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Caducité du Parlement : des sénateurs recadrent Jovenel Moïse

Caducité du Parlement : des sénateurs recadrent Jovenel Moïse



Tôt dans la matinée, le chef de l’État, à travers un tweet, a annoncé avoir pris acte de la caducité du Parlement le lundi 13 janvier 2020 concrétisant la fin de la cinquantième législature. Réagissant ainsi, le président a commis une double faute selon Pierre Paul Patrice Dumont. Pour d’autres sénateurs, le chef de l’État n’a ni qualité ni moralité pour penser toucher au mandat d’un élu.


Fin de suspense, le sénat est dorénavant, suivant le tweet du chef de l’État ainsi que son discours au micro des journalistes au cours de la journée du 13 janvier, amputé de 2/3 de ses membres. En dépit de tous les débats ayant suscité ce sujet, le chef de l’État dit prendre acte de la caducité du Parlement haïtien, tout en annonçant des projets qu’il compte financer avec cet argent qui constituera définitivement une valeur ajoutée dans le trésor public.

Sans doute, le locataire du Palais national sable des verres en l’honneur de cet évènement qu’il attendait impatiemment. N’ayant pas pris les mesures adéquates pour inviter la population dans ses comices en vue de pallier ce vide tout à fait prévisible, le dauphin de Michel Joseph Martelly a toujours cloué au pilori ce Parlement dont il a la majorité dans les deux branches et l’opposition politique qui, selon lui, ont tout fait pour lui casser les pieds. Se dédouanant constamment de ses responsabilités dans l’affaire, Jovenel Moise n’a pas montré son euphorie pour avoir gagné un bon combat encore moins sa désolation de voir paralyser un pilier des institutions démocratiques faute de sens de responsabilité des deux extrêmes.

En effet, si le président vraisemblablement parait confortable, ce n’est pas le cas pour particulièrement les sénateurs restant. Sans se verser dans un tour de passe-passe, ils lâchent sans détour leur compréhension du fait. Selon eux le chef de la diplomatie haïtienne vient d’enfreindre une fois de plus les lois de la République.

Visiblement très remonté, le sénateur de l’Ouest, Pierre Paul Patrice Dumont, fait une double analyse du comportement affiché par le président Moise. Ce dernier a fait une faute de lexique en parlant de caducité pour constater le vide provoqué. Son attitude est un acte de forfaiture, juge le président de la commission sport au Grand corps. Pour le sénateur, il ne s’agit pas du tout d’une faute grammaticale. Le locataire du Palais national a agi intentionnellement et se doit, pour l’heure, de fournir des explications claires à la chambre basse. À ce stade, le Sénat se serait constitué en haute cour de Justice. Attaché aux prescrits de la loi et de la logique, M. Dumont dit reconnaitre 19 sénateurs en fonction au Grand corps.

Fraichement viré dans l’opposition dite progressiste, le sénateur du Sud-Est, Joseph Lambert, s’est montré particulièrement farouche au locataire du Palais national. Selon le parlementaire, nourrir la pensée de toucher au mandat d’un élu est une infraction grave qui s’ouvre sur la dictature et l’anarchie. De l’avis de l’ex-président de l’Assemblée nationale, tous les mandats doivent être respectés et le président ne devrait pas s’aventurer sur la voie de la provocation. Faisant une piqure de rappel au chef de la nation, Joseph Lambert informe au président que cette période de révocation avant le terme des mandats est révolue. Il souligne par ailleurs que le Sénat tout comme le Parlement est une et indivisible.

L’ancien conseiller de Michel Martelly dit plus loin recevoir cette position avec beaucoup d’amertumes. « C’est une action qui me révolte dans tout mon être. Moi, je suis, au même titre que Jovenel Moise, accroché à mon mandat et j’invite chacun des sénateurs à défendre dans la dernière rigueur le leur », a fait savoir M. Lambert. Les opinions à cet effet ont été toujours divergentes, mais vu l’amortissement que connaissent les mobilisations antigouvernementales, les positions radicales sont de moins en moins enregistrées, ne serait-ce que pour l’heure. Plusieurs dirigeants de l’opposition contactés à cet effet étaient injoignables. Peut-être qu’ils n’ont pas encore l’argumentaire pour montrer qu’ils ne se sont pas trompés sur cet évènement qu’ils avaient toujours catégorisé dans la liste des impossibles.

Daniel Sévère




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