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Des acteurs et partis politiques de l’opposition s’en prennent au rapport du secrétaire général au Conseil de Sécurité

Des acteurs et partis politiques de l’opposition s’en prennent au rapport du secrétaire général au Conseil de Sécurité



Dans une lettre ouverte envoyée, le 28 juin, au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, des acteurs ainsi que des partis politiques et des plateformes de l’opposition ont manifesté leurs désaccords par rapport au dernier rapport du secrétaire général sur la situation en Haïti, présenté au Conseil de sécurité. Ils estiment que ledit rapport ne tient pas compte de certains points et fait fi de la réalité actuelle du pays.


Pour ces acteurs, partis politiques et plateformes de l’opposition, le rapport du secrétaire général des Nations unies présenté au Conseil de sécurité ne tient pas compte de deux facteurs importants et même primordiaux, dans la compréhension de la crise qui secoue actuellement Haïti. Le premier concerne l’échec des négociations entamées sous l’égide du BINUH en collaboration avec la Nonciature apostolique suite à l’intransigeance du pouvoir. Et, le second facteur, qui n'est pas pris en compte dans le rapport, selon cette lettre, est la perception que l’on peut avancer vers l’organisation des indispensables élections pour retourner à une stabilité institutionnelle, à partir de démarches connexes sur la livraison de cartes électorales ou sur la réforme constitutionnelle alors qu’il est évident que l’Exécutif n’a ni les moyens ni la crédibilité pour avancer dans ces domaines si délicats qui permettraient d'assurer la transparence et l’honnêteté de joutes électorales inclusives.

Sur la question de la politique et de la bonne gouvernance, les signataires de cette lettre, dont l’OPL, la Fusion, AAA et Inite, ont relevé une gestion catastrophique de la crise sanitaire. « La stratégie adoptée, associée au mode actuel de gestion de cette crise par les autorités gouvernementales, dénote très clairement une poursuite volontaire et délibérée du laissez-faire face à une contamination massive et, par ricochet, l’acceptation anticipée d’un fort taux de décès », indiquent ces acteurs de l’opposition. Ils pointent également le budget préparé par les autorités gouvernementales qui « ressemble bien à un exercice élémentaire de pose de chiffres en ignorant totalement certaines réalités cruciales ». Ils s’interrogent sur la crédibilité d’un budget de plan de réponse quand ses premières lignes consacrent plus de 120 millions de gourdes à l’acquisition de téléviseurs, de réfrigérateurs, de jeux de couverts.

D’un autre côté, ces acteurs s’insurgent sur la gouvernance du chef de l’État. « Le président de la République à qui il incombe la noble tâche de veiller au bon fonctionnement des institutions a délibérément choisi de ne pas organiser les élections pour renouveler un premier tiers du Sénat en octobre 2017, un second tiers du Sénat en octobre 2019, et à cette même date la Chambre des députés dans son ensemble », relate ces acteurs, qui souligne que depuis le mois de janvier 2020, le président gouverne sans contre-pouvoir, par décret, ce que la Constitution ne lui permet pas de faire.

Pour la question de la lutte contre la violence de proximité, les concernés s’interrogent si « les Nations unies, le Conseil de sécurité, sont-ils préoccupés de ce qui se passe dans le pays concernant l'occupation du territoire par les gangs armés et la terreur qu'ils répandent au su et au vu du gouvernement » ? La lettre signale la hausse de l’insécurité de jour en jour malgré la collaboration du BINUH et PNUD avec des entités nationales dans des projets pour le rétablissement d’un climat de paix.

Par ailleurs, les signataires de cette lettre se questionnent le silence des Nations unies sur l'inexistence des contre-pouvoirs, sur l'omnipotence de l’Exécutif et sur le dysfonctionnement de la justice et les différentes violations de la Constitution par le Pouvoir exécutif dans le contexte actuel.

Entre autres, la question de la fin du mandat du président de la République le 7 février 2021, selon ces acteurs de l’opposition, est l’une des raisons fondamentales de l’échec des pourparlers à la Nonciature apostolique qui, aujourd’hui, constitue un débat dans l’opinion publique. Pour ces acteurs, en ignorant les dispositions constitutionnelles, en faisant fi du cadre réglementaire de fonctionnement des institutions de l’État, en s'écartant délibérément des principes de la Charte des Nations unies, en ayant une conception étroite et partiale de la démocratie, l’Exécutif marche vers une précipitation qui risque de tout chambouler.

Réitérant ses positions pour une transition après le départ du président Jovenel Moise, les signataires de cette lettre estiment que Jovenel Moïse ne pourra pas organiser, seul et par décret, des élections, honnêtes, inclusives, transparentes et crédibles. « Aucune révision constitutionnelle ne peut se concevoir en dehors d'un consensus national. Rien ne peut arrêter la marche du temps, il est désormais inévitable de préparer, en toute raison, une transition pacifique au travers d'un réel dialogue inclusif et d'un plan de sauvetage national », martèlent-ils.

Woovins St Phard




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