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La libération forcée des cinq policiers hypothèque l'enquête autour de la mort de Me Dorval

La libération forcée des cinq policiers hypothèque l'enquête autour de la mort de Me Dorval



Le samedi 12 septembre, la rue était en ébullition. Et sous l'effet de pression, la Justice a cédé. Des policiers du groupe « Fantôme 509 » ont poussé le pouvoir, notamment le commissaire du gouvernement, à prendre une décision qui pourrait entraver l'enquête sur l'assassinat de Me Dorval et empêcher son aboutissement.


L'enquête autour de la mort de Me Monferrier Dorval est en train d'être réalisée sur la place publique. C'est déjà une mauvaise chose. Les accusations sont nombreuses. L'opposition fustige le pouvoir en place, et le pouvoir tire à boulets rouges sur l'opposition. Chaque groupe essaie de profiter au mieux de la mort du bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince. Mais en plus de cela, des décisions prises dans le cadre de l'enquête ont été cassées par des mouvements de mobilisation sur le terrain. Une situation assez grave qui ne fait qu'hypothéquer cette enquête dont les conclusions sont attendues depuis au moins deux semaines par toute la population haïtienne.

Au lendemain de la mort de Me Monferrier Dorval, la scène de crime a été vandalisée. Des éléments de preuve ont disparu. Ainsi, une mesure de mise en isolement a été prise contre une équipe de 5 policiers de l'UDMO chargés de surveiller la maison du professeur et d'empêcher à quiconque d’accéder à la scène du crime. On ne sait pas si la prison a été la meilleure décision, mais personne n'oserait prétendre que ces 5 policiers ne devraient pas répondre aux questions de la justice dans le cadre de l'enquête. Pourtant, sous l'effet de pression, la justice a cédé. Les policiers ont été remis en liberté. Le Premier ministre a même qualifié de faute administrative cette erreur grave commise par les policiers, laissant uniquement à l'IGPNH le soin de gérer la situation.

Cette mise en liberté sous pression des policiers est une mauvaise note pour l'enquête autour de la mort du professeur Dorval. Ces 5 policiers ont été incarcérés sous l'accusation d'avoir facilité, par leur absence ou leur passivité, le vandalisme d'une scène de crime. Dans ce cas, ces cinq policiers sont de présumés complices. Et au regard du droit, la complicité dans la destruction d'une scène de crime est une infraction pénale. Plusieurs personnalités et institutions, dont l'Office de protection du citoyen, fustigent le commissaire du gouvernement par le fait qu'il a décidé de lancer des mandats de dépôt à l'encontre de ces policiers. Mais par contre, beaucoup d'autres pensent que l'erreur est surtout de libérer ces policiers sans même les questionner concernant ce qui s'est réellement passé ce jour-là.

En outre, plusieurs professionnels du droit croient que s'il y a eu rappel de ces 5 policiers à leur poste, il devrait quand même y avoir une explication. Leur supérieur hiérarchique, disent-ils, devrait expliquer pourquoi cette équipe a été rappelée sans être remplacée par une autre, laissant ainsi le champ libre aux personnes ayant l'intention de vandaliser la maison. Par ailleurs, ce qu'ils redoutent le plus, c'est l'incapacité du commissaire du gouvernement à prendre à l'avenir une décision contre d'éventuelles personnalités impliquées dans le meurtre du professeur. Ces individus, qui partagent leur opinion à travers des émissions de débat depuis ce week-end, estiment que si dès le départ un groupe d'individus a le pouvoir de casser une décision du commissaire dans le cadre de cette enquête, la réaction, de toutes personnes impliquées bénéficiant d’une quelconque influence dans le pays, sera aussi de mobiliser ses ressources afin de faire rétracter la Justice. Ce qui serait mauvais pour l'aboutissement de l'enquête.

Déjà, l'Ordre des avocats de Port-au-Prince s'insurge contre l'intrusion du Premier ministre et du protecteur du citoyen dans l'enquête autour de la mort de Me Dorval. Selon le Barreau, par ces sorties médiatiques, ces hauts dignitaires transforment l'implication des policiers dans le vandalisme de la scène de crime en une simple faute administrative alors que l'acte est manifestement assimilable à une obstruction à l'enquête en cours. Ainsi, le Barreau critique le fait qu'au lendemain du crime, le président de la République ainsi que le ministre des Affaires étrangères, respectivement dans une adresse à la nation et une lettre adressée à la communauté internationale en Haïti, ces deux personnalités avaient tenté d'orienter l'opinion sur des pistes qu'ils ont privilégiées. D'après le Barreau, les irrégularités entachant l'enquête autour de la mort du bâtonnier ne font que confirmer les doutes de l'assemblée des avocats concernant la volonté réelle des autorités de mener une enquête crédible.

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