S'identifier Contact Avis
 
26° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

L’Allemagne déconfine mais reste vigilante

L’Allemagne déconfine mais reste vigilante



Depuis deux semaines, l’Allemagne se déconfine. Sous la pression de la rue et aussi pour éviter un crash économique certain, ce pays d’Europe centrale accélère ses plans d’assouplissement. La situation reste stable et les nouvelles infections n’augmentent pas. Plusieurs raisons expliquent cette tendance mais le danger d'une deuxième vague n'a pas encore été écarté.


Les gens sont de nouveau assis dans les restaurants, ils font leurs courses ou vont chez le coiffeur - les mesures de restriction se sont assouplies dans une large mesure. On pensait que ce relâchement aurait conduit à une augmentation de nouvelles infections, comme certains experts l'avaient prédit. La chercheuse à l’Institut Max Planck, Viola Priesemann, pense que les avantages à court terme du relâchement des mesures sont évidents mais c’est quand même « assez risqué ». Elle craint que les succès remportés par les mesures strictes de protection – confinement, distance social, home office, télé-école, masque obligatoire etc. - ne soient compromis et qu’on ne soit contraint « de prendre beaucoup plus de temps pour atteindre la stabilité. »

En tout cas, au cours des derniers jours, l'Institut Robert Koch (RKI) a été informé d'environ 300 à 600 nouveaux cas d’infectés par jour. À titre de comparaison : au début du mois d'avril, il y avait certains jours environ 6 000 personnes contaminées par jour. Pourquoi la situation est-elle si stable malgré les nombreux assouplissements ?, se demande-t-on.

Les scientifiques expliquent que le « taux de reproduction » joue un rôle important dans l'évaluation du stade de l'infection. Il indique le nombre de personnes qu’un individu porteur du Sars-Cov-2 » infecte en moyenne. Si elle reste inférieure à 1, l'épidémie s'éteint lentement. Début mars, le RKI estimait ce chiffre à environ 3 : une personne infectée en contaminait en moyenne trois autres.

Toutefois, avant même l'introduction des interdictions des rencontres et des rassemblements, ce chiffre était déjà tombé à 1, explique la virologiste Melanie Brinkmann du « Centre Helmholtz de recherche sur les infections » à Braunschweig, dans le Nord de l’Allemagne. La raison ? Selon elle, « le comportement des gens a changé, même avant cela ». De nombreuses personnes sont restés chez eux par crainte d'être infectées. « Et même maintenant, tout le monde ne va plus faire ses courses normalement. » Les gens sont conscients des risques.

Les gens conscients du danger
L'épidémiologiste Rafael Mikolajczyk, de l'université Martin Luther de Halle-Wittenberg, voit les choses de la même façon : « Une explication possible est que la sensibilisation de la population a entraîné une diminution significative de la transmission par les personnes présentant des symptômes ». Ainsi, seuls les sujets ne présentant aucun symptôme, ou pas encore, pourraient transmettre le virus. « Il en résulte un taux de reproduction plus faible. »

Ces derniers jours, le RKI a fait état d'un taux de 0,7 à 0,8. Cela signifie qu'en moyenne, un sujet infecté transmet le virus à moins d'une personne. Selon Mikolajczyk, pour éviter une augmentation des cas, il suffit maintenant d’éviter les rassemblements et de respecter les gestes barrières.

Néanmoins, la forte réduction des contacts par les mesures de verrouillage de la Covid-19 a été importante afin de diminuer rapidement le nombre d'infections. On estime que si l'Allemagne avait introduit les restrictions trop tard ou de manière moins stricte, les taux d'infection seraient désormais beaucoup plus élevés. « Si c'était le cas, il n'y aurait aucun moyen d'assouplir les restrictions » Mais l'épidémiologiste souligne également que l'on ignore encore beaucoup de choses sur la propagation du virus. En effet. Par exemple, les informations du début relatives au taux de létalité du virus, à la contamination des enfants et au rôle de la chaleur (1) dans la propagation de la maladie ont été infirmées par la suite.

Il y a aussi dans le recul de la maladie, l’effet du masque obligatoire. Ce que confirme le virologue Brinkmann. « Après l'ouverture des premiers magasins, on pouvait voir que le chiffre R (reproduction) augmentait légèrement, après le masque obligatoire, il a à nouveau baissé ». En Allemagne, les premiers magasins ont été autorisés à ouvrir à partir du 20 avril et une semaine plus tard, dans presque tous les États allemands, le port du masque était devenu obligatoire.

Le virologue Jonas Schmidt-Chanasit (41 ans) voit, lui, trois raisons principales au faible niveau actuel d'infection : le fait d’éviter les rassemblements de foule, l’application de règles d'hygiène strictes et le respect de la distance sociale. Des mesures-clé. Certaines autres mesures ne sont pas si importantes : par exemple les magasins ne seraient pas, comme on le croyait au début, un lieu important pour la propagation du virus.

Le responsable du diagnostic des virus à « l'Institut de médecine tropicale Bernhard Nocht » (Hambourg), Schmidt-Chanasit, souligne également que les sévères restrictions du mois de mars étaient nécessaires. « Il était important de briser la première vague, et nous y avons réussi. » Ce n'est que maintenant que nous avons progressivement appris les choses qui peuvent être desserrées à nouveau et avec quelles précautions appropriées le faire.

Une deuxième vague ?

Le danger est donc écarté ? L'épidémiologiste Mikolajczyk avertit : « La deuxième vague d'infection est un danger très réel ». L'évolution future de la pandémie dépend des politiques et de la société. « À bien des égards, il est préférable d'éviter une nouvelle augmentation durable du nombre de cas ». Si les taux d'infection augmentent à nouveau, on doit rapidement prendre des mesures.

Selon le virologiste Brinkmann, il est important que la valeur R (taux de reproduction) reste inférieure à un et que le nombre de nouvelles infections reste faible. Dans ce cas, les autorités de santé publique pourraient interrompre les chaînes d'infection en assurant le suivi des cas contacts - remonter la chaîne des contaminations - et la mise en quarantaine. « Nous pourrons alors éviter une deuxième vague ».

Si les autorités ne sont plus en mesure de remonter aux foyers d’infection, donc à la source, la menace d'une croissance exponentielle comme en mars refera surface. L'arrivée d'une deuxième vague et sa force dépendent du comportement des gens. « Il est important, recommande Brinkmann, que tout le monde reste à la balle, c’est-à-dire n’organiser que des rencontres en petits groupes, porter des masques quand on est dans des salles, surtout avec des gens qu’on ne connaît pas ».

Les gens sont fatigués de la « dictature du corona », des avertissements des scientifiques et les manifestations (2) des dernières semaines en font foi. Face à la lassitude de la population, Priesemann affirme que des collègues d'autres organismes de recherche ont formulé une stratégie dans un document. « L'objectif est de réduire le nombre de nouvelles infections à un point tel qu'il soit possible de suivre les contacts sans faute. En même temps, des tests devraient être effectués de manière générale afin de détecter le plus rapidement possible toute source d'infection ». Grâce à ces deux mesures combinées, elle pense pouvoir parvenir à une situation stable et durable. « Cette sécurité est importante pour tous, pour la population comme pour l'économie, dit-elle. Ce n'est que lorsque la confiance aura été rétablie que les gens recommenceront à investir pleinement dans les restaurants et les entreprises comme ils le faisaient auparavant. Il s'agit maintenant de communiquer cette stratégie de manière à ce qu'elle soit comprise et puisse être soutenue par tous. »

Huguette Hérard

1) La télévision française LCI a récemment diffusé les dernières études réalisées sur la Covid-19 qui révélaient que le taux de létalité n’était pas de 3,5 % comme on l’affirmait au début de l’épidémie mais de 0,53 %, que les enfants n’étaient pas les grands contaminateurs et que la chaleur avait une incidence sur la propagation du virus.
2) Ces manifestations ont réuni toute une panoplie de milieux : extrémistes de droite, adversaires de la vaccination, antisémites, idéologues du complot, radicaux de gauche, vieux autonomes (ultra gauches), des ésotériques et des citoyens tout à fait normaux qui ont vu leur existence menacée à cause du shutdown.




Articles connexes


Afficher plus [6804]