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Des Haïtiens déportés quotidiennement

Des Haïtiens déportés quotidiennement



Les institutions nationales et internationales ne parlent presque plus de la question migratoire en Haïti. Mais cela n’est en aucun cas synonyme d’une amélioration de la situation des migrants haïtiens partout à travers le monde, particulièrement en République dominicaine. Pour seulement la première semaine du mois de février, les autorités dominicaines ont procédé à la déportation de plus de 1000 Haïtiens vivant en terre voisine de façon irrégulière.


Ce qui est important d’être souligné dans la question migratoire d’Haïti, c’est qu’à chaque fois que le pays traverse une situation plus difficile qu’une autre, relayée dans les médias internationaux, cela augmente les persécutions des compatriotes haïtiens en terre étrangère. Pour ce début de mois de février, le pays a connu une augmentation exagérée des actes de kidnapping. Et durant cette même période, les autorités dominicaines ont augmenté leur contrôle de territoire vis-à-vis d’Haïti. Depuis, plus de 1000 Haïtiens en situation irrégulière ont trouvé leur arrestation

La Direction générale des migrations (DGM) de la République dominicaine a annoncé avoir réalisé, du 3 au 7 février, des opérations de contrôle migratoire dans le District national, les municipalités de Santo-Domingo Est, Nord et Ouest, ainsi que différents secteurs de 12 provinces : Azua, Barahona, Espaillat, Hermanas Mirabal, La Altagracia, Mgr Nouel, Montecristi, Neyba, San José de Ocoa, Santiago de los Caballeros, Santiago Rodríguez et Valverde.

Durant ces opérations, au moins 1 805 personnes d’origine haïtienne ont été arrêtées et contrôlées dans différents postes frontaliers. Après vérification à l’aide de lecteurs biométriques et de la base de données centrale de la DGM, 1 561 parmi eux, soit 86.5 % des personnes contrôlées ont été déclarées en situation migratoire irrégulière. Ainsi, ces sans-papiers ont été reconduits aux postes frontalières de Dajabón, Elías Piña et Jimaní, pour y être enregistrés et déportés en Haïti.

Comme à l’ordinaire, ces équipes migratoires étaient composées d’inspecteurs, d’agents de la DGM avec le soutien des militaires, de la Police nationale dominicaine, du Corps spécialisé de la sécurité touristique (CESTUR) en coordination avec le ministère public des provinces concernées. La situation d’Haïti se dégénère. Les jeunes n’envisagent plus de rester dans le pays. Ceux qui ne peuvent pas se rendre soit en au Canada, France ou aux États-Unis, ont recours toujours à l’option de la République dominicaine. Cette quantité n’est souvent pas négligeable, et c’est la raison même de l’augmentation des contrôles.

Pour le mois de janvier, ce sont au total 2 824 Haïtiens qui ont été contrôlés par les autorités de la DGM. Durant cette période, les endroits comptant le plus grand nombre d’Haïtiens contrôlés étaient le District National, (353) ; Santiago de los Caballeros (531) ; Valverde (381) ; Santiago Rodríguez (112) et Azua (124). Par rapport à la fin de l’année dernière, le début de l’année 2020 a vu une augmentation de près de 80 % des Haïtiens déportés de la République dominicaine. On approche vers la 7e année de l’adoption de l’arrêt 168-13 de la Cour constitutionnelle dominicaine. Cet arrêt est à la base de la majorité des déportations d’Haïtiens en République dominicaine.

Depuis l’entrée en vigueur de cette sentence arbitrale et discriminatoire, les personnes dénationalisées continuent de vivre dans l’inquiétude. La loi de naturalisation 169-13 de l’administration Danilo Médina qui était censée venir améliorer le sort des victimes ne fait que compliquer davantage leur situation en fonction de son caractère restrictif en termes de droits humains. Et jusqu’à date, la confusion persiste au sein de la société dominicaine en ce qui concerne la catégorisation des personnes en deux groupes d’A et B.

Pour le groupe dit « A », il y a deux profils : ceux qui sont enregistrés et dont les documents sont retranscrits dans un autre registre et ceux qui sont non enregistrés. Pour le groupe dit « B », les concernés doivent se faire naturaliser, mais ils doivent avoir des documents de leur pays d’origine. Ce qui vient compliquer la situation des personnes affectées. La majorité des Haïtiens font partie du groupe B.

Avec le Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens (PIDIH), l’administration de Michel Joseph Martelly avait compliqué encore plus le processus de régularisation des migrants haïtiens inscrits au Plan spécial national de régularisation des étrangers (PNRE) de la République dominicaine. Daniel Supplice, l’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine à l’époque, avait admis que son gouvernement n’avait pas aidé des milliers d’Haïtiens à se faire inscrire au plan.

Au contraire, ce programme a été une vaste opération de corruption. Les responsables s’étaient contentés de faire payer les documents d’identité à des prix exorbitants, alors que la majorité des concernés sont des ouvriers du salaire minimum. Jusqu’à des personnes attendent encore ces documents. Depuis 2015, on ne parle plus de ce programme. Pourtant, Haïti s’était fixé un objectif d’identifier au moins 200 000 compatriotes. Mais seulement 52 000 Haïtiens ont été servis à la fin du programme en 2015. Seulement 2 000 passeports, 15 000 cartes d’identification nationale et 20 000 actes de naissance ont été fournis.

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