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Élections en Haïti : le pouvoir pris entre deux feux

Élections en Haïti : le pouvoir pris entre deux feux



Ce mardi, lors d’une intervention autour de la crise haïtienne, Ned Price, le porte-parole de la Maison-Blanche a appelé le Gouvernement haïtien à réaliser des élections dans le pays. Mais pas de simples joutes électorales. Plutôt, des élections libres, équitables et crédibles, avec un juge électoral impartial.

Cette déclaration de la Maison-Blanche renouvelle le support des États-Unis au Gouvernement haïtien pour la tenue des élections en Haïti au cours de l’année 2021. Mais les précisions de Ned Price en disent long sur la position exprimée par les États-Unis vis-à-vis du processus entamé de façon unilatérale par l’équipe au pouvoir. Alors que le gouvernement file droit vers des élections à tout prix, les États-Unis exigent des élections acceptées de tous, sous l’égide d’un juge électoral impartial. Ainsi, on peut comprendre que les États-Unis expriment ses inquiétudes par rapport à la capacité de l’actuel Conseil électoral provisoire (CEP) de réaliser des élections libres, équitables et démocratiques.

Les États-Unis ne sont pas le seul pays à afficher cette inquiétude vis-à-vis de la situation en Haïti. Durant la semaine, le Canada a aussi fait part de son incertitude concernant la tenue de bonnes élections dans le pays. Des parlementaires québécois font un plaidoyer auprès du gouvernement fédéral du Canada, exigeant au Premier ministre Justin Trudeau de lâcher Jovenel Moise et de supporter toutes les initiatives de sortie de crise qui émanerait de la société civile. Quant à la France, sa position a déjà été très claire. Des conditions préalables sont nécessaires à la tenue des élections dans le pays. Le deuxième conseiller de l’Ambassade de France en Haïti, Axel Champey, avait indiqué la nécessité de réunir les conditions techniques, politiques et sécuritaires à la tenue des élections dans le pays.

Pour la France, il faut qu’il y ait la constitution d’une liste électorale sincère et exhaustive. Il convient aussi de construire le consensus le plus large possible, et de donner assurance aux électeurs en leur donnant la garantie qu’ils pourront émettre un vote libre sans subir la pression de groupes armés illégaux. Aujourd’hui, quand les États-Unis parlent d’élections libres, démocratiques et transparentes, sa position n’est pas tout à fait différente de celle déjà exprimée par la France et le Canada. En passant la réalité au peigne fin, les élections en 2021 paraissent quasi hypothéquées. Aucune de ces trois conditions précitées n’est encore réunie. Les gangs armés ont le contrôle du territoire. Toute campagne électorale dans les conditions actuelles pourrait être émaillée de violences. Sans compter les électeurs qui ne seront pas libres pour exprimer leur vote.

Pour l’heure, il n’y a pas un minimum de consensus entre le pouvoir et l’opposition. Le CEP a été formé au mépris des recommandations de la classe politique et de la société civile. L’ONI peine encore à fournir une liste électorale exhaustive. Cette situation est à la base du report du referendum constitutionnel prévu préalablement pour le 27 avril. Les lignent bougent du côté la communauté internationale qui fait monter la pression. Mais aucun changement de la réalité n’est intervenu en Haïti. L’opposition n’a pas l’intention à faciliter les choses. Alors que les États-Unis exigent des conditions nécessaires à sa participation, elle reste sur la corde raide en rejetant toutes les initiatives du pouvoir, dont la mise en branle de la machine électorale. « Condition sécuritaire, CEP impartial, participation des parties prenantes, l’équation est devenue plus complexe pour Jovenel Moise et son équipe. Difficile pour le pouvoir de traverser à sa manière ce carrefour où il doit affronter non seulement l’opposition, mais également la société civile et la communauté internationale.

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