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l’Allemagne classée numéro un mondial en matière de leadership politique

l’Allemagne classée numéro un mondial en matière de leadership politique



Selon un sondage mondial réalisé par la firme américaine « Gallup », l’Allemagne serait la nation avec le meilleur leadership politique. C’est la troisième année consécutive que ce pays d’Europe centrale remporte la palme. La chancelière Angela Merkel est ainsi placée devant ses collègues des États-Unis, de la Chine et de la Russie. Comme on devait s’y attendre, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, connaissent une perte de confiance continue.


L’Allemagne est le pays le plus apprécié au monde pour son leadership poli-tique, selon une nouvelle enquête mondiale. Le taux d’approbation en faveur du gouvernement allemand est de 11 points devant les autres pays. Les États-Unis, la Chine et la Russie, se retrouvent loin derrière l’Allemagne. Un bon point pour la chancelière Angela Merkel. Ces dernières années, Berlin a acquis énormément en influence. Les analystes pensent que cela est dû princi-palement au fait que les gens ne font plus confiance aux grandes puissances. En tant que puissance moyenne et une démocratie relativement sobre, l’Allemagne avait toutes les chances pour être retenue.

« Nous vivons à une époque de ruptures politiques mondiales, où les conflits commerciaux, les accords annulés et les guerres par procuration imprègnent trop souvent les relations internationales ! », commente le quotidien alle-mand, « Welt » en date du 27 juillet. À ce sujet, l’exemple le plus frappant est sans doute le conflit ouvert opposant présentement l’ancienne superpuissance américaine et la Chine émergente.

Du côté occidental, on constate sous la présidence de Donald Trump une crise de leadership. Pour certains analystes, cela tient au fait que les États-Unis « ne sont plus prêts à remplir leur rôle traditionnel de puissance dirigeante ». D’autres estiment que c’est l’attitude imprévisible et détonante de son dirigeant qui en est la cause ainsi que ses manières peu avenantes de diriger. Dans le même temps, la politique étrangère de la Chine est devenue plus agressive depuis de nombreux mois. On peut notamment citer la loi sur la sécurité à Hong Kong, étouffant toute opposition politique dans l’œuf.

Toujours est-il que les dirigeants du monde sont encore loin de faire rayonner leurs qualités de leaders. C’est ce que montre cette nouvelle enquête mondiale menée par l’institut de sondage « Gallup » sur la satisfaction à l’égard du rôle de leaders des États-Unis, de la Chine, de la Russie et de l’Allemagne. La Russie, l’Amérique et la République populaire obtiennent de mauvais résultats. Mais le surprenant vainqueur est l’Allemagne. Selon l’enquête, 44 % des personnes interrogées dans le monde considèrent que le rôle de leader de l’Allemagne est positif, tandis que les États-Unis avec 33 % et la Chine avec 32 % se battent pour la deuxième place. La Russie est loin derrière avec 30 %.

Après que la cote d’approbation de l’Allemagne était tombée en dessous de 40 % l’année dernière, la réputation internationale de ce pays connaît au-jourd’hui une amélioration significative au point d’être en tête de peloton.

« Ceci est particulièrement remarquable alors que la puissance moyenne qu’est l’Allemagne n’a ni la force économique ni les moyens militaires pour agir réellement comme une garante de l’ordre mondial. », analyse encore ce confrère. Il estime que les notes positives obtenues par le pays d’Angela Merkel expriment plutôt une sorte de sympathie pour la manière non conflic-tuelle dont l’Allemagne agit en politique étrangère.


Selon Mohamed Younis, rédacteur en chef de « Gallup », ce que les gens souhaitent des nations dominantes, c’est le « soft power » (puissance douce) ; c’est ce qui en tout cas ressort de leurs perceptions globales sur les nations dominantes du monde. Par opposition au pouvoir militaire (hard power), le soft power se fonde, par exemple, sur le rôle de modèle d’un pays et sur la manière dont il peut transmettre ses propres normes et valeurs. Le classement de l’Allemagne comme pays modèle en matière de gestion politique, « dit peu de sa capacité réelle à remplir ce rôle de leader, comme le souhaitent les gens du monde entier ».

Angela Merkel très prévisible

Selon M. Younis, compte tenu des bouleversements mondiaux, il est particu-lièrement important pour les gens que les dirigeants rayonnent de fiabilité. « De ce point de vue, il n’est pas surprenant que le rôle de leader de l’Allemagne soit en tête de liste en 2019, comme elle l’a été ces dernières années. »

La chancelière Angela Merkel, qu’elle soit aimée ou détestée, est l’une des dirigeants les plus prévisibles « en des temps très incertains », écrit Younis, « tant en Europe que dans l’ordre mondial établi après la Seconde Guerre mondiale ». Dans ce monde de loups, l’Allemagne gagne en confiance parce qu’elle est considérée comme « la moins offensive et non sujette à des débordements irrationnels ».

Au niveau régional, l’Allemagne obtient de bons résultats particulièrement. Selon l’enquête, 56 % des personnes interrogées en Europe ont une opinion positive du rôle de leader de l’Allemagne, tandis que les États-Unis (23 points), la Chine (23 points) et la Russie (19 points) ne jouissent guère de la confiance des citoyens. Des personnes de 135 pays ou territoires ont été inter-rogées pour l’enquête, soit environ 1 000 citoyens par pays.

Les bonnes valeurs obtenues par l’Allemagne reflètent aussi et surtout le mécontentement de la communauté mondiale à l’égard des pays qui, en raison de leur puissance, se trouvent en haut de l’échelle internationale.

Sous la présidence d’Obama, la cote d’approbation des États-Uniens était bonne. Après son départ et l’élection de Trump en 2016, elle a chuté de façon spectaculaire, passant de 48 à 30 %. Et les Américains n’ont que très peu récupéré. « L’image des États-Unis dans le monde s’est dégradée depuis les élections présidentielles de 2016 en raison de l’opposition généralisée au ni-veau international concernant les décisions prises par le gouvernement Trump et du manque de confiance en lui en tant que leader, un sentiment largement partagé », commentait en 2018 Pew Research Center dans une publication. En Europe en particulier, la réputation de l’Amérique a chuté à des niveaux historiques ces dernières années : seul un quart des Européens environ pensent que l’Amérique s’en sort bien dans son rôle de leader mon-dial ; le taux de rejet est même passé à 61 % en 2019. En termes de rejet, seule la Russie se classe encore plus haut avec 62 %.

Toutefois, les opinions sur les États-Unis sont clairement divergentes en Eu-rope. Par exemple, le pays reçoit les plus faibles taux d’adhésion de l’Islande (9 %), suivie de l’Autriche (11), de la Russie (11), de l’Allemagne (12) et de la Suède (12). Comme il existe une division claire au sein de l’Union eu-ropéenne entre l’Ouest et l’Est, les Américains, en revanche, jouissent d’une position relativement élevée en Pologne (59 %) et en Hongrie (47). Deux États à tendance autoritaire. Certains y voient une relation de cause à effet.
Si l’on regarde les taux d’approbation de continents entiers, seule l’Afrique offre une image clairement différente. Les États-Unis et la Chine y jouissent d’une estime relativement élevée, avec respectivement 52 et 51 %, tandis que l’Allemagne n’arrive qu’en troisième position avec 46 %. Étonnant !

Ce qui est surprenant pour les confrères allemands, dans les chiffres mon-diaux, c’est que ces dernières années ni la Chine ni la Russie n’ont pu tirer profit de l’énorme perte de confiance dans l’Amérique. Dans le contexte de la politique d’expansion russe et de la nouvelle agressivité chinoise, la réputa-tion des puissances concurrentes reste très faible. Beaucoup d’observateurs estiment que l’Amérique aura de toute manière beaucoup à faire si un nouveau président américain veut renouer avec un comportement moins fulgurant et décapant que celui de Trump. En attendant, la tendance actuelle penche vers le « soft power » de l’Allemagne et non vers le « hard power » des régimes autoritaires. Dans ces temps troublés, c’est grâce à sa qualité de vie, sa stabilité économique et son sens de l’innovation qui ont fait de ce pays d’Europe numéro un mondial.

Huguette Hérard




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