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Le Bicentenaire est toujours contrôlé par les gangs armés

Le Bicentenaire est toujours contrôlé par les gangs armés



Dans une note de presse, le ministère de la Culture et de la Communication a informé d’une rencontre spéciale tenue entre le chef de l’État et le Conseil supérieur de la Police nationale dans l’idée de définir de nouvelles stratégies permettant de rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, en particulier à l’occasion des fêtes de fin d’année. Cette même mobilisation a eu lieu à la fin de l’année dernière. Ces mêmes paroles ont déjà été répétées. Mais au lieu de rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, les gangs armés ont, de préférence, gagné plus de territoire. Et l’on a l’impression que les autorités étatiques n’en sont guère préoccupées.


Selon la note du ministère de la Culture et de la Communication, à l’issue de cette rencontre, le chef de l’État a demandé aux responsables du CSPN de prendre toutes les dispositions nécessaires pour améliorer le climat sécuritaire du pays, une façon de protéger efficacement les vies et les biens des citoyens sur tout le territoire national. Les différentes autorités ont répondu positivement à l’instruction du président Jovenel Moïse et se sont mises d’accord pour multiplier leurs efforts afin de traquer sans relâche les bandits et autres délinquants qui entravent le bon fonctionnement de la société.

L’année dernière, avec Jean Henry Céant comme chef du CSPN, il y avait cette même mobilisation. La Police nationale d’Haïti (PNH) avait annoncé de nouvelles dispositions à Port-au-Prince et ses environs en vue d’assurer la sécurité des vies et des biens à l’occasion des fêtes de fin d’année et du Nouvel An. Plusieurs unités spécialisées de l’institution étaient mobilisées, dont le Corps d’intervention dénommée SWAT, la Brigade d’intervention motorisée (BIM), le Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO), l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO), la Garde côtière haïtienne et la Brigade d’intervention contre l’insécurité foncière (BRICIF).

En 2017, avant Jean Henry Céant, l’ancien Premier ministre Jack Guy Lafontant avait annoncé qu’il part en guerre contre les gangs armés du pays afin de réduire le phénomène d’insécurité. Il avait passé des instructions claires au haut commandement de la PNH afin d’apporter une réponse rapide à la remontée de l’insécurité. Pourtant, de Jack Guy Lafontant jusqu’à Jean Michel Lapin, le phénomène d’insécurité ne fait qu’augmenter. Un ultimatum a même été donné aux gangs armés par l’ancien Premier ministre Jack Guy Lafontant, les invitant à changer de métier s’ils ne veulent pas finir à la morgue ou en prison. Mais au lieu de cela, les gangs armés prennent du champ.

À présent, les gangs armés n’occupent pas seulement la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Plusieurs villes de province sont maintenant sous l’emprise des gangs armés. Certaines zones en province, dont Chalon à Miragoane, Savien au niveau de l’Artibonite et Shada dans le nord sont contrôlés par des hommes armés. Cette année encore, les autorités du pays ont annoncé des mesures et opérations visant à contrôler le phénomène de l’insécurité. Pourtant, les actions posées prouvent qu’ils essaient de préférence de contourner le phénomène au lieu de le résoudre. Le délégué départemental des Nippes, Espérance Berard, dans une note, a informé aux commerçants de la zone sud du pays que l’État a décidé de mettre à leur disposition un bateau pour le transport des marchandises.

Cette action confirme l’incapacité des autorités étatiques de résoudre l’insécurité au niveau de la 3e circonscription de Port-au-Prince qui paralyse les activités commerciales dans la métropole sud du pays. En plus de cela, plusieurs institutions étatiques établies dans la zone du Bicentenaire ont été transférées à cause de l’insécurité grandissante qui sévit dans la zone. Que ce soit l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), les Archives nationales d’Haïti, l’État a déjà pris des dispositions pour les faire fonctionner dans des endroits plus sécuritaires. Les activités judiciaires au niveau du parquet de Port-au-Prince se réalisent à présent au niveau des locaux du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP).

Avec de telles décisions, l’État haïtien ne fait que confirmer son incapacité à assurer la sécurité pour la population. Au lieu de chasser les gangs armés, il a préféré livrer la zone aux bandits en commençant par reloger certains services de l’État qui se trouvaient dans la zone. Même les parlementaires manifestent aussi le désir de laisser la zone du Bicentenaire. Alors, comment prétendre résoudre le phénomène de l’insécurité en laissant du champ à ces bandits armés qui ont tout simplement profité de la faiblesse de l’État pour élargir leur territoire ? N’est-il pas maintenant nécessaire de cesser d’annoncer des opérations de fin d’année et de passer enfin aux choses sérieuses ? Les bandits armés gagnent du terrain et de simples paroles sans de véritables actions, ne sauraient les arrêter.

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