’un dialogue avec le chef de l’État, mais également les partis de l’aile dure de l’opposition. Cela donne l’impression que si c’est avec ces protagonistes, le dialogue pour la formation d’un gouvernement d’union nationale prôné par Jovenel Moïse n’aura donc jamais eu lieu.

Pourtant, le chef de l’État y croit encore. Au lieu de tirer la révérence, il exprime plutôt sa tendance à multiplier les rencontres afin d’essayer de chercher un moyen pour pouvoir rester au pouvoir, tout en sachant qu’il ne pourra jamais gouverner tranquillement durant le reste de son mandat. Passerelle est en train d’effectuer son travail, Jovenel Moïse fait le sien. Rejeté à plusieurs reprises par la majorité des secteurs de la vie nationale, le président veut imposer à tout le monde son projet de dialogue. Il persiste et signe que c’est la route à prendre, et qu’il n’a pas l’intention de démissionner. Dans un communiqué en date du 13 novembre, son équipe a fait savoir qu’il est déterminé à trouver une solution pacifique et inclusive à la crise.

Dans ce communiqué, il est précisé que le chef de l’État a initié une série de rencontres avec des secteurs vitaux de la vie nationale autour de la crise sociopolitique et sur les initiatives devant aider à un dénouement pacifique de la situation. À en croire la note, plusieurs rencontres ont déjà eu lieu. Et au cours de ces nombreuses discussions, les acteurs consultés ont mis un accent particulier sur la nécessité d’un accord politique afin de constituer un gouvernement d’union nationale en charge de conduire les multiples réformes nécessaires au renforcement des institutions de l’État et faire face aux défis actuels.

À présent, il est important de savoir : quel est le poids réel de ces structures qui se sont mises d’accord avec le chef de l’État pour former ce gouvernement d’union nationale ? À moins que Jovenel Moise se soit décidé de se faire ridiculiser ou de laisser le pays sombrer dans le chaos, il est important pour lui et son équipe de cesser de jouer à ce petit jeu et de faire comme s’ils sont déconnectés de la réalité politique du pays ces derniers temps. Ce régime ne jouit de la confiance d’aucun parti politique, sauf les alliés du PHTK qui ne représentent rien sur l’échiquier politique. Compte tenu de la réalité politique, il est clair que Jovenel Moise n’aura jamais la capacité de former ce gouvernement et de continuer à diriger le pays comme si tout allait mieux. Et cela, même avec le silence de l’opposition.

Evens Régis




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