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La Police nationale d’Haïti en mode « S »

La Police nationale d’Haïti en mode « S »



Durant les mouvements de pays-lock au cours de l’année 2019, les policiers haïtiens dans leurs multiples formes de revendications se sont inscrits dans une nouvelle démarche, en passant par l’organisation d’une manifestation dans les rues pour lancer ensuite les chantiers devant aboutir à la création d’un syndicat au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH).

Derrière les menaces et les pressions des plus hautes autorités du pays et de l’institution policière, se basant sur les règlements de la PNH interdisant le droit de syndiquer par les policiers haïtiens, les policiers solidaires à cette initiative et à leur porte-parole, la policière Yanick Joseph. Quelles sont les suites possibles dans ce dossier en mode « S » ?

De protéger à servir, quelles sont les possibles équations, articulations, prévisions et provisions entre les concepts suivants : syndicat, sanctions, stratégie, statut, serment, salaire, service, sécurité, sensibilisation, solidarité, silence, société, suicide, symbole, sacré, sacrifice, par rapport à la situation critique des policiers haïtiens, qui, eux aussi tentent de réclamer le changement de ce système ?

D’ici le 12 juin 2020, la Police nationale d’Haïti (PNH), va fêter ses vingt-cinq ans d’existence depuis sa création en 1995, avec le démantèlement des forces armées d’Haïti (FAD’H).

Depuis sa sortie de l’audition, Yanick Joseph est devenue la véritable icône et symbole dans cette nouvelle manche des revendications des policiers haïtiens, malgré qu’elle reconnaisse que l’Inspection générale de la PNH (La police des polices) envisage contre elle des mesures conservatoires.

De nouvelles photos et des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, avec l’image de la nouvelle figure de la PNH, depuis le lundi 17 février 2020, présentant la policière dans un nouveau protocole syncrétique, avec l’uniforme de l’institution et les pieds nus, en train d’exécuter des rituels Vodou, appuyer par un chœur interpellant la chanson de Weena (Nadine Narcisse): « Ogou oh, se ou menm ki mennenm isit pran ka mwen… ».

De manière symbolique, avec des mouchoirs entre les bras et le cou, des parfums et le gobelet blanc en main, la porte-parole du syndicat de la PNH, Yanick Joseph, est sur ses gardes. Elle est encerclée par ses pairs, dans une posture qui rappelle la cérémonie du 14 août 1791, dont la plupart d’entre eux portent des vêtements imprimés aux couleurs vives (rouge) de « Feray ». Ce même « Ogou Feray », que Jean Jacques Dessalines a utilisé dans sa dernière bataille. Elle est déterminée, semble-t-il, dans cette nouvelle aventure, comme pour envoyer un signal d’engagement solidaire à ses pairs.

Dédoublée, entre son regard, avec son étendard, et entourée de ses pancartes et affiches, ce nouveau signal en « S » de ce 17 février 2020, entend amplifier les suivis dans l’intérêt du corps et de toutes les unités de la PNH, pour une satisfaction des revendications présentées à ses supérieurs, depuis les dernières manifestations du 27 octobre et du 17 novembre 2019.

Deux ans plus tôt, soit au début du mois de juin 2018, j’avais déjà abordé le sujet des relations entre « La police nationale d’Haïti et le Vodou ». Plus que jamais, ces réflexions et ces recherches sont encore d’actualité, au pays des « 21 Nations ou 21 Nanchon », où le principe du forgeron appliqué dans les stratégies militaires d’Ogou Feray rappellent que : « Se fè ki koupe fè ».

Désormais une nouvelle page en « S » s’ouvre dans l’histoire de la PNH. Cette institution tant supportée par la communauté internationale, particulièrement des pays comme les États-Unis et le Canada. Quelle solution possible et durable dans ce nouveau carrefour ? Entre le statut du policier haïtien qui doit respecter son serment et sa survie dans une société mangeuse d'hommes et de femmes qui n’épargnent personne ?

Dynamique institutionnelle sur fond de syndicat, lorsque la PNH va fêter la Journée internationale des droits des Femmes le 8 mars prochain, il faudra désormais ajouter le nom de Yanick Joseph, cette nouvelle étoile rebelle et belle à la fois, qui manie à la fois les armes et les arts sacrés du Vodou, utilisés par ceux et celles qui se sont sacrifiés pour imposer l’indépendance d’Haïti à la face du monde. Entre les souvenirs de 1995, les sourires de ces policiers lors de la graduation et soupire face au sort et du sacrifice des policiers modèles et exemplaires qui continuent de protéger et de servir, on ne peut que croiser les doigts et attendre une suite heureuse dans cette aventure sensible, sacrificielle ou suicidaire, indispensable pour sauver l’avenir cette jeune institution républicaine.

Dominique Domerçant




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