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Les fumeurs, groupe à risque ?

Les fumeurs, groupe à risque ?



Selon les scientifiques, en moyenne, les infections respiratoires touchent plus facilement les fumeurs que les non-fumeurs. Selon certains scientifiques, c'est probablement aussi le cas du Covid-19 : le risque d'infection semble être plus élevé pour les fumeurs


Depuis plus de 30 ans, on nous dit que fumer est malsain. Que la consommation de tabac exerce une pression sur le système respiratoire et cardiovasculaire. Il augmente aussi de manière considérable le risque de cancer du poumon. Le risque de contracter la broncho-pneumopathie chronique obstructive (ou BPCO), cette grave maladie pulmonaire entraînant une détresse respiratoire et pouvant limiter gravement la vie des personnes touchées, augmente également.

Il est actuellement prouvé que les fumeurs ont un risque plus élevé de développer une maladie grave, s'ils sont infectés par le virus Corona appelé Sras-CoV-2. L'Institut Robert Koch classe les fumeurs dans un groupe à risque. En outre, une étude publiée dans la revue scientifique Jama portant sur près de 1 100 patients en Chine a montré qu'il y avait plus de fumeurs parmi les patients gravement malades du coronavirus que chez ceux qui présentaient des symptômes légers. Parmi les cas graves, on a constaté que 17 % d’entre eux sont des fumeurs et parmi les moins affectés, seulement 12 %. Comme l’estime la biochimiste Nina Weber (1), dans un article paru dans Spiegelonline en date du 25 mars 2020, les chiffres sont toutefois difficiles à interpréter, étant donné que « la proportion de fumeurs en Chine est nettement plus élevée selon d'autres études. » Elle rappelle qu’en 2015, par exemple, environ 52 % de la population masculine de 15 ans et plus fumaient, et un peu moins de 3 % des femmes.

Toujours est-il que l'épidémie en Chine et en Italie montre que « plus d'hommes que de femmes tombent malades avec le Covid-19 », comme l’a d’ailleurs fait remarquer le virologue allemand de renom Christian Drosten. Cela pourrait-il être lié au fait que plus d'hommes que de femmes fument ? Certains chercheurs, dont Drosten lui-même, ont déjà avancé cette théorie, mais elle n'est pas encore connue avec certitude. Elle pourrait également être liée à des différences dans la réponse immunitaire aux infections.

Ce qui est clair, cependant, c'est que le Covid-19 est plus dangereux pour les personnes ayant une maladie antérieure que pour les personnes qui étaient auparavant en bonne santé. Et le tabagisme augmente non seulement le risque de BPCO et de cancer du poumon, mais celui de développer un diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Un autre risque : le contact main-bouche.

Plus loin, Weber cite les résultats d’étude du « Centre for Evidence-Based Medicine » qui souligne également que le tabagisme augmente généralement les risques de contracter une infection respiratoire et que l'évolution de l'infection est plus grave. « Dans ce contexte, dit-elle, il serait surprenant que ce ne soit pas le cas avec Covid-19. » Si l'hygiène des mains n'est pas optimale, le seul fait de fumer où les doigts entrent en contact avec la bouche peut favoriser l'infection. On apprend également que les fumeurs qui ont contracté une infection des voies respiratoires bénéficient d'un arrêt immédiat du tabac, car « le risque de bronchite ou de pneumonie est réduit ».

Et si on arrêtait de fumer ?

La solution pour ceux qui n’ont pas encore le virus, c’est d’arrêter de fumer, indépendamment du covid-19, comme le recommande le virologue Christian Drosten. Mais se débarrasser d’un tel vice n’est pas facile. Dans une étude britannique réalisée l’an dernier, seuls 15 % des fumeurs qui voulaient arrêter y ont réussi de manière définitive. Les experts donnent quelques techniques pour arrêter. D’abord connaître les avantages d’un arrêt tabagique. Les médecins affirment que l’arrêt tabagique a rapidement des effets positifs sur le corps et la santé. Après seulement trois jours, le fonctionnement des voies respiratoires s'améliore, rapporte le Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ). Au bout d'une semaine environ, la tension artérielle baisse. Après environ neuf mois, les crises de toux et l'essoufflement diminuent, les sinus para-nasaux deviennent plus clairs et le mucus se dissout dans les poumons. Le risque d'infection diminue également.

On indique aussi que deux ans après avoir arrêté de fumer, un ancien fumeur a « presque » le même niveau de risque de maladie cardiovasculaire qu'un non-fumeur. Après cinq ans, le risque de cancer de la cavité buccale, de la gorge, de l'œsophage et de la vessie est également réduit de moitié. Le risque d'accident vasculaire cérébral est le même qu’un non-fumeur après seulement deux à cinq ans.
Sans tabac, on vit plus longtemps. Selon les calculs du DKFZ, plus de dix cigarettes par jour privent les hommes d'une moyenne de 9,4 ans de vie et les femmes, de 7,3 ans. Même une consommation modérée de moins de dix cigarettes par jour réduit encore l'espérance de vie d'environ cinq ans pour les deux sexes.

Le pire scénario est celui d'un homme obèse, gros fumeur, qui boit beaucoup d'alcool et mange beaucoup de viande rouge : il perd jusqu'à 17 ans d'espérance de vie par rapport à un autre sujet au profil de risque le plus favorable. Pour les femmes, elle est de 13,9 ans. En cessant de fumer, non seulement on réduit le risque de maladies cardiovasculaires, mais aussi on économise de l'argent.

Une bonne préparation peut être utile. Les experts conseillent de fixer une date concrète pour l'arrêt du tabac. Selon le DKFZ, cette période devrait être la moins stressante possible. En outre, il est conseillé, surtout dans les premières semaines, d'éviter les situations qui encouragent le tabagisme, comme une soirée avec des copains fumeurs. Au contraire, le sport, par exemple, peut fournir une distraction.

Les personnes qui arrêtent de fumer se sentent « souvent mal à l'aise, agitées et facilement irritées ». Le thé, l'eau, les fruits frais et le chewing-gum sans sucre peuvent aider à surmonter les premiers symptômes physiques de sevrage, tout comme les patchs, les comprimés ou les inhalateurs contenant de la nicotine. Dans les pays occidentaux, on a souvent recours aux thérapies comportementales qui peuvent augmenter considérablement la probabilité d'arrêter de fumer à long terme.

Quand l’envie de fumer est forte, on recommande de se distraire, conseillent les experts. Il pourrait également être utile de prendre une profonde respiration, idéalement dix fois. Cela détend et retarde l'envie de fumer.

Il y a l’obésité qui peut guetter : en moyenne, les gens prennent de trois à cinq kilos lorsqu'ils arrêtent de fumer. Pendant cette période, le ventre, la graisse des hanches et les fesses se développent plus fortement chez les anciens fumeurs. On dit qu’une petite prise de poids est plus saine que le tabagisme, mais beaucoup de gens, par dépit, recommencent à fumer pour faire face au surpoids, à cette image déplaisante. Selon une étude de 2016, « les anciens fumeurs peuvent prendre jusqu'à 40 kilos jusqu’à ce que leur obésité réduise leur durée de vie de la manière que leur consommation de cigarettes. »

Seules quelques personnes parviennent à arrêter de fumer du premier coup. Les anciens fumeurs doivent donc envisager les revers de manière détendue. Rester optimiste après une rechute. La difficulté du sevrage dépend également du degré de dépendance physique et psychologique. Reconnu au niveau international, le test de Fagerström (2) peut être d’une grande utilité en ce qu’il révèle le degré de dépendance du sujet dépendant.

Huguette Hérard

N.d.l.r.
(1) Nina Weber (44 ans) a fait des études de biochimie à l'université de Hambourg, rédactrice en chef de Spiegelonline au sein du département Science/Santé depuis 2010.
(2) test-addicto.fr/tests/tabac/fagerstrom.html




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