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Élections américaines du 3 novembre 2020: entre le doute et la stupeur

Élections américaines du 3 novembre 2020: entre le doute et la stupeur



D’ici deux semaines se tiendront les élections présidentielles aux États-Unis. Toute la planète a maintenant les regards dirigés vers le pays de Georges Washington. L’enjeu principal est de savoir qui sera le prochain président des États-Unis: Joe Biden ou Donald Trump. Comme en 2016, la tension monte dans le monde pour savoir qui sera assis dans le Bureau ovale en janvier 2020.


Depuis plusieurs semaines, les sondages donnent gagnant l’ex vice-président des États-Unis. Mais ces sondages disent-ils la vérité, toute la vérité et rien que la vérité autour des véritables intentions du corps électoral américain ? Si l’on peut s’exprimer ainsi.

Les intentions du corps électoral?

Le terme est sans doute un peu fort, car le corps électoral dans un système démocratique et multipartiste ne saurait être un bloc monolithique dans ses idées, dans ses intentions et dans son comportement. Ce n’est que dans les régimes à caractère totalitaire qu’on pourrait rencontrer une unanimité de façade et même la encore il y a des dissidences.


Les sondages et la vérité


Pour cesser de tourner autour du pot, nous allons droit au but en nous posant la question de savoir si les sondages sont corrects en prédisant la victoire incontestée et incontestable de Biden sur Trump. On se rappelle qu’en 2016, les sondages prévoyaient également une victoire massive de Hillary Clinton sur Donald Trump. Nous connaissons la suite de l’histoire. Dans ce contexte il faut garder une certaine prudence, car les jeux ne sont nullement faits et tout n’est pas encore dit à moins de deux semaines du grand soir du 3 novembre 2020. Les deux candidats ont toutes leurs chances mêmes si les sondages pour le moment disent le contraire. Cependant, Donald Trump part avec un désavantage conjoncturel certain en raison de sa mauvaise gestion de la Covid-19. Un autre désavantage nous ne savons pas encore avec certitude si les fameux « swinging states » lui accorderont leurs faveurs comme en 2016. De toute manière, il est sûr et certain que la partie ne sera pas facile en Floride pour l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Deux faits importants permettent de juger en ce sens; d’une part depuis tantôt 15 mois on assiste à une mobilisation massive de l’électorat démocrate dans cet État du sud des États-Unis et d’autre part il est de plus en plus sûr que Donald Trump ne bénéficiera pas comme en 2016 de la sympathie agissante de l’électorat haitiano-américain de Floride. Nous rappelons que les Haitiano-Américains en Floride sont autour de 420.000 soit 2 % de la population de cet État. Cependant dans le cadre d’une élection où les enjeux sont très élevés ces 2 % peuvent faire une différence majeure si son vote est massif et dans le cas de Donald Trump ce vote sera massivement en faveur de Joe Biden et l’on peut être sûr et certain que 98 % du vote de cette fraction de l’électorat de Floride ira au candidat démocrate.


Vers un Stalingrad électoral?


En raison de la configuration du vote en Floride, il est à 65 % sûr que Donald Trump pourrait perdre cet État à moins d’un miracle électoral. Bien évidemment la perte de cet État pourrait entraîner rapidement au cours de cette gigantesque soirée électorale un effet domino sur les États de la « rustbelt » qui sont pour la plupart des « swingstates ». Mais la géopolitique des élections de 2020 n’est plus tout à fait la même que celle de 2016 et en raison de certaines erreurs stratégiques et tactiques de Donald Trump des bastions du parti républicain comme le Texas ou la Géorgie pourraient tomber dans l’escarcelle du parti démocrate. Si les démocrates arrivent avant 22 h le 3 novembre 2020 à remporter les élections au Texas, en Géorgie et en Floride, c’en est fait de Donald Trump et le parti républicain pourrait perdre les deux instances du Parlement américain. Y aura t’il donc un raz de marée démocrate lors de cette soirée historique et inédite? Rien ne permet de le prévoir pour le moment à moins que Bernie Sanders sous l’effet Kamala Harris remobilise en une sorte de « guerre éclair » la gauche du parti démocrate pour la lancer à fond dans la bataille électorale. Mais Donald Trump est un dur à cuire et il a plus d’un tour dans son sac à dos. La pandémie Covid-19 lui a été fatidique, car sans cette dernière qui a bouleversé la donne économique il aurait pu remporter haut la main cette élection...malgré ses bourdes qu’il tire régulièrement de son magasin de farces et attrapes. En fait, la plus grande victoire de Trump sera d’avoir réussi à imposer l’idéologie isolationniste non seulement à l’intérieur même du parti républicain, mais aussi d’avoir imprégné de cette marque isolationniste la politique étrangère américaine. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la présidence de Donald Trump aura été celle qui a effectué le moins d’interventions militaires dans d’autres pays. Il n’a pas donné l’ordre d’attaquer militairement le Venezuela de Nicolas Maduro, il n’a pas rasé la Corée du Nord sous le feu nucléaire comme l’y poussaient John Bolton et certains néo-conservateurs et après un coup d’État postmoderne le MAS d’Evo Morales est revenu tranquillement en Bolivie suite aux dernières élections. Sous sa présidence, les troupes américaines ont évacué la Syrie à 95 %, etc. Il est vrai que ce comportement diplomatico-stratégique s’explique en grande partie par son isolationnisme profond qui a échappé à l’attention de la plupart des observateurs de la scène stratégique mondiale. Avec Joe Biden tout cela changera-t-il? Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, car aux Etats-Unis, la bataille de Stalingrad va bientôt commencer. Et cette bataille électorale se mènera quartier par quartier et maison après maison. Ce sera la plus grande bataille électorale à laquelle nous allons assister et elle se fera entre Donald Trump et le « trio de la mort » Joe Biden-Kamala Harris- Bernie Sanders.


Azad Belfort

Spécialiste en Relations internationales




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