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Seuls cinq centres de détention proposent un programme académique et/ou vocationnel aux détenus

Seuls cinq centres de détention proposent un programme académique et/ou vocationnel aux détenus



Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a publié le 27 octobre 2020, un rapport sur la préparation à la réinsertion sociale des détenus-es. Les données colligées dans 20 espaces pénitentiaires, 19 prisons fonctionnelles et 1 commissariat, permettent, à ceux et celles que la question intéresse, de prendre connaissance des activités mises en œuvre en milieu carcéral dans le but d’aider à la réinsertion sociale des ex-détenus-es.


L’organisation de promotion et de défense des droits de la personne en Haïti, membre de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), le RNDDH a rendu public le contenu de son rapport d’étude portant sur la préparation de la réinsertion sociale des détenus. Selon ce rapport, « les conditions générales de détention restent et demeurent une préoccupation. Elles ne respectent en rien les droits fondamentaux ou la dignité des personnes incarcérées. »

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) avec ce rapport montre combien la situation juridique des détenus n’a pas évolué malgré tout l’argent dépensé dans des programmes d’assistance légale. Les grèves à répétition, la corruption des agents d’intervention de la justice haïtienne et les crises sociopolitiques ont impacté le taux de détention préventive prolongée. « En effet, au 20 octobre 2020, la population carcérale haïtienne est estimée à 11.131 détenus-es, dont 8.809 en attente de jugement et seulement 2.322 condamnés. Ainsi, 79,14 % de la population carcérale sont en attente de jugement et 20,86 % sont condamnés. Et, sans surprise, la juridiction de première instance de Port-au-Prince affiche, avec 38,75 % le taux le plus élevé de personnes en situation de détention préventive illégale et arbitraire », lit-on dans le rapport.

Alors que la réinsertion sociale des détenus est prévue dans les Règlements internes des établissements pénitentiaires (RIEP) et l’ensemble des règles minima pour le traitement des détenus aussi dénommée les Règles Nelson Mandela, sa mise en place dans les centres de détention nationaux laisse à désirer. Pour s’enquérir des dispositions prises pour assurer la réinsertion sociale pourtant perçue comme réussite de la réadaptation de l’ex-détenu-e dans son cercle social, après qu’il eut passé un certain temps en dehors de cet environnement habituel, le RNDDH et ses structures régionalisées ont visité les dix-neuf prisons fonctionnelles du pays ainsi qu’un des commissariats convertis en prison. Les moniteurs-trices déployés sur le terrain se sont entretenus avec les responsables des établissements. Les données relatives à la disponibilité de programmes de formation des détenus dans les espaces pénitentiaires monitorés sont criantes.

« Seuls cinq (5) des vingt (20) espaces pénitentiaires visités dans le cadre de cette étude, disposent ou disposaient dans un passé pas trop lointain, d’un programme de formation pour des détenus-es. Il s’agit du CERMICOL, et des prisons civiles de la Croix-des-Bouquets, de Cabaret, de Carrefour et de Fort-Liberté II », mentionne le rapport. Les données recueillies font une description des programmes disponibles dans les centres en question, le CERMICOL offre « en plus d’une formation classique continue, cinq (5) cours aux mineurs en détention : informatique, plomberie, cordonnerie, couture et anglais », la prison civile de la Croix-des-Bouquets « dispensait autrefois un cours de couture et dispose de plusieurs machines à coudre pour assurer un bon apprentissage des détenus. En mars 2020, il a été décidé de mettre fin à ce cours avec la découverte en Haïti, de deux (2) personnes infectées par la COVID-19 », poursuit le rapport. Les détenus de ce centre carcéral bénéficient depuis quelques mois, d’un cours biblique audiovisuel dispensé par un ministère évangélique sud-coréen.

La situation à la prison civile de Cabaret semble plus radieuse. « Les deux cent trente-huit (238) femmes et filles qui y sont incarcérées ont accès à une formation académique et une formation vocationnelle. Cinq (5) cours sont dispensés : cuisine, informatique, anglais, macramé et couture. Pour la tenue des cours de cuisine, des fours et des ustensiles sont mis à la disposition des apprenantes. Pour l’informatique, plus de vingt (20) ordinateurs portables ont été offerts à l’établissement. De même, pour la couture, des machines à coudre, des rubans métriques et autres matériels nécessaires sont disponibles. Dans le temps, la prison civile de Cabaret offrait des cours de carrelage, de cosmétologie et de préparation de produits chimiques nettoyants » signale le rapport.

Les trois programmes de formation en couture, informatique et plomberie dispensés à la prison civile de carrefour ont été suspendus à cause de la Covid-19. « De plus, une formation en gestion de poules était dispensée aux détenus avant la Covid-19. Elle a cependant permis d’installer un poulailler au sein même de la prison », indique le RNDDH. Si les démarches sont encore en cours pour la mise en place d’une formation en pisciculture au sein de la prison civile de Fort Liberté II, avant la Covid-19, les détenus pouvaient bénéficier des cours suivants : alphabétisation, artisanat, peinture, agriculture et couture. Les matériels nécessaires à la réussite du processus d’apprentissage des détenus étaient mis à leur disposition. Les autres centres carcéraux, y compris la prison civile de Port-au-Prince, ne dispensent aucun cours aux détenus-es. Des travailleurs sociaux accompagnent les détenus-es de certains centres : CERMICOL et prisons civiles de Fort-Liberté II, de Port-au-Prince et de Carrefour. Cependant, ils ne travaillent pas régulièrement.

Les Règles minima pour le traitement des détenus, outre le travail en prison, mettent en évidence la valeur ajoutée de l’éducation, la formation et les loisirs pour une bonne réinsertion sociale des anciens détenus-es. « En ce sens, la règle 104.1 dispose que l’éducation des détenus est primordiale. De même, des activités récréatives et culturelles doivent être organisées dans toutes les prisons, dans le but d’assurer le bien-être physique et mental des détenus-es », rappelle le rapport avant de préciser que « Quelques téléviseurs dans certaines prisons, des ballons de football dans d’autres et rarement accès au grand air, telles sont les seules activités récréatives auxquelles ont droit les détenues-es ». Dans beaucoup de prisons, les loisirs et activités récréatives n’existent pas. Les détenus sont soumis à un strict régime cellulaire et ne sortent des cellules que pour leurs ablutions et les extractions judiciaires.

Face à cette situation, le RNDDH et ses structures régionales recommandent aux autorités, entre autres, de mettre en place dans toutes les prisons du pays un programme continu de réinsertion sociale des détenus-es, renforcer les programmes existants en fournissant aux responsables de prison les ressources humaines et matérielles nécessaires à l’apprentissage des détenus-es, payer aux enseignants-tes les arriérés de salaire et régulariser la situation.

Stevens Jean François




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