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Nous avons touché le fond

Nous avons touché le fond



Haïti est en train de toucher le fond ces dernières années. Les gangs armés sont en train d’imposer leur loi à tout le monde. Et ils opèrent avec une facilité telle qu’ils exigent maintenant une reconnaissance légale.


Les gangs armés n’ont jamais été aussi à l’aise depuis l’arrivée de Jovenel Moise au pouvoir. C’est devenu tellement facile qu’ils accaparent les heures d’antenne, se fédèrent, et réclament la reconnaissance légale. Dans l’après-midi du mardi 7 juillet, les différents chefs de gang qui composent le « G9 an fanmi » ont revendiqué le mouvement qui a terrifié, le matin, la population des différents quartiers de la zone métropolitaine. Les informations confirmées un peu plus tard dans la soirée laissent entendre qu’ils exigent non seulement un retour de l’ascenseur de la part des hommes au pouvoir, mais également une reconnaissance légale auprès du ministère des Affaires sociales et du Travail.

Le MAST avait déjà refusé d’accorder à ces individus une autorisation de fonctionnement. Une démarche pareille prouve à quel point les gangs armés ambitionnent de contrôler la vie sociale, politique et économique du pays. Ce n’est pas une situation à prendre à la légère. Ils ont de grands alliés dans le camp du pouvoir. À preuve, en dépit de l’important déploiement de ces gangs armés, aucune présence policière n’a été remarquée. Pourtant, la veille, les policiers ont dispersé un sit-in de paisible citoyen à coup de grenades lacrymogènes. Ici, le pays est au plus profond de l’abime. Il n’y a pas moyen de creuser davantage. C’est peut-être l’heure de la volte-face avant qu’il ne soit trop tard.

Aujourd’hui, la nation haïtienne est devenue la risée de tout le monde. Une référence pour tous les scientifiques et spécialistes qui traitent les questions liées à l’extrême pauvreté. Luis Rodolfo Abiner Corona, à peine élu président de la République dominicaine, son premier sujet a été Haïti. Selon ses déclarations, ce pays est nonviable. Si nous avons l’habitude de penser qu’Haïti est invivable, lui, il va plus loin pour dire que le pays ne présente pas les conditions nécessaires pour durer. Donc, selon Luis Abinader, Haïti disparaitra tôt ou tard. Une déclaration qui devait réveiller la conscience afin de donner une nouvelle direction au pays, repenser son existence et redorer son blason sur la scène internationale.

Pourtant, on commence déjà à envoyer des signaux encore pires. À l’annonce des élections pour le renouvellement du personnel politique, tous les groupes de pression, qu’ils soient proches du pouvoir ou de l’opposition, commencent à montrer l’importance que les armes vont avoir au moment de ces élections, faisant fuir les gens de bien et préparer la place aux écervelés, les usurpateurs de titre, ainsi que les bandits de grand chemin. Alors que dans l’autre partie de l’ile, les gens votent pour la connaissance, le savoir-faire. L’exemple, Luis Abinader détient 3 masters aux États-Unis, dont deux parmi les huit universités privées du Nord-est qui composent l’IvyLeague : « Havard et Darthmouth ».

Il est désormais temps pour que la population haïtienne prenne en considération ses priorités. Les différents secteurs de la population, notamment les médias, ont le devoir de stimuler un militantisme spontané et dynamique, en suivant des exemples qui ont abouti aux résultats escomptés, comme le Printemps arabe en 2011, la grève étudiante déclenchée au Québec en 2012 ou même encore les événements du 6 et 7 juillet 2018 en Haïti. Dans le cas contraire, on risque de voir accomplir la prophétie de Luis Abinader qui estime que le pays ne présente pas les conditions pour durer sur le long terme.

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