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Pour le CARDH, les droits économiques et sociaux sont massacrés sous la présidence de Jovenel Moise

Pour le CARDH, les droits économiques et sociaux sont massacrés sous la présidence de Jovenel Moise



La violation des droits économiques et sociaux de la population haïtienne est à son paroxysme sous la présidence de Jovenel Moise. Selon le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), les droits économiques et sociaux sont massacrés.


À travers ce rapport de 44 pages du CARDH sur l’administration de Jovenel Moise, « Quinquennat de Jovenel Moïse, droits sociaux et économiques : un massacre imminent au-delà des tueries par balle dans des quartiers populaires », le Centre relève la détérioration aggravante des conditions de vie socioéconomique de la population haïtienne. Outre de la violation des autres droits de la population, les droits socioéconomiques sont aussi bafoués au même titre et même plus. « En 2017, 1.3 million d’Haïtiens étaient en insécurité alimentaire chronique contre 4.1 au début de l’année 2020, une augmentation de quasiment 300 % en trois ans », constate l’organisation de défense de droits humains, dirigée par maitre Gédéon Jean, qui estime qu’à la fin de l’année, qu’environ 5 millions d’Haïtiens, soit presque la moitié de la population, seront en insécurité alimentaire chronique.

Suivant le CARDH, la période entre 2017 et 2020 a vu l’une des dépréciations de la gourde les plus marquées, atteignant 118 gourdes pour un dollar américain en juillet 2020, contre 62 gourdes en 2017, une dépréciation de près de 100 % en trois ans. Cette dépréciation va de pair avec une augmentation du prix des produits de première nécessité. Pour le Centre, cette situation est due en quelque sorte à une perte considérable d’emplois en 2019 et 2020 : épisodes de « pays lock » (presque pendant toute l’année 2019) émaillés de violences dans quasiment tout le pays, lors desquelles de nombreuses entreprises privées et publiques ont été pillées, d’autres forcées de fermer ; la découverte officielle, le 19 mars 2020, des premiers cas de COVID-19, pandémie affectant largement l’économie mondiale, notamment l’économie haïtienne, déjà anémiée : fermeture de certaines entreprises, diminution de moitié du personnel dans certains cas, avec une réduction de 25 à 50 % de salaire.

Pendant presque deux quinquennats, les conditions de vie de la population se sont dégradées à un rythme croissant sans précédent, indique le CARDH qui souligne que la pauvreté aurait doublé si l’on considère les facteurs connexes : chômage ; insécurité alimentaire chronique. Selon les rapports nationaux et internationaux, Haïti est encore aujourd’hui le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, avec un Produit intérieur brut (PIB par habitant de 756 dollars américains en 2019 et un Indice de développement humain (IDH le classant 169 sur 189 pays en 2019, rapporte le Centre.

Comparé avec la République dominicaine, le pays enregistre une différence de 10 ans de l’espérance de vie à la naissance d’un Haïtien (64 ans) comparé à un Dominicain (74 ans). Un Dominicain adulte aura reçu en moyenne presque 3 ans d’éducation en plus qu’un adulte de l’autre côté de la frontière, relate le rapport. Le Revenu national brut par habitant en République dominicaine est plus de neuf fois plus élevé qu’en Haïti pour approximativement le même nombre d’habitants. En d’autres termes, bien qu’Haïti et la République dominicaine aient une population de taille similaire (11.1 millions et 10.6 millions respectivement), la richesse produite par les citoyens et entreprises (RNB) par habitant est significativement plus importante en République dominicaine, affirme le CARD.

Outre le chômage endémique, il convient de considérer les salaires des professionnels haïtiens, représentant la classe moyenne, qui tendent à se dévaluer de jour en jour avec la dépréciation accélérée de la monnaie locale. « En analysant les salaires moyens de différentes professions, on observe que même les personnes qualifiées, ayant suivi une formation professionnelle et/ou universitaire, pouvant être considérées comme classe moyenne, vivent, elles aussi, dans la pauvreté », précise le CARDH.

L’accès à la santé reste toujours un casse-tête jusqu’à présent dans le pays. Les principaux hôpitaux publics du pays fonctionnent dans la grande précarité, constate le Centre qui relève que pendant les deux premiers mois de l’état d’urgence (mars-avril), a révélé que les hôpitaux de référence des chefs d’arrondissement n’étaient toujours pas équipés pour répondre à la pandémie.

S’il est vrai que la Constitution haïtienne et les conventions signées par le pays reconnaissent les droits économiques et sociaux, la population peine à jouir de ces droits au même titre que les autres droits humains. À en croire à la lecture du Centre, la dégradation accélérée des conditions de vie de la population annonce une catastrophe humaine au-delà des droits humains de nature civile et politique ayant une attention plus soutenue.

Woovins St Phard




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