S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Dans l’Artibonite, à Anse-Rouge, le président Jovenel Moise promet une station de dessalement de l’eau de mer

Dans l’Artibonite, à Anse-Rouge, le président Jovenel Moise promet une station de dessalement de l’eau de mer



Accompagné des membres de son équipe, le chef de l’État haïtien a fait une tournée dans différentes communes de la République durant le week-end. Si certaines de ces visites ont été à caractère touristique, en revanche, d’autres ont été des visites d’inauguration de quelques réalisations de son administration.


La tournée du président a commencé avec l’arrivée du rappeur américain Kanye Omari West, dans la deuxième ville du pays, pour une visite à l’île de la Tortue et Labadee, station balnéaire haïtienne, le vendredi 25 septembre. La visite du milliardaire de l’industrie musicale américaine n’a pas été annoncée. Pourtant, tout a été planifié. Aux côtés du président Jovenel Moise, le rappeur a eu le temps de balader dans le nord du pays, prendre connaissance un peu de la culture et goûter à quelques spécialités culinaires haïtiennes avant de retourner aux États-Unis.

Suite au départ du rappeur, candidat à l’élection présidentielle américaine dans 8 États, le président Jovenel Moise a terminé le week-end en faisant quelques visites d’inauguration des réalisations de son administration en dehors de la capitale. En cette occasion, le chef de l’État haïtien a profité pour s’adresser à la population sur les élections, les initiatives de son administration, les mauvais coups de l’opposition, etc. Et c’est ainsi que le chef de l’État, de passage dans le département de l’Artibonite (Anse-Rouge), a promis le lancement prochain d’un projet de transformation de l’eau salée en eau douce.

Un extrait de ce discours du président de la République tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Un discours fait dans un contexte où le président procédait à l’inauguration des systèmes de pompage solaire, et parlait du phénomène de pénurie d’eau que confrontent les habitants de cette localité, avant de se rendre à Port-de-Paix pour l’inauguration d’un centre germoplasme forestier et fruitier. Depuis cette déclaration, le débat sur les promesses de Jovenel Moise avant et pendant son quinquennat retourne dans l’actualité. Des gens se questionnent déjà sur la faisabilité de ce projet durant le reste du mandat de Jovenel Moise.

Face à la pénurie d'eau douce dans certains pays du monde, le processus de dessalement commence à se placer comme la solution la plus évidente. Et ce, spécialement pour les pays où la population est principalement côtière. Selon les rapports d’organisations internationales, environ 17.000 usines de dessalement dans près de 12 pays produisent près de 66 millions de m3 d’eau, dont les deux tiers sont spécialement dédiés à la consommation quotidienne. Pourtant, c’est un processus risqué et complexe, d’après l’Organisation des Nations unies qui déconseille cette activité.

Selon une étude menée par des chercheurs canadiens, néerlandais et coréens en 2019, ce caractère de plus en plus incontournable du dessalement d'eau de mer constitue toutefois un danger croissant pour l'environnement. Le processus de dessalement est extrêmement énergivore, et il y a là aussi la saumure, à savoir de l'eau chaude, substance chimique très concentrée en sel et autres minéraux qui sont néfastes pour l’environnement. D’après l’étude, en moyenne, la production d'un litre d'eau potable implique celle de 1,5 litre de saumure, bien que les valeurs varient considérablement, en fonction de la salinité de l'eau d'alimentation, de la technologie de dessalement utilisée, ainsi que des conditions de la zone d’opération.

Par conséquent, en plus de l’aspect nuisible de ce processus, il y a lieu de se questionner sur la faisabilité de ce projet durant le reste du mandat présidentiel. Les techniques de dessalement sont très couteuses. Les matériels sont très chers, aucun pays pauvre du niveau d’Haïti ne se dote pas encore de cette capacité qui nécessite un gros investissement de la part de l’État ou un contrat avec une multinationale spécialisée dans ce domaine. Donc, dans un contexte où le pouvoir éprouve d’énormes difficultés à rendre effectif le projet de courant 24 h sur 24, et d’autres projets, à première vue réalisable, il est nécessaire de se questionner sur cette démarche en ce qui concerne les coûts d’opération, le temps, quand on sait que le chef de l’État est à la fin de son quinquennat.

Evens REGIS




Articles connexes


Afficher plus [7183]