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Quid des mesures annoncées pour lutter contre le coronavirus ?

Quid des mesures annoncées pour lutter contre le coronavirus ?



Environ une dizaine de mesures ont été annoncées en grande pompe par le président Jovenel Moise lors de la confirmation du premier cas de coronavirus dans le pays. 3 mois, le Gouvernement donne l’impression de passer à autre chose. Il n’est plus concentré sur le coronavirus comme avant, mais en terme de bilan des décisions annoncées le 19 mars dernier, lesquelles ont été réellement respectées ?


« Fermeture officielle de la frontière avec la République dominicaine, fermeture des aéroports et des ports au trafic de passagers, fermeture de toutes les écoles et usines, interdiction des réunions ou des rassemblements de plus de 10 personnes, couvre-feu national entre 20 heures et 5 heures, respect des directives de distanciation sociale, port obligatoire de masques dans les lieux publics, assistance financière et alimentaire aux populations vulnérables », les mesures ont été nombreuses, et annoncées énergiquement par Jovenel Moise. Mais trois mois après, le constat est clair, tout n’était que promesses et vaines paroles au même titre que les chantiers et projets annoncés par le chef l’État tout au cours de son mandat.

En effet, le tout dernier rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur Haïti et la République dominicaine informe que durant les mois de mars et de juin, période de fermeture officielle des frontières entre les deux pays, 57 669 Haïtiens vivant en République dominicaine sont retournés dans le pays de manière volontaire, sans compter ceux et celles qui ont été déportés par les autorités dominicaines. Alors, comment expliquer que plus de 57 000 Haïtiens sont retournés dans le pays à un moment où les frontières sont officiellement fermées avec la République voisine ? Pourtant, durant cette période, les Haïtiens n’ont pas eu la possibilité de traverser en République dominicaine. Ce qui explique qu’il n’y a eu aucun contrôle réel de la part des autorités haïtiennes au niveau des frontières.

Sur l’Île d’Haïti, la République dominicaine affiche le bilan le plus lourd en termes de cas de coronavirus détectés. Par contre, toute personne traversant la frontière sans aucun contrôle sanitaire, est potentiellement dangereuse pour le reste de la population. Cela n’a pas été une préoccupation pour l’État haïtien qui n’a même pas ces données divulguées par le bureau de l’OIM en République dominicaine. Par ailleurs, en ce qui a trait aux mesures internes, le pouvoir a roulé le peuple haïtien dans la farine. Quelques semaines après la fermeture des entreprises, le Gouvernement avait autorisé la réouverture des usines sous prétexte d’une commande de confection de 20 millions de masques.

Avec une commande pareille, tous les Haïtiens auraient pu recevoir un masque de la part du Gouvernement. Au départ, il devrait être question d’un transfert de 3 000 gourdes sur le compte Moncash de plusieurs centaines de milliers d’Haïtiens. Mais au final, le pouvoir a décidé autrement, en envoyant à Digicel sa propre liste des personnes qui doivent bénéficier de ce fonds. Et selon les témoignages, les vrais bénéficiaires seraient les supporteurs de Jovenel Moise ainsi que les bras armés du pouvoir dans les quartiers populaires. Les délégués départementaux et d’autres personnalités du pouvoir qui ont des connexions directes avec ces gens ont été chargés de dresser les listes. Une stratégie qui n’est pas différente dans la distribution de la soi-disant aide alimentaire par le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES).

En fin de compte, qu’il s’agisse de fermeture des aéroports et des ports au trafic de passagers, l'interdiction des réunions ou des rassemblements de plus de 10 personnes, couvre-feu national entre 20 heures et 5 heures, de distanciation sociale, ou autres, aucune mesure n’a été réellement respectée en ces temps de Covid-19. Les autorités haïtiennes s’étaient uniquement contentées de faire un copier-coller des déclarations des dirigeants étrangers qui ont tout mis en œuvre pour protéger leur population de la pandémie du coronavirus. Ce n’est pas un secret, la capacité d'Haïti à faire face aux conséquences potentielles de la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19) est très limitée. Mais selon les données officielles, le pays s’en sort plutôt bien comparativement aux pays sévèrement touchés par la pandémie. Ce n’est pas encore une victoire. Mais si victoire, il y en aura, ce ne sera pas grâce à cette gestion catastrophique.

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