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Fin de l’état d’urgence sanitaire : quel bilan ?

Fin de l’état d’urgence sanitaire : quel bilan ?



19 mars dernier, par arrêté présidentiel, l’exécutif avait déclaré l’état d’urgence sanitaire sur tout le territoire national. Un mois après, cette décision a été renouvelée pour au moins 60 jours. Ce mardi, avec une simple déclaration dans la presse, le Premier ministre haïtien a mis fin à l’état d’urgence sanitaire. Si dans tous les pays touchés par la pandémie du coronavirus, les gouvernements font d’abord le bilan et annonce de nouvelles perspectives avant même la fin de l’état d’urgence, en Haïti, c’est tout le contraire.


Partout à travers le monde, des mesures transitoires de sortie de l’état d’urgence sanitaire sont adoptées. En Haïti, le pouvoir se contente d’uniquement de déclarer la fin de l’état d’urgence sanitaire sans aucune loi définissant les modalités de sortie. Pourtant, des incertitudes liées à l’évolution de l’épidémie de Covid-19 perdurent encore en Haïti. Presque tous les jours, le ministère de la Santé publique et de la Population présente un nombre de décès, et cas positifs de Covid-19 recensés en Haïti. Une réalité qui prouve que le pays devait passer par un régime ad hoc transitoire avant de tourner totalement la page du coronavirus. Donc, on sort de l’état d’urgence en Haïti sans perspectives réelles.

Quel bilan concernant la gestion de l’aide internationale ?

Comme tous les autres pays pauvres du monde, Haïti a reçu beaucoup d’aides financières et appuis matériels et techniques afin de faire face à la pandémie du nouveau coronavirus. Au cours du mois d’avril, à partir des fonds disponibles sur l’enveloppe du programme bilatéral, l’Union européenne avait mobilisé 165 millions d’euros pour soutenir Haïti face à la Covid-19. Et durant le mois de juillet, dans le cadre de l’enveloppe d’urgence de 15 millions d’euros, l’UE avait dépêché un vol humanitaire de concert avec la Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). Soixante-douze (72) tonnes d’équipements médicaux, du matériel d’urgence et d’équipements de protection individuelle, donations de plusieurs organisations et entités, dont le Centre de crise et de soutien (CDC) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en France, Médecins sans frontières (MSF) et autres ONG, ont été livrés au gouvernement haïtien.

Par ailleurs, durant le mois de mai, la Banque mondiale a accordé 9.5 millions de dollars pour supporter la sécurité alimentaire en Haïti pendant la pandémie de Covid-19. Peu de temps avant, soit au cours du mois d’avril, le groupe de la Banque mondiale avait approuvé un don de 20 millions de dollars pour soutenir la réponse d’Haïti face à la Covid-19 (Coronavirus). En outre, le Fonds monétaire international (FMI) avait, de concert avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), mobilisé environ 125 millions de dollars pour aider Haïti à faire face au Covid-19. En plus de l’aide internationale, des fonds du Trésor public ont été également mobilisés afin de faire face au coronavirus. Ainsi, le gouvernement de Joseph Jouthe avait annoncé une commande de 18 millions de dollars de matériels médicaux auprès de la Chine.

L’ensemble de ces efforts a été sans doute déployé dans le cadre d’une réponse à la pandémie du nouveau Coronavirus. À ce moment, le gouvernement craignait une flambée des cas de Coronavirus en Haïti. Les prévisions des experts de la cellule scientifique qui gère la crise étaient alors de 20 000 morts à l’atteinte du pic de la pandémie en Haïti dès le mois de mai. Aujourd’hui, selon les données fournies par le ministère haïtien de la Santé publique (MSPP), Haïti s’en sort plutôt bien face à la maladie. Le nombre de cas confirmés est de 7 371, et le nombre de décès est de 158. Donc, au lieu d’un engorgement du système sanitaire haïtien, les Haïtiens fuient les hôpitaux et puisent dans la médecine traditionnelle. À preuve, les centres de traitement du coronavirus en Haïti sont restés quasiment vides durant la période de passage de la pandémie dans le pays.

Face à une pareille réalité, il y a lieu de se questionner et de réclamer un bilan de la gestion de l’aide humanitaire dans le pays. À date, personne ne sait si toutes les aides financières promises à Haïti ont été totalement débloquées, mais on sait qu’une majorité a déjà été acheminée au pays. Et on n’a pas la certitude que tous ces fonds sont déjà utilisés dans le cadre de cette gestion ratée du coronavirus en Haïti. Si le pays n’a pas compté les cadavres par milliers, ce n’est pas grâce aux efforts du gouvernement. Encore aujourd’hui, dans certaines grandes villes de province et autres communes un peu plus reculées, les personnels sanitaires au niveau des hôpitaux publics réclament de meilleures conditions de travail, c’est-à-dire, matériels sanitaires et ajustement salarial. Plusieurs personnalités politiques, dont le sénateur Youry Latortue, ont déjà attiré l’attention de la population sur des cas avérés de corruption dans la gestion du Coronavirus en Haïti. Alors, le pouvoir a le devoir de faire un bilan de sa gestion à la population.

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