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La défaillance constatée de l’État

La défaillance constatée de l’État



Le fourmillement des gangs armés, un peu partout sur le territoire haïtien, et leurs cortèges de crimes avaient déjà tout annoncé. Cependant, il a fallu attendre la résurgence du redoutable phénomène du kidnapping pour que la population inquiète parle de la faiblesse constatée de l’État. Traumatisés, anxieux, paniqués, les habitants, particulièrement ceux de la capitale, appellent tout un chacun à la vigilance et à la solidarité en vue d’affronter ce fléau.


Depuis le début de la semaine en cours, le constat est patent. La population est sur ses gardes. Devant les établissements scolaires, les parents veillent au grain. Les kidnappeurs opèrent en toute quiétude dans la ville et, par mesure de précaution, de nombreux parents ont choisi de rester dans les parages des écoles que fréquentent leurs enfants afin de les protéger.

À les entendre s’exprimer, ils n’ont pas confiance dans la capacité des autorités policières. Le kidnapping qui s’abat, particulièrement sur la capitale, était la goutte qui a renversé le verre. « Personne pour nous surveiller. Nous sommes abandonnés dans un pays dirigé par des bandits. C’est dommage qu’on soit arrivé à ce point. Nous autres, nous prenons les dispositions nécessaires pour protéger nos enfants en les accompagnant à l’aller et au retour de l’école », se plaint un parent visiblement dépassé par les événements.

« C’est à nous d’assumer notre responsabilité. L’État n’existe pas, donc la Police non plus. Fort de ce constat, faut-il bien que chaque individu, personnellement, applique la vigilance. Personne n’est à l’abri. Seule la solidarité peut, en quelque sorte, nous épargner de cette machine infernale », martèlent tour à tour deux parents questionnés à cet effet. Révoltés par la situation, les citoyens s’en prennent aux autorités politiques qui, disent-ils, cautionnent ces forfaits qui sèment le deuil, le désespoir et la douleur au sein d’une population qui végète, depuis plusieurs décennies, dans la misère.

Pour certains des interviewés, c’est la population délaissée par les dirigeants qui détient la solution. « À chaque moment qu’une situation se produit, ils disent avoir pris les mesures nécessaires pour la contrer. En réalité, ce ne sont que des sornettes. Maintenant, l’heure a sonné pour la population de dire son mot. Nous allons prendre les mesures de nous sécuriser chacun personnellement en adoptant un comportement de vigilance responsable. Si vraiment ils ont un plan de rétablir l’ordre, nous les attendons au pied du mur. Quant à nous, notre patience est épuisée et nous ne voulons plus de promesses, mais des actions », exige Louisiane W.T. Labour.

Et c’est pour cela que, au lieu de rester les bras croisés à attendre une intervention de l’État, elle veut adopter des mesures parallèles pour contrôler la situation. Suivant les aveux des parents, ils croyaient encore à la puissance coercitive de l’État, mais ce phénomène de kidnapping en nette croissance ces derniers jours, met, pensent-ils, l’État à nu. « Nous doutons de la volonté et des moyens des plus hautes instances de l’État. Le phénomène est planifié, à moins que les dirigeants prouvent le contraire. Aujourd’hui nous connaissons un pic, demain sera le rabaissement. C’est dommage pour le pays. L’État n’a jamais rien fait, ne fait rien, ni n’envisage aucun élément de solution. Il attend que la situation perde en vitesse avec le temps », opine un des leurs.

Daniel Sévère




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