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L’Allemagne s’arme contre le racisme et l'extrémisme de droite

L’Allemagne s’arme contre le racisme et l'extrémisme de droite



Le gouvernement allemand vient d’approuver un ensemble de mesures destinées à lutter contre le racisme et l’extrémisme de droite. Elles vont de l’éducation à des lois pénales en passant par la prévention et la détection des délits.


« Il s’agit de renforcer notre démocratie vigoureuse », a déclaré la ministre fédérale de la Justice, Christine Lambrecht, à propos de l'objectif des mesures adoptées. La social-démocrate a annoncé que les décisions – au nombre de 89 - seront mises en œuvre rapidement.

Le catalogue de mesures a été élaboré par plusieurs ministères en collaboration avec la société civile. Un comité ministériel de lutte contre l'extrémisme de droite et le racisme, créé après l'attaque raciste de Hanau (1) en février 2020, les a compilées. L’objectif était d'élaborer des mesures contre l'extrémisme de droite, le racisme, l'antisémitisme, l'antiziganisme, la haine anti-musulmane et toute autre forme de misanthropie à l’égard de groupes.

Pour y parvenir, le paquet prévoit notamment un travail de prévention plus intensif, un renforcement des autorités de sécurité, des lois pénales plus strictes, une meilleure assistance aux personnes concernées et un échange plus étroit avec la société civile. Selon le quotidien « Tagesschau » en date du 2 novembre, la loi sur la promotion de la démocratie que le parti social-démocrate (SPD) réclame depuis longtemps, mais qui est considérée avec scepticisme par les conservateurs de l’Union CDU/CSU (droite conservatrice), devrait également voir bientôt le jour.

Côté pénalisation, Mme Lambrecht a souligné certains points clés des changements juridiques prévus. Elle a expliqué par exemple que « ceux qui ne reçoivent pas d'appartement uniquement en raison de leur origine ethnique ou de leur religion auront plus de temps pour s'en défendre légalement - six mois au lieu des deux mois précédents ».

En outre, les extrémistes de droite n’ont plus le droit de dresser des « listes d’ennemis ». Pointer du doigt et menacer publiquement des adversaires est désormais considéré comme une infraction pénale punissable. Certains délits sont déjà mis en œuvre ou en cours de réalisation, d'autres sont nouveaux. Une nouvelle infraction vient d’être créée. Tenir des propos antisémites ou racistes à l’endroit d’une personne spécifiquement est puni par la loi.

L'insulte à visée blessante deviendra désormais une infraction pénale distincte. Il s'agit ici des insultes discriminatoires à caractère provocateur adressées personnellement aux personnes concernées et qui ne sont donc pas publiques. Ils ne sont donc pas considérés comme une « incitation du peuple », comme l'a expliqué un porte-parole du ministère de la Justice.

Un aspect préventif et éducatif

Au-delà de la répression des délits, il y a dans cette lutte contre le racisme et l’extrémisme de droite il y a un aspect informatif, préventif et éducatif. Par exemple, le plan de mesures prévoit plusieurs études en vue d’acquérir plus de clarté sur la dimension des idées incluses dans le plan d'action afin de mieux cerner l'ampleur des attitudes racistes, antisémites, antimusulmanes ou tziganes. Le plus grand projet de recherche porterait, apprend-on, sur l'étude du racisme quotidien dans la société civile, dans l'économie et au sein des institutions publiques. On estime qu’on ne sait pas encore les domaines qui seront couverts exactement dans ce contexte. Le ministère fédéral de l'Intérieur est responsable de cette tâche.

Des projets de recherche seront également menés pour examiner la vie quotidienne des policiers, l'islamophobie, le racisme dans la politique culturelle et éducative étrangère et les expériences des victimes du racisme.

En matière de prévention, il est prévu des projets et des programmes qui, par l'éducation et l'échange, viseront à prévenir les attitudes misanthropiques. Ils constituent un fil conducteur dans le catalogue de mesures.

Il est prévu, par exemple, d’améliorer la formation politique des jeunes et de promouvoir les voyages extrascolaires sur les sites de commémoration. Le ministère fédéral de l'Intérieur va mettre en place un programme de prévention « Demokratie im Netz » (« Démocratie sur le Net »).

Le plan de mesures va soutenir ce qu’on appelle des projets de démocratie. À cette fin, le comité gouvernemental responsable recommande « d'améliorer le cadre juridique et budgétaire » de ces projets.

Baromètre du racisme

Dans le domaine de la prévention, il est prévu ce que les promoteurs de cette réforme appellent un « baromètre du racisme ». Il sera utilisé pour évaluer scientifiquement les incidents racistes et d’extrémisme de droite survenus en Allemagne. Un conseil d'experts doit conseiller le gouvernement fédéral sur les questions d'intégration, de participation et de lutte contre le racisme. « Entre 2021 et 2024, un total de plus d'un milliard d'euros sera investi dans ce domaine », indique le quotidien « Tagesspiegel ».

Le Conseil aux victimes fait partie des mesures d’accompagnement prévues. La commissaire à l'intégration, Annette Widmann-Mauz (CDU), devrait pouvoir mettre en place le centre de conseil qu'elle a demandé, avec une ligne d'assistance téléphonique pour les personnes touchées par le racisme. Ce serait le premier point de contact à l'échelle nationale.

Pour le délégué du gouvernement fédéral à l’aide aux victimes, Edgar Franke (SPD), les agitateurs et les racistes étaient beaucoup trop bruyants, même s'ils représentaient une petite minorité. « Nous devons enfin tourner notre attention de manière cohérente vers ceux qui sont insultés, menacés et attaqués quotidiennement par les extrémistes de droite et les ennemis de la démocratie », a-t-il déclaré. Il estime que l'engagement des nombreuses initiatives et organisations qui s'occupent des victimes d'attentats devrait être considérablement renforcé.

Un fait hautement symbolique : le terme « race » devrait disparaître de la Loi fondamentale, comme l’avaient demandé les écologistes en novembre dernier, proposition ayant reçu lors de l’approbation de la ministre de la Justice, Lambert. Ce mot figure notamment dans l'article 3 paraphrase 3 de la Constitution allemande qui interdit toute discrimination fondée sur le sexe, l’origine, la langue, la patrie, la religion et la « race ». On estime que le dernier terme est à bannir étant donné qu’il suppose l’existence de races distinctes alors qu’il n’y a qu’une : l’humaine. Il n’existe pas d’arguments biologiques pouvant légitimer l’existence de races, selon le zoologue Martin Fischer.

Huguette Hérard

N.D.L.R.
(1) Cet extrémiste de droite, raciste et xénophobe a tué en février 2020 au moins neuf personnes d’origine étrangère à Hanau, à 20 kilomètres de Francfort.
(2) Sources : « Tagesspiegel », « Deutschlandfunk », « Tagesschau ».




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